Covid : l'Europe peine à endiguer la nouvelle vague

L'Europe, de nouveau « épicentre » de la pandémie de Covid, selon les termes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) la semaine dernière, s'organise pour contenir la propagation du virus. Depuis une dizaine de jours, plus de la moitié des nouveaux cas d'infection dans le monde sont recensés sur le continent, en particulier dans l'est et le centre.

L'Allemagne, notamment, fait face à une vague particulièrement virulente , surtout dans le sud et l'est du pays. Le taux d'incidence mesurant le nombre de nouveaux cas de Covid-19 pour 100.000 habitants a atteint lundi 201,1 dans le pays sur les sept derniers jours. Du jamais vu. Le précédent record s'élevait à 197,6, le 22 décembre 2020, juste avant que débutent les campagnes de vaccination. La mortalité (un peu plus de 100 morts par jour) reste néanmoins très inférieure aux niveaux atteints l'hiver dernier.

Tous les Länder commencent à serrer la vis pour encourager les 30 % d'Allemands non vaccinés à se faire injecter une première dose. En Saxe, où le taux d'incidence atteint plus du double de la moyenne nationale à 491,3, il n'est plus possible depuis ce lundi d'accéder à un restaurant ou un événement en intérieur sur simple présentation d'un test négatif. Il est nécessaire de présenter la preuve des deux doses de vaccin ou de guérison du Covid-19. Alors que 69 % des personnes interrogées par Yougov pour le Handelsblatt se prononcent en faveur de la généralisation d'une telle règle, elle devrait bientôt être appliquée aussi à Berlin.

Cette flambée de cas intervient en pleine transition politique en Allemagne. Tandis que l'équipe d'Angela Merkel ne peut que gérer les affaires courantes, le SPD, les Verts et le FDP poursuivent leurs négociations pour former un gouvernement d'ici début décembre . Les trois partis excluent la vaccination obligatoire et l'instauration d'un nouveau confinement, en tout cas pour les personnes vaccinées. Ils promettent en revanche de rétablir la gratuité des tests anti-covid et de mieux contrôler leur utilisation dans les lieux fermés publics.

Nouveaux records en Russie

Ailleurs en Europe, le virus poursuit sa course de manière disparate. La Bulgarie et la Roumanie, les deux pays les moins vaccinés de l'Union européenne, conservent le triste record mondial du nombre de décès rapporté à leur population. Tandis que le nombre de cas reflue dans ces deux pays ainsi que dans les pays baltes, il poursuit sa course vers des sommets inédits depuis le début de la pandémie en Grèce, Slovénie, Croatie ou encore Slovaquie. Il continue d'augmenter aussi au Danemark, qui s'apprête à réintroduire des restrictions sanitaires , en Autriche et en République tchèque.

En Russie, la vie normale a repris lundi après une semaine chômée imposée à tout le pays par les autorités pour enrayer la nouvelle vague. Cafés, restaurants, commerces ont ainsi rouvert à Moscou. Pourtant, le pays continue de battre des records de contamination et de décès. Samedi, le pays a recensé 41.335 nouveaux cas de coronavirus, un nouveau record dans le pays depuis le début de la pandémie. Le nombre de morts ne cesse également de progresser. Chaque jour depuis une semaine, la Russie enregistre environ 1.150 morts du Covid-19, s'approchant du niveau américain, qui est revenu à un peu plus de 1.200 décès par jour.

 

Seulement quelques régions russes ont décidé de prolonger d'une semaine les restrictions, comme celle de Novgorod (Nord-Ouest) ou encore de Tomsk (Sibérie). Les autorités sanitaires désespèrent de convaincre les Russes de recevoir leurs doses du vaccin Sputnik V. Seuls 34 % des quelque 144 millions de Russes sont à ce jour complètement immunisés, selon les statistiques officielles.

Au Royaume-Uni, le nombre de contaminations a diminué mais se maintient à un niveau élevé (environ 35.000 par jour sur sept jours), avec près de 170 décès quotidiens. La hausse des cas reste assez modérée en Italie. Elle est légèrement plus marquée en France, où le taux d'incidence approche des 70 pour 100.000 habitants la semaine dernière. Dans ce contexte, l'allocution d'Emmanuel Macron mardi soir pour faire un point sur l'épidémie et peut-être annoncer de nouvelles mesures, est particulièrement attendue.