Sri Lanka : Un nouveau Premier ministre en pleine crise économique

Sauver le pays de l'effondrement économique sri-lankaise, ça sera la lourde tâche du nouveau Premier ministre que le président Gotabaya Rajapaksa vient de nommer, après plusieurs jours de manifestations meurtrières, qui ont fait au moins neuf morts et plus de 200 blessés depuis lundi 9 mai.

Ranil Wickremesinghe n’est pas un nouveau visage de la politique sri-lankaise. Il a occupé le poste du Premier ministre pas moins de cinq fois dans le passé.

Sa mission sera de former un gouvernement d’union qui bénéficie du soutien de tous les partis présents au Parlement, qui compte 225 députés. Ça ne sera pas chose facile, puisque le principal parti d'opposition, le SJB, est fracturé. Pressenti dans un premier temps comme PM, le chef de file de ce parti a refusé le poste – il réclame d’abord et avant tout la démission du président Gotabaya Rajapaksa. Une douzaine d’élus seulement du SJB ont signalé leur soutien à Ranil Wickremesinghe.

L'avocat âgé de 73 ans est considéré comme un réformiste pro-occidental et partisan du libre-échange. En octobre 2018, son limogeage surprise et controversé avait plongé le pays dans une crise politique. Après sept semaines de chaos politique, il avait finalement retrouvé son poste.

Cette fois, Ranil Wickremesinghe doit sortir le pays du gouffre. L'économie est au bord d'un effondrement «irrémédiable», a averti le chef de la Banque centrale. Le pays a besoin d'urgence de dollars pour importer du carburant, des médicaments et des denrées alimentaires.