Royaume-Uni : Les passagers britanniques restent à quai

Le réseau de voies ferrées britannique est affecté par une mobilisation qui pourrait durer toute la semaine, annoncée comme la plus grosse depuis 30 ans. Les syndicats réclament de meilleurs salaires et des garanties sur l’avenir de leurs emplois dans un contexte d’automatisation.

Annulé, le week-end entre amis à la campagne. Sur les quais de la gare de London Bridge, Victoria est venue pour rien. «Il faudrait prendre un taxi, ce serait très cher. Je m’y attendais, mais c’est ennuyeux, surtout pour les gens qui doivent aller travailler», raconte-t-elle.

Des employés en gilet mauve, très peu nombreux dans la gare, renseignent les passagers, rapporte notre correspondante à Londres, Émeline Vin. Depuis des jours, les transporteurs recommandent d’éviter tout voyage non essentiel. Tom, lui, doit aller au travail. Il aborde cette grève avec un phlegme tout britannique.

«Ça devrait aller. J’ai pris le bus pour venir ici, car le métro est aussi fermé, mais il y avait très peu de monde. Ce n’est pas trop mal pour moi. J’ai dû me lever une heure plus tôt, mais la grève ne m’a pas tellement affecté, je suis plutôt satisfait».

La grève, et les revendications pour de meilleurs salaires et conditions de travail, est plutôt comprise par les passagers. Joel s’attend même à une mobilisation plus générale. «Récemment, les choses sont devenues compliquées. Les prix augmentent, tout devient cher, et maintenant les grèves… Les gens vont en avoir marre. Cet été va être agité», assure le jeune homme, qui accuse le gouvernement de ne pas écouter les travailleurs.

Le mouvement menace de s'étendre non seulement à d'autres modes de transport, comme les bus, et au-delà de cette seule semaine, d'autres syndicats des transports ayant appelé leurs membres à se prononcer également sur une grève. Il pourrait même se propager à d'autres secteurs comme l'enseignement, la santé, la poste ou les avocats : l'association du barreau criminel a annoncé, hier lundi, que ses membres s'étaient prononcés très majoritairement en faveur d'une grève, dès la semaine prochaine, sur le financement d'une aide juridique.