Alibaba fait profil bas

Une longue campagne de publicité, une soirée de gala avec stars chinoises, et quelques célébrités internationales, comme l’acteur anglais Benedict Cumberbatch : avant le coup d’envoi du désormais célèbre « jour des célibataires », tout avait presque l’air normal. Jusqu’à minuit : car l’édition 2021 de la plus grosse campagne de soldes au monde organisée par Alibaba a fait l’impasse sur l’un des éléments qui entretenait l’excitation : l’affichage en temps réel des chiffres de ventes pendant les vingt-quatre heures de l’événement. Les années précédentes, les milliards s’accumulaient au fil des heures, pour battre le record établi l’édition précédente. Mais la campagne de régulation des entreprises du numérique, lancée il y a un an en Chine a changé la donne : l’heure n’est plus à la célébration des excès du capitalisme. Première victime de cette campagne, Alibaba fait profil bas.

La firme avait annoncé la couleur avec les quelques cadeaux envoyés avec sa communication aux analystes : un carnet en papier recyclé, un sac réutilisable, une tasse peinte par des enfants handicapés… Qu’on se le dise, Alibaba est une entreprise vertueuse. Plutôt que de célébrer les chiffres de ventes toujours plus élevés, le numéro un chinois du commerce en ligne met en avant ses efforts de responsabilité sociale et environnementale. D’après l’entreprise, l’effort va au-delà des «goodies» : elle met en avant les possibilités de recyclage pour l’emballage des centaines de millions de paquets envoyés ces derniers jours, la mise en ligne d’une version adaptée aux personnes âgées de Taobao, sa plate-forme-phare, et 100 millions de yuans de coupons orientés vers l’achat de produits «verts». Le 2 septembre, Alibaba avait promis 100 milliards de yuans (14 milliards d’euros) pour des projets en lien avec la «prospérité commune», slogan annoncé un peu plus tôt par le président chinois Xi Jinping, qui recouvre des efforts de redistribution.