Allemagne : Une frégate d'attaque en mer de Chine

Le Bayern, une frégate militaire allemande, est parti, hier, pour rejoindre la mer de Chine afin, officiellement, de défendre la «libre circulation maritime» dans la région. C’est une première en vingt ans pour l’Allemagne qui prend ainsi le risque de contrarier la Chine, son premier partenaire commercial.

Les plus de 230 membres de l’équipage de la frégate militaire allemande Bayern savent que leur voyage est historique. Ils ont même ouvert un compte Twitter pour l'occasion, début juillet, pour le documenter. On y trouve des smileys et autres emojis à foison pour illustrer les photos de préparatifs. Difficile de ne pas y voir une manière, pour la marine militaire allemande, d’essayer ainsi de dédramatiser l’une de ses missions les plus sensibles depuis des années.

Car le Bayern a quitté le port de Wilhelmshaven, pour rejoindre la mer de Chine. Ce sera la première fois en vingt ans qu’un navire de guerre allemand voguera dans ces eaux diplomatiquement particulièrement troubles.

La frégate allemande y rejoindra un contingent de navires militaires de différents pays de plus en plus nombreux, tous venus officiellement s’assurer que la navigation dans les eaux de mer de Chine demeure libre, malgré des revendications territoriales toujours plus pressantes de Pékin dans cette région. La première puissance asiatique a des vues sur toute une série d'îles et territoires, également revendiquées par d'autres pays de la région, comme l'Indonésie, le Japon ou encore les Philippines.

Les États-Unis - fer de lance de la stratégie pour contrer les ambitions chinoises dans cette région - y ont déployé à plusieurs reprises depuis le début de l’année des porte-avions. La France a envoyé, en février, un sous-marin à propulsion atomique, tandis que le Royaume-Uni va y mener dans les mois à venir des manœuvres maritimes militaires communes avec des navires de guerre américains et néerlandais.