Le 5e Sommet France-Océanie...Quels enjeux ?

Le Président de la République Emmanuel Macron

*Dans la stratégie internationale de la France, le Président de la République Emmanuel Macron a participé en visioconférence au 5e Sommet France-Océanie de l’Elysée.

*Ce sommet a permis à la France d’évoquer et de détailler sa politique vis-à-vis de l’Océanie et aux pays océaniens de présenter leur stratégie régionale à l’horizon 2050.

 

Paris: La France possède un trésor au fond du Pacifique, ce merveilleux pays a la chance d'être au centre du terrain de jeu du XXIème siècle que constitue l'océan Pacifique, plein d'incroyables richesses. Grâce à la Polynésie française, qui s'étend sur une surface égale à celle de l'Europe, la France se trouve avoir la deuxième Zone économique exclusive du monde: 11 millions de km carrés, juste après celle des Etats-Unis mais devant la ZEE australienne.

L'île de Moorea, en Polynésie française
L'île de Moorea, en Polynésie française

 

 

Autour de cet océan de 17.500 km de large vit la moitié de la population mondiale. On y trouve les grandes puissances du XXIème siècle dont la Chine et les Etats unis. La France est un Etat à part entière du Pacifique: 500.000 citoyens français vivent en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie, à Wallis-et-Futuna et... dans l'îlot de Clipperton. Il y a désormais plus de Français expatriés dans les états riverains de l'océan Pacifique, dont la Chine bien sûr, qu'en Afrique... Pour les protéger ainsi que la ZEE française (pêche), les forces permanentes françaises pré-positionnées en zone Indopacifique totalisent 6.800 militaires, 15 bâtiments de la Marine nationale, 22 avions de transport et 16 hélicoptères. Elles se renforcent périodiquement par : le groupe aéronaval ; la mission « Jeanne d’Arc » de l’Ecole d’application des officiers de marine ; une frégate ; un sous-marin nucléaire d’attaque; un avion de transport polyvalent A400M de l’armée de l’Air et de l’Espace avec un avion ravitailleur C135. La France est donc une puissance pacifique.

 

Dans la stratégie internationale de la France, le Président de la République Emmanuel Macron a participé en visioconférence au 5e Sommet France-Océanie de l’Elysée.

Pendant ce Vème sommet présidé par la France, il a été question des enjeux à venir et la priorité de collectivités comme la Polynésie et la Nouvelle Calédonie. C’était l’occasion de donner une nouvelle impulsion à la coopération avec les États et les territoires du Pacifique, en lien avec les collectivités françaises d’outre-mer, afin de surmonter les grands enjeux mondiaux.

Ce sommet a permis à la France d’évoquer et de détailler sa politique vis-à-vis de l’Océanie et aux pays océaniens de présenter leur stratégie régionale à l’horizon 2050 s’appuyant sur les défis auxquelles la région est confrontée. Le 6ème sommet France-Océanie est programmé sur la période 2023-2024.

La Polynésie française, représentée par le président Edouard Fritch et son vice-président, Tearii Te Moana Alpha ont bien sûr participé par visio-conférence. Plusieurs grands thèmes de discussion ont été abordés par les chefs d’Etat et le gouvernement polynésien : la gestion et la protection des océans, le changement climatique, la résilience et la réponse aux catastrophes naturelles, la reprise économique liée à la crise de la covid-19, ainsi que la connectivité et les infrastructures. Les différents responsables ont réaffirmé leur engagement commun en faveur d’une lutte efficace contre le changement climatique, afin d’éviter des conséquences dévastatrices pour le Pacifique, dont l’élévation du niveau de la mer, avec également comme but l’arrêt de la perte de biodiversité, en prenant en compte le lien entre les océans et le climat.

 

 

Solidarité du Pacifique, face à la COVID-19

Les chefs d'État, de gouvernement, de territoires, ou représentants de la France, de l’Australie, des Îles Cook, des États fédérés de Micronésie, de la République des Fidji, de la République des Kiribati, de la République des Îles Marshall, de la Nouvelle-Calédonie, de la Nouvelle-Zélande, de Niue, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, de la Polynésie française, des Samoa, des Îles Salomon, du Royaume des Tonga, des Tuvalu, du Vanuatu et de Wallis et Futuna, en présence des représentants des organisations régionales, ont réaffirmé leur attachement à l’unité et à la solidarité de la grande famille du Pacifique, face à la COVID-19 et à ses répercussions, ainsi que face aux autres problématiques communes, telles que le changement climatique. Dans ce contexte, ils ont salué les efforts déployés par la région du Pacifique pour consolider un régionalisme prônant un Pacifique bleu et pour élaborer une Stratégie pour le Continent Bleu du Pacifique à l’horizon 2050, au titre du cadre pour la construction régionale dans le Pacifique. Ils se sont félicités également du partenariat important et ancien qui unit la région des îles du Pacifique à la France et à l’Union européenne (UE), notamment en tant que partenaires du dialogue du Forum des îles du Pacifique (FIP) et partenaires du développement. 

L’aide de la France dans la surveillance des eaux territoriales

Le président Macron a dit que « la sécurité de la région est au cœur de notre stratégie Indopacifique avec les collectivités françaises du Pacifique, la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna. Nous continuerons de nous déployer pour venir en soutien à nos voisins du Pacifique, en particulier dans les domaines de la surveillance des eaux territoriales, de la police des pêches, du sauvetage en mer et de l'assistance aux navires en difficulté comme de la lutte contre les pollutions maritimes. Et à ce titre, les Forces armées en Nouvelle Calédonie, basée à Nouméa, les Forces armées en Polynésie française, basée à Papeete, jouent un rôle déterminant avec le soutien dans la région, plus largement de nos bases existantes, entre autres aux Emirats arabes unis et à Djibouti, mais également celles qui sont basés dans l'Océan Indien. Pour mieux faire face aux logiques justement de prédation dont nous sommes collectivement victimes, je souhaite consolider notre réseau de coopération maritime dans le Pacifique sud et nous allons lancer un réseau de garde-côtes du Pacifique sud autour de 3 piliers : l’échange d’informations, la coopération opérationnelle et la formation ». Ce réseau sera créé au bénéfice des États du Pacifique et «  pour protéger la première de leur richesse qu’est l’espace maritime. » Conclut le président Français.

Les conclusions du sommet

 

Vivement préoccupés par le retard pris dans la mise en œuvre du programme de développement durable à l'horizon 2030 ainsi que par l’aggravation des inégalités entre pays et en leur sein à cause de la crise sanitaire et socio-économique provoquée par la COVID-19, les participants ont reconnul’importancedes financements soient durables et que les petits États insulaires en développement du Pacifique puissent y accéder facilement pour parvenir à une relance verte, résiliente, solidaire et durable, conforme au Programme 2030 et à l’Accord de Paris. Ils sont conscients de la nécessité d’utiliser les moyens disponibles aussi efficacement que possible et d'une manière durable du point de vue socio-économique et environnemental, afin de remédier au manque d’investissement dans les infrastructures durables. ils reconnaissent qu’il est nécessaire de promouvoir des investissements garants d'une concurrence juste et ouverte et de normes élevées, tout en veillant à la soutenabilité de la dette des pays en développement. Ils sont soutenus le développement des capacités en matière de planification et de préparation des grands projets d'infrastructures et ils encouragent le développement des projets bancables.

Les pays développés sont appelés à atteindre un collectif de financement visant à mobiliser 100 milliards de dollars américains par an

Dans la continuité du 4e Sommet France-Océanie tenu à Paris à la veille de la COP 21, ils ont réaffirmé leur ferme soutien à la mise en œuvre complète et efficace de l’Accord de Paris, qu’ils considèrent comme le cadre d’une action climatique ambitieuse. En amont de la prochaine COP 26, ils ont appelé toutes les Parties qui ne l’auraient pas encore fait à réviser leurs contributions déterminées au niveau national ainsi que leurs stratégies à long terme en poursuivant les efforts visant à limiter à 1,5°C la hausse moyenne de la température mondiale au-dessus des niveaux préindustriels. Ils ont appelé également les pays développés à atteindre l’objectif collectif de financement visant à mobiliser conjointement 100 milliards de dollars américains par an, en tenant compte des besoins et des priorités des États Parties en développement. Cet objectif comprend les financements destinés à améliorer l’adaptation et la résilience.

Ils soulignent le rôle fondamental de l’océan Pacifique dans la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité et l’appui au développement durable. Toutefois, cet océan est en proie à des menaces persistantes et à une forte exploitation qui nécessitent de renforcer sa protection. Les priorités, préoccupations et engagements des dirigeants du Forum des îles du Pacifique à ce sujet sont définis dans leur déclaration de 2021.

En reconnaissant les menaces que fait peser l’élévation du niveau de la mer liée au changement climatique sur la sécurité, la paix, la prospérité et le développement de la région, ils sont d’accord sur la nécessité de poursuivre les discussions sur la meilleure manière de préserver les zones maritimes.

Ils reconnaissent que la pollution par les plastiques menace la survie des écosystèmes en général, et celle des espèces et des écosystèmes marins en particulier, avec des conséquences dramatiques pour la santé et la résilience des océans et de leurs ressources et des répercussions négatives sur l’équilibre de leurs économies et de leurs sociétés. En notant ses effets disproportionnés sur l’océan Pacifique et ses pays insulaires en général.

Ils réaffirment leurs engagements en vertu du Traité sur la zone dénucléarisée du Pacifique Sud et de la Convention sur la protection des ressources naturelles et de l’environnement de la région du Pacifique Sud et des protocoles y afférents.

41 millions d’euros dédiés au renforcement des économies des pays et des territoires du Pacifique

La nécessité d’adopter des solutions fondées sur la nature dans le cadre d’approches à long terme pour développer la résilience face aux effets du changement climatique et aux catastrophes, et ils apprécient à cet égard l’Initiative Kiwa, soutenue financièrement par la France, l’UE, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et le Canada. Grâce aux nouvelles contributions récemment approuvées par l’Unioneuropéenne, la Nouvelle-Zélande et la France, le total des financements disponibles dédiés au renforcement de la résilience des écosystèmes, des économies et des communautés locales des pays et des territoires du Pacifique avoisine désormais 41 millions d’euros.

Vaccins pour tous les habitants du pacifique

Réaffirmant la solidarité régionale et le multilatéralisme qui sont importants pour surmonter les répercussions multiples de la pandémie de COVID-19. Ils soutiennent la distribution rapide et équitable de vaccins sûrs et efficaces à tous les habitants du Pacifique. appelant à une riposte et à des efforts de relance de la région concertés et soutenus, en recourant tant aux systèmes nationaux que régionaux, afin de protéger les plus vulnérables, de soutenir les moyens de subsistance économiques, de rétablir les liaisons aériennes et maritimes et de reconstruire de manière plus solide au service d’un Pacifique bleu solidaire au plan social et résilient au plan économique.

 

La lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non règlementée (INN) est une priorité importante et passe notamment, en tant que de besoin, par un travail en commun sur l’application de stratégies et de mesures visant à exclure les produits de la pêche INN des flux commerciaux et à supprimer les subventions contribuant à la surcapacité, à la surpêche et à la pêche INN. Ils soulignent la nécessité de recourir à des technologies appropriées, notamment des images satellites, pour renforcer la surveillance maritime des zones économiques exclusives (ZEE) et la préparation aux catastrophes naturelles, tout en consolidant aussi les savoir-faire traditionnels et en soutenant les systèmes d’alerte précoce face aux risques climatiques (CREWS).

 La France a proposé enfin d’accueillir une formation annuelle de garde-côtes dans le cadre des exercices de l’initiative quadripartite dans le Pacifique (Pacific QUAD) en appui à l’Agence des pêches du forum des îles du Pacifique ; la première de ces formations se tiendra à Papeete à la fin de l’année et la suivante à Nouméa en 2022.