Rôles internationaux arabes : Intégration requise

* Dans le monde d'aujourd'hui, avec ses complexités, son imbrication, et l’équilibre relatif au niveau des sources du pouvoir, chaque puissance internationale n’est plus en mesure de mettre en œuvre, seule, ses stratégies, et d'atteindre ses objectifs à travers un effort en solitaire.

Les pays font la course et rivalisent, les uns avec les autres, dans le but de se frayer une position respectée et appréciée, action qui peut avoir une incidence positive sur la réputation de chacun, sa stabilité et son développement économique, et pour repousser, également, toute pensée, ou projet étranger qui chercherait à ébranler ses principes, interférer dans ses affaires, et disperser ou confondre ses projets stratégiques.

Cette compétition se joue à travers les rôles, que ces pays rivalisent pour pouvoir influencer dans le domaine de la paix et de la sécurité internationales, et dans les divers autres domaines de la coopération économique, commerciale, culturelle, scientifique et autre. Ainsi que par les réalisations de chacune sur les plans politiques et des inventions scientifiques utiles pour l'humanité. Mais aussi le leadership de chacun sur le plan culturel, et sportif. Sans pour autant négliger la mise en avant de la puissance militaire dans certains, et en cas de nécessité.

La nature des rôles que les États veulent jouer ne dépend pas du bien vouloir de chacun, mais principalement de l'élargissement de la sphère d'influence, et des capacités requises, ainsi que de la volonté politique de jouer ces rôles, et de la capacité à les poursuivre et d'en supporter les conséquences, et les résultats, face à des situations internationales mouvementées, où la constante est l'accélération des évolutions, et la multiplicité des variables et des transformations, sans oublier l'intensification des rivalités, et le règne de l'hostilité, de la conspiration et de la complicité qui peut suivre.

Les pays arabes ne font pas exception à ce niveau, car eux aussi chercheraient également à jouer un rôle sur la scène internationale, pour y faire figure, et contribuer de la sorte à la résolution des problèmes et au règlement des différends, ou l'atténuation des souffrances, de différents degrés et natures. Ceci, selon la situation géographique, le potentiel humain, et des capacités financières, économiques et militaires de chaque pays. Paramètres, qui varient entre souhaits de renforcer le rôle régional dans le but de gagner le respect et l'appréciation internationaux. Troisièmement, viser au plus la fortification du front interne, et empêcher l'altération de sa stabilité.

Dans ce contexte, il est naturel que le niveau, la taille, et la nature des rôles joués par les pays arabes sur la scène internationale,ne soient pas du même niveau. Reste que la plupart de ce pays se rejoignent au niveau des rôles positifs à vocation humanitaire et de solidarité :

* Contributions précieuses aux opérations internationales de maintien de la paix dans le cadre des casques bleus des Nations Unies, même dans des zones géographiquement éloignées, telles qu'Haïti, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine, l'Afrique centrale et autres pays.

* Initiatives et actions caritatives, à savoir des dons financiers e aides en natures, dépassant de ce fait, la solidarité habituelle avec les victimes des catastrophes naturelles, des guerres et des migrations forcées, pour contribuer au soutien du financement de la recherche scientifique et technologique.

* Investir massivement dans de nombreuses institutions économiques, minières, industrielles, commerciales et sportives, et dans les infrastructures sur la base de gagnant/gagnant.

* Consentir des prêts financiers avec des taux d'intérêt symboliques, sur de longues périodes, sans diktats politiques, adopter, également, des réformes économiques et financières. Certains de ces dispositions seraient suspendues ultérieurement.

Cependant, bien que ces actions soient pluridisciplinaires, et reconnus pour leur sérieux, leur crédibilité et leur générosité, par les Nations-Unies, ses organisations spécialisées, et de nombreux pays, leurs impacts sur les questions arabes communes comme le processus de paix au Moyen-Orient, la lutte contre le terrorisme et tarissement de ses sources, et le règlement des conflits civils dans plus d'un pays arabe, restent très limités sinon inexistants.

La principale raison des limites du rôle des pays arabes, malgré leur caractère positif et constructif, est que les décisions sont toujours prises unilatéralement au niveau de chaque pays, séparément sans coordination multilatérale, même pas bilatérale. Ceci les rend conflictuels, dans la plupart des cas. Un conflit et une compétition dont bénéficiaient les grands pays étrangers et régionaux, qui s'efforcent d'entretenir et creuser l'écart. Cette situation génère des effets négatifs et contre-productifs, ne permettant pas de ce fait, de concrétiser tous les objectifs, et aussi, colporter une image négative. Sans oublier les pressions et le chantage, subis par ces partenaires arabes, de la part des bénéficiaires, qui manœuvrent pour faire perdurer cette situation, le plus longtemps possible.

Pour cela, les pays arabes sont appelés à rechercher des aspects possibles de coopération et de complémentarité, entre leurs rôles sur la scène internationale, pour leur intérêt commun. Tous ces pays sont aujourd'hui exposés à de multiples défis internes et externes, bien que sous différentes formes et à des degrés divers. Ceux qui ne souffrent pas de défis ethniques, religieux et sectaires sont confrontés au défi de la demande croissante de participation politique, et d'ouverture démocratique. Alors que la plupart d'entre eux sont épuisés par le manque des capacités à tenir leurs promesses et leurs engagements de développement, ainsi que par les soucis causés par leur dépendance croissante à l’égard de l'extérieur pour assurer leurs divers besoins. Mais aussi, à cause des critiques fréquentes de leurs conditions de droits de l’Homme. Toute cette panoplie sert à les extorquer plus qu'autre chose.

L'inadéquation des politiques étrangères de tous les pays arabes est compréhensible, et représente un phénomène sain tant que la différence ne menace pas la stabilité de ces pays. Cependant, quelle que soit cette différence, elle ne doit pas empêcher les pays arabes d’initier une coopération en quête d’une intégration sur la base d’une entente commune. Une entente assez large, notamment les enjeux brûlants au sein du système régional arabe, à l’instar de la crise libyenne, que les efforts exercés par les Arabes pourraient les mettre sur la voie d'une solution civile, coupant la route à tout effort d’en attiser les braises, et l'étendre au voisinage.

Dans le monde d'aujourd'hui, avec ses complexités, son imbrication, et l’équilibre relatif au niveau des sources du pouvoir, et chaque puissance internationale n’est plus en mesure de mettre en œuvre,seule ses stratégies, et d'atteindre ses objectifs à travers un effort en solitaire. Au contraire, chacun de ces pays est obligé de former des partenariats et agir dans un cadre collectif. Les Arabes, s'adapteront-ils à cette impérative, et rechercheront-ils un terrain d'entente qui coordonnerait leurs rôles et assurerait un niveau minimum d'intégration ?