Consultant égyptien en développement des entreprises : Le soutien apporté par l'Arabie Saoudite a aidé l'Égypte

 Le Caire : Le Dr Ahmed Sobhi Hamido, consultant en développement institutionnel, et doyen de la Swiss College of Business Administration, souligne l’importance du soutien apporté par les frères arabes, en particulier l'Arabie Saoudite, qui a aidé l'Égypte, d’une manière efficace, à faire face à la crise économique, et alléger le fardeau qui pèse sur l'économie égyptienne.

L'Arabie Saoudite a aidé l'Égypte, d’une manière efficace, à faire face à la crise économique

* Quelles sont les répercussions de la crise économique sur l'Egypte ?

- Les effets de la crise économique sont visibles d’une manière très évidente, essentiellement le taux de change, qui a subi la variation de la quantité du dollar sur le marché. Situation qui a entrainé une hausse de l’inflation, d’une manière ou d’une autre. La réaction du gouvernement égyptien fût rapide, en opérant des changements dans sa politique monétaire et bancaire, dans le but d'améliorer la flexibilité du taux de change, réduire la demande des devises, puis a augmenté le taux d'intérêt sur les livres d'épargne à 18 %, dans le but d’absorber l’épargne citoyen, éviter de la sorte, une dollarisation de l’économie, et ouvrir une voie sure devant l’investissement.

* Pouvez-vous nous citer les multiples causes de l'inflation monétaire en Egypte ?

Deux causes peuvent déclencher l’inflation : Soit un manque de l'offre, ou une augmentation de la demande. Aussi, en cas de déficit du budget général de l'État. La différence entre les recettes et les dépenses, constitue ce qu’on appelle «Le déficit budgétaire», qui exerce une pression sur l’Etat, et crée l'inflation. On peut citer d’autres raisons marginales, tel que le taux de change, qui est resté stable en Égypte pendant une longue période. La perturbation de cette stabilité, a influé de suite sur les prix. Aussi, toute réduction de l’offre entraine une augmentation des prix. Cette carence va entrainer une diminution de l’offre, et de fait, une augmentation de la demande. D’où une pression sur la marchandise. Ce scénario est plausible en Egypte concernant certains produits. D’où une augmentation des prix.

* Comment l'Egypte peut sortir de cette crise ?

- Il faut œuvrer pour la mise en place de politiques monétaires, qui permettent d’éviter les effets, ou du moins les absorber. Dans ce sens, le gouvernement égyptien a interdit avant le début du mois de Ramadan, l'exportation de certains biens stratégiques, dans le but d’éviter les pénuries, et entrainer une hausse des prix. Aussi, par le recours à certains outils, pour influencer les politiques financières et monétaires. A l’instar de l’augmentation de l’intérêt sur l’épargne à 18%. Une excellente idée, qui à la fois, réduit l’inflation, mais aussi freine la dollarisation. Faut-il noter, qu’on ne peut considérer l’économie selon deux couleurs, le blanc et le noir. On est plutôt face à un ensemble d’équilibres…. Les décideurs font tout pour prendre la meilleure décision. Dans le passé, il y avait bien des titres d'investissement avec un rendement de 20 %.

Actuellement, la décision est de porter le taux à 18%, en réponse aux impératifs actuels. Rien ne pousse à douter de cette offre. Au contraire, elle permet de protéger le capital dont disposent les gens. De ce fait, cet investissement est sûr. Ailleurs, on constate beaucoup de fraudes.

* La décision du gouvernement égyptien de porter les taux d'intérêt à 18%, est-elle porteuse d’effets néfastes ?

- Le pays a lancé un ensemble de grands projets dans les infrastructures et autres secteurs. Ceci nécessite des financements, tout en respectant les équilibres nécessaires à la stabilité de l’économie, qui dépend de quatre éléments : la consommation, les dépenses de consommation, qui sont à un niveau excellent, puis viennent les dépenses publiques, qu’on constate à travers les projets d'infrastructure, et la construction des routes et des ponts, à travers toute l'Égypte. Le quatrième élément se situe au niveau de l’investissement direct étranger, qui se situe à un niveau respectable, suite à un apport qatari estimé à 5 milliards de dollars, aussi de la part de l’Arabie Saoudite, d’environ 10 milliards de dollars. Sans oublier les 5 milliards de dépôts de l'Arabie Saoudite. Il faut citer aussi, des participations dans des projets égyptiens, de la part des Emirats Arabes Unis, le Qatar, et l'Arabie Saoudite. Ce trio capitalise la majorité des investissements en Egypte…

Existe un autre élément, à savoir le rapport entre les importations et les exportations. A ce niveau,le gouvernement essaie d'ajuster la structure des importations et d'améliorer la structure des exportations. Cette vision qui nécessite un effort sur le long terme. Si les quatre éléments cités, sont au rdv, la croissance se produit. A ce niveau, un dilemme se pose, à savoir la manière d’instaurer un équilibre entre la croissance et le développement. Un équilibre qui va distribuer la richesse, à travers la création de l’emploi, et l’aide portée aux PME.

* Le taux d’intérêt des dépôts des pays frères, est-il exorbitant ?

Le taux d'intérêt sur le dépôt de 5 milliards de dollars déposé par le Royaume d'Arabie Saoudite, par exemple, est insignifiant. Il convient de noter que le soutien des pays frères, a été déterminant lors des moments difficiles. L'Égypte et l'Arabie Saoudite entretiennent des relations profondes. Comme preuve du soutien du Royaume à l'Égypte, on peut citer l’incitation au secteur privé saoudien d’investir en Egypte. Les deux pays ont signé des accords qui facilitent l’investissement saoudien dans le marché égyptien. Excellente complémentarité : Le Royaume dispose d’excellentes capacités d'investissement, et l'Égypte d’un marché propice, au regard de sa taille respectable. Une preuve que le soutien fourni par les frères sous forme de dépôt ou d’investissement, va conduire à la création de nouveaux projets, et en conséquence des emplois, qui engendrent une meilleure stabilité sociale…