Des femmes Afghanes au monde entier

* C'est malheureux, triste et troublant ce qui attend les femmes et les filles en Afghanistan après une lutte qui a duré de nombreuses années. Des «accords crasseux» peuvent les ramener au néant.

Après le contrôle de l'Afghanistan par les talibans, et leur entrée dans la capitale, Kaboul, plusieurs voix se sont levées pour exprimer des craintes concernant les violations auxquelles les femmes pourraient être exposées dans le futur. Surtout à la lumière de l’expérience très amère sous ce régime, à la prise du contrôle de la capitale afghane, Kaboul, le 27 septembre 1996, en instaurant l'Émirat islamique d'Afghanistan, qui a continué à régner jusqu'en 2001.

Sous le régime des talibans, les femmes et les filles de plus de huit ans ont été déjà empêchées d'aller à l'école, de travailler, et de quitter la maison sans mahram (mari ou parent mâle de premier degré). Avec des mariages forcés, et port de la burqa (un voile qui dissimule même le visage et les yeux). Elles ont subi les coups de fouet, et ont été victimes de lapidations et de viols. Une époque, où le pays était converti en prison, avec torture constante des femmes, mais aussi la confiscation de leurs droits les plus élémentaires.

Aujourd'hui, avec le retour des talibans au pouvoir, de nombreux pays et organisations de défense des droits de l’Homme, se sont empressés d’exprimer leurs inquiétudes quant à ce qui attend les Afghans, en particulier les femmes. Tous ont exprimé des craintes quant à ce à quoi les femmes pourraient être exposées, surtout après l'amélioration qualitative de leurs vies pendant la période allant de la chute du régime taliban en 2001, à nos jours, à savoir le retour des talibans au pouvoir. Par exemple, en 2009, le gouvernement afghan a adopté une loi sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes, qui interdit 22 violations contre les femmes, y compris le viol, les coups et le mariage forcé, en plus d'établir des tribunaux spéciaux avec des juges femmes.

Les femmes ont également joué un rôle majeur en politique : La chirurgienne Suhaila Siddiq est devenue ministre de la Santé en 2001. Aussi, 417 candidates se sont présentées aux élections législatives à travers le pays en 2018. Les femmes ont récolté 27 % des sièges au Parlement afghan.

Tous ces acquis, et bien d’autres, semblent s’évaporer avec le retour des talibans au pouvoir, sachant que ces derniers, essayent de convaincre qu’ils n’ont plus de liens, avec les talibans d’antan. Plutôt pragmatiques selon leurs dires, en multipliant les messages positifs dans plusieurs directions. Des messages rassurants, notamment concernant la question des femmes, qui occupe le centre des préoccupations. Dans une déclaration aux médias, un membre du comité culturel des talibans, Inamullah Semanghani, a exhorté les femmes à rejoindre le nouveau gouvernement, déclarant : «Tous les partis doivent adhérer au prochain gouvernement. L'Émirat islamique (la nomination admise par les talibans) ne veut pas que les femmes soient des victimes».

Cependant, les talibans ne vont pas respecter leurs engagements, à l'égard des femmes en particulier. Même s'ils respecteront leurs engagements en dehors des frontières de l'Afghanistan, concernant les relations avec les autres pays, et le terrorisme. Les premières victimes de ce genre de mouvements sont souvent la population du pays même, en particuliers les plus faibles, à savoir les femmes et les enfants.

Aujourd'hui, environ 20 millions de femmes et de filles en Afghanistan sont menacées de perdre leurs droits fondamentaux, tels que l'éducation, le travail, le choix du partenaire, et même le droit de choisir leurs tenues vestimentaires.

Certaines de ces femmes n'ont pas caché leurs craintes et se sont exprimées face aux médias internationaux, envoyant des messages à toutes les parties, au sujet de leur déception, de voir le monde les abandonner. Car, elles n'abandonneraient pas leurs droits et continueraient leur chemin pour le bien des femmes et des filles d'Afghanistan.

Mais ceci ne veut pas dire que la bataille sera facile, et même ces femmes militantes n'ont pas caché leurs craintes pour l'avenir face au retour des talibans. Par exemple, la directrice de la Policy Research and Development Studies Organization à Kaboul, Maryam Safi, a fait référence à une enquête menée par l'organisation «Voices of Women for Peace». Comprehensive and Sustainable» en juillet 2021 à laquelle 3.480 femmes afghanes de 16 provinces ont participé, a révélé que 69 % des femmes seront soumises à un mariage forcé, les règles du mahram, port obligatoire de la burqa, et interdiction de travailler, sous le régime taliban.

C'est malheureux, triste et troublant ce qui attend les femmes et les filles en Afghanistan après une lutte qui a duré de nombreuses années. Des «accords crasseux» peuvent les ramener au néant. Encore plus regrettable est la réaction de la rue arabe et musulmane, dont une frange n’a pas caché sa joie, de constater la victoire des talibans «musulmans» sur l'Occident «laïc et infidèle». Il est malheureux de constater que les réactions d’un grand nombre de jeunes Arabes, et certains journalistes et écrivains, se sont limités, en évoquant le devenir de la femme afghane, à son corps, sa tenue, et comme étant objet sexuel. Comme si la femme était le diable, et devait être enchaînée.