«Batouala», Goncourt 1921 : Redécouverte de l'autre Afrique

En cette semaine de remise de prix littéraires en France, les éditions Albin Michel ont décidé de rééditer un prix Goncourt 1921 attribué à l'auteur René Maran pour son roman «Batouala». L'occasion de redécouvrir un texte qui n'a pas pris une ride malgré ses cent ans ainsi qu'un auteur français qui, jusqu'à sa mort en 1960, déplora qu'on le renvoie sans cesse à «son statut de premier Noir récompensé par le Goncourt».

René Maran est né en Martinique de parents guyanais. En 1890, il a trois ans quand sa famille prend le bateau pour l’Afrique où son père est nommé à un poste administratif colonial. Il en a sept quand il est envoyé en internat, seul, suivre sa scolarité à Bordeaux.

Pétri de culture classique, amoureux fou des livres et de la littérature, René Maran deviendra administrateur colonial. Pur produit de son éducation humaniste, il croit en une mission civilisatrice de la colonisation française... Avant de déchanter devant la réalité.

Quand il remporte le prix Goncourt au dernier tour de scrutin, le 14 décembre 1921, René Maran est un inconnu. Il a mis près de huit ans à peaufiner Batouala, qu’il a écrit au cœur de l’Afrique. La nouvelle fait le tour du monde, car la France vient de décerner son plus prestigieux prix littéraire à un auteur français et noir, une première.