En attendant la reconstruction d'image d’une Tunisie respectée

La photo qui accompagne ce texte reflète les temps où la Tunisie forte de ses acquis et de sa réputation financière assurait la vice-présidence des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale et dirigeait une bonne partie des séances plénières de ces assemblées.

C’était à Istanbul en 2009 et il s’agissait évidemment des réunions de l’automne où se tiennent les assemblées et non des réunions du printemps où la Tunisie ne participait quasiment jamais car elle  n’en avait rien à faire.

Ces temps sont révolus diriez-vous. Oui, ils le sont comme d’ailleurs les temps où la Tunisie remboursait par anticipation son crédit stand by auprès du FMI ( 1991), les temps où elle accédait au marché financier international (1994) se libérant ainsi de la pression de cette grande institution, les temps où elle participait sur la demande du FMI à un tour de table afin de contribuer  au financement d’un prêt au profit de l’Ukraine, les temps où elle était consultée sur les instruments à mettre en place après la crise financière internationale de 2007/2008 etc.

Les performances de la Tunisie sur ce chapitre sont le fruit d’un travail collectif et d’une accumulation qui s’est poursuivie sans rupture sur une longue période. Elles ont été rendues possibles grâce aux efforts consentis par des ministres et des gouverneurs valeureux, en particulier feux Hédi Nouira, Ismail Khelil et Béji Hamda et des cadres compétents et dévoués en particulier aux ministères des Finances, du Développement et de la Banque Centrale de Tunisie etc.

Oui, ces temps sont révolus et en attendant la reconstruction de cette image d’une Tunisie respectée, financièrement solide et économiquement viable, il va falloir s’adapter à un nouveau statut celui d’un pays qui doit apprendre à quémander le couteau sous la gorge, d’un pays qui n’osera plus invoquer sa souveraineté financière et qui doit accepter les injonctions des uns et des autres.