Kais Saïed, un président tunisien exceptionnel, et initiateur du slogan «Le peuple le veut»

Kaïs Ben Moncef Ben Mohamed Saïed, septième président de la République tunisienne, homme politique et professeur d'université, en droit constitutionnel.

 

 

Parcours professionnel

Kais Saïed a exercé comme professeur à l'Université de Tunis, Secrétaire général de l'Association tunisienne de droit constitutionnel entre 1990 et 1995, et vice-président depuis 1995.

Il a occupé le poste de chef du département de droit à l'Université de Sousse, et expert juridique auprès de la Ligue des États arabes, et l'Institut arabe des droits de l'Homme.

Saïed a été, également, membre du comité d'experts qui a été invité à commenter le projet de la Constitution tunisienne en 2014.

 

 

Présidence de la Tunisie.

Saïed, né en février 1958, est connu pour ses interventions académiques distinguées, qui tranchent concernant toute question juridique liée à la rédaction de la Constitution tunisienne après la Révolution.

Il s'est présenté aux élections présidentielles, en 2019, et est passé au second tour, pour l’emporter contre Nabil Karoui. Une situation taxée de «séisme électoral».

Saïed s'est fait connaître en tant qu'homme politique hors du commun, par son refus de bénéficier de l’allocation fournie par l’Etat pour financer la campagne électorale de chaque candidat. Il a collecté la caution de 10.000 dinars (environ 3.000 euros), nécessaire pour s'inscrire à la liste des candidats, en faisant appel aux membres de sa famille.

Le passage de Kaïs au second tour, et surtout sa victoire, ont constitué un choc dans le sens positif, et sont considérés comme exceptionnels, car il s’est présenté aux élections, ne comptant que sur ses propres moyens.

Sa campagne électorale a compté sur de jeunes volontaires, et a pu remporter une écrasante majorité au second tour.

Kaïs Saïed fait partie de la famille politique révolutionnaire en Tunisie, puisque son slogan de campagne est «Le peuple le veut».

Sa campagne électorale ne fut pas du genre classique. Il ne faisait pas de promesses, et ne disposait guère de programme clair. Au contraire, il se promenait dans les cafés populaires, écoutant surtout les jeunes, en leur promettant de leur fournir des mécanismes légaux pour réaliser leurs demandes et programmes.

 

Exécution de son slogan de campagne

Il apparaît que «Le peuple le veut» n'est pas seulement un slogan pour se présenter aux élections présidentielles. Deux ans après l’accession à la présidence, et constatant que la situation en Tunisie a atteint «une ampleur qui n'est plus acceptable», Saïed a pris la décision que la volonté du peuple soit exaucée.

Quelques heures après la descente du peuple tunisien dans la rue pour protester contre la mauvaise condition économique et sanitaire que vit le pays, le président Saeïd a annoncé aux Tunisiens que des mesures exceptionnelles étaient prises : Le limogeage du chef du gouvernement Hichem Méchichi, la suspension du Parlement, la levée de l'immunité de ses membres et la destitution du gouvernement. Avec l’engagement de poursuivre les corrompus et les criminels, et préserver l'État et les intérêts du peuple.

Ces décisions ont été largement saluées par la rue tunisienne, qui est sortie le même soir pour célébrer les décisions du président, qui a répondu aux demandes de destitution du système en place.