Gilbert F. Houngbo, le premier Africain à prendre la tête de l’OIT

L’homme qui veut enraciner la justice sociale

- L’Organisation internationale du travail (OIT), est présidé depuis le vendredi 25 mars par le Togolais Gilbert Houngbo.

- Il devient le premier Africain à exercer cette fonction.Il a été élu au second tour, battant la Française Muriel Pénicaud.

- Il prendra officiellement ses fonctions début octobre, à la suite du Britannique Guy Ryder, en poste depuis 10 ans.

- Sa nomination est importante pour l’Afrique.

- La démographie et le nombre de jeunes qui entreront sur le marché de l’emploi dans la prochaine décennie sont plus importants que jamais.

- L’OIT aura un rôle clé à jouer.

- Gilbert Houngbo après l’annonce de son élection : «Cette élection est porteuse d’un symbolisme fort».

- Votre choix répond aux aspirations d’un jeune Africain.

- Un jeune Africain dont l’humble éducation s’est transformée en une quête de justice sociale qui a duré toute une vie .

- Gilbert F. Houngbo est né le 4 février 1961.

- De 1996 à 2008, Gilbert F. Houngbo est directeur pour l'Afrique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

- Il est nommé Premier ministre de son pays le 7 septembre 2008, succédant à Komlan Mally.

- Le 12 juillet 2012, il surprend la classe politique togolaise en remettant sa démission à Faure Gnassingbé.

- Il retrouve alors une carrière internationale comme directeur général adjoint chargé des opérations de terrain au Bureau international du travail (BIT) de 2013 à 2017.

- Puis en tant que président du Fonds international de développement agricole (FIDA) de 2017 à 2022.

- En janvier 2022, il est nommé président du conseil d’administration de Natural Resource Governance Institute (NRGI).

- Il arrive à la tête de l’OIT alors que l’organisation doit s’adapter à un marché du travail en plein changement, sous l’effet des nouvelles technologies, entre autres.

- D’autant plus que la pandémie de Covid-19 a introduit le télétravail dans le fonctionnement de la plupart des entreprises et des institutions.

- L’élection de Gilbert Houngbo est également importante pour l’Afrique. D’après l’OIT.

- Le continent comptait 764 millions de personnes en âge de travailler, soit 59% de sa population totale en 2019.

- A cette date, 86% des emplois sur le continent se trouvaient dans le secteur informel.

- En plus d’inverser cette tendance, le continent doit faire avec sa démographie qui explose et le nombre considérable de personnes qui entreront sur le marché de l’emploi dans les 10 prochaines années.

- Une tâche qui ne semble pas effrayer le moins du monde le nouveau DG.

- De toutes les manières, que peut-on craindre avec un parcours comme celui du Togolais ?

- Gilbert Houngbo a passé la majorité de sa carrière au sein d’organisations internationales.

- Selon ses propres propos, c’est autre chose qui lui a permis de triompher lors de l’élection. «Je crois qu’une majorité d’Etats ont jugé bon de choisir un rassembleur et je crois répondre à ce critère».

- Ayant grandi dans une région rurale du Togo, il a confié avoir déjà travaillé pour un dollar par jour sans la moindre protection sociale.

- On imagine bien que c’était avant d’émigrer au Canada et de débuter ses études de comptabilité à l'Université du Québec.

- En 1986 après son diplôme, Gilbert Houngbo rejoint la branche canadienne du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC).

- Il travaille successivement aux services d'audit et de fusions-acquisitions. En 1994, il est nommé directeur des finances de la Banque internationale du Mali, poste qu’il occupe jusqu’en 1996.

- Cette année-là, il rejoint le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dont il devient le directeur financier.

- Puis Chef de Cabinet, puis Secrétaire Général Adjoint et Directeur Afrique.

- En 2008, il quitte l’institution pour répondre à l’appel de son pays.

- De 2008 à 2012, Gilbert Houngbo est nommé Premier ministre du Togo par le président Faure Gnassingbé.

- Il démissionne le 12 juillet 2012. Ereinté par l’aspect politique de sa fonction.

- Il décide alors de reprendre sa carrière internationale.

- Il est désigné en 2003, directeur général adjoint chargé des opérations de terrain au Bureau international du travail (BIT), le secrétariat permanent de l'Organisation internationale du Travail.

- Il occupe ce poste jusqu’en 2017 avant de rejoindre le Fonds international de développement agricole (FIDA).

- En janvier 2022, il est nommé président du conseil d’administration de Natural Resource Governance Institute (NRGI).