Reprise des pourparlers nucléaires et le cycle des tromperies iraniennes

* Le régime des mollahs a exploité la politique d'apaisement pour forcer les pourparlers de Vienne à entrer dans un cycle imparfait de tromperie... Seule la fermeté peut briser ce cycle. Les six résolutions du Conseil de sécurité doivent être réactivées. Le site nucléaire du régime iranien doit être démantelé et l'enrichissement d'uranium arrêté. L'inspection doit être effectuée n'importe où et à n'importe quelle heure.

 

Les négociations pour rétablir l'accord nucléaire iranien de 2015 reprendront à Vienne, mais devraient reprendre dans un climat sceptique quant aux perspectives de leurs succès.

Téhéran fait de son mieux pour nier ce fait, et le principal négociateur iranien a fait de nombreuses déclarations laissant entendre que les parties occidentales dans ces pourparlers sont sur le point de se plier aux exigences du régime pour une renonciation immédiate, inconditionnelle et globale des États-Unis concernant, aux sanctions.

Cependant, les États-Unis n'ont montré aucun signe laissant entendre qu'ils étaient disposés à tendre la perche aux Iraniens puisqu’ils ont en fait mis en garde pour un éventuel recours à d'autres options qui sont sur la table si les reports continus de l'Iran conduiraient à un échec diplomatique.

Entre-temps, le ministère français des Affaires étrangères a indiqué qu'il considérait cette issue de plus en plus probable. Lors des déclarations médiatiques, des responsables ont déclaré qu'ils soupçonnent l'Iran de « jouer pour gagner du temps » et qu’ils craignent que la position du régime dans les négociations ne devienne probablement plus difficile à mesure que celles-ci avancent.

En effet, dans ses remarques après la fin des pourparlers de la semaine dernière, les premières à Vienne depuis la conclusion du sixième cycle de négociations en juin, Ali Bagheri Kani, le négociateur en chef de l'Iran, a qualifié les propositions actuelles du régime iranien d'"utiles et constructives".

Mais les négociateurs occidentaux ont rejeté cette qualification en notant que l'Iran a non seulement présenté des demandes excessives d'allégement des sanctions, mais a également demandé l’annulation d’un certain nombre de compromis consentis au cours des six sessions précédentes.

Pour leur part, les responsables allemands ont exhorté le régime iranien à reprendre les pourparlers cette semaine avec des propositions plus réalistes, tandis que les États-Unis l'ont accusé d'essayer de « ralentir » le processus de négociation tout en accélérant ses activités nucléaires.

Depuis 2018, le régime iranien a repris l'enrichissement de l'uranium à un niveau de pureté fissile de 20%, poussant une petite quantité de cette matière à 60%, la rapprochant ainsi plus près à la production d'armes nucléaires.

Dans son dernier rapport trimestriel sur le programme nucléaire iranien, l'Organisation internationale de l'énergie atomique a estimé que le stock iranien d'uranium enrichi qui se situe à 20 % était supérieur à 80 kilogrammes, mais le chef de l'autorité nucléaire iranienne s'est ensuite vanté que le chiffre réel était d'au moins 50 %plus élevé.

Le régime iranien produirait également de l'uranium métal, un matériau qui n'avait d'autres visées que dans le cadre de la chaine de production d'une arme nucléaire.

Les installations iraniennes ont construit des lots de centrifugeuses avancées pour un enrichissement supplémentaire, tandis que le Plan d'action global commun (JCPOA) les a limités aux machines de première génération, qui ne fonctionnent pas de manière séquentielle.

Pendant ce temps, la production de missiles balistiques à capacité nucléaire par Téhéran s'est poursuivie sans relâche depuis que l'accord ait commencé à tomber à l’eau, une telle activité n'étant pas couverte par ses conditions initiales.

Cette omission a été considérée par de nombreux critiques de l'accord comme un signe de conciliation excessive de la part des négociateurs occidentaux, un moyen par lequel le régime iranien cherche sans doute à capitaliser dans ses récentes demandes de concessions non méritées.

Des responsables du département d'État américain ont d’ailleurs fait allusion à cette position dans des déclarations aux médias, notant que l'Iran essayait « d'obtenir toutes les concessions que d'autres ont faites y compris les États-Unis en particulier, pour ensuite en demander d’autres ».

Il peut être paradoxal, que certaines évaluations de la stratégie américaine indiquent que le gouvernement américain s'appuie sur la Russie et la Chine - les deux négociateurs les plus défenseurs de l'Iran - comme sources potentielles de pression qui pourraient persuader le régime de renonce à ses positions dures.

A l’issue des pourparlers de la semaine dernière, certains responsables américains ont affirmé que les négociateurs russes et chinois étaient « surpris » par le ton plus dur des propositions du régime iranien.

De ce fait, les effets de cette stratégie iront au-delà de l'amélioration des perspectives de solution aux pourparlers de Vienne.

En effet, la position de négociation dure de l'Iran a été soutenue par le président du régime, Ebrahim Raisi, qui a été choisi par le guide suprême pour suivre cette voie. D’ailleurs, la fourberie et la compromission des résultats des négociations précédentes en sont la preuve.

Le 4 décembre 2021, M. Muhammad Muhaddithin, président de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne, a déclaré : " Khamenei a lié son destin au programme nucléaire. Choisir Ibrahim Raisi comme président était un acte hostile et répressif visant à affronter les soulèvements populaires d'une part, et la poursuite franche des programmes nucléaires et de missiles d'autre part, en plus de provoquer des guerres régionales et des aventures internationales. Face à la politique d'apaisement pour forcer les pourparlers de Vienne à entrer dans un cycle imparfait de tromperie, seule la fermeté peut briser ce cycle. Les six résolutions du Conseil de sécurité doivent être réactivées. Le site nucléaire du régime iranien doit être démantelé et l'enrichissement d'uranium arrêté. L'inspection doit être effectuée n'importe où et à n'importe quelle heure.

* Membre du Conseil national de la Résistance iranienne.