France: Taxer les superprofits des géants de l’énergie ?

L'idée, écartée de peu par les députés en juillet, a été relancée par les énormes bénéfices engrangés par TotalEnergies, Engie ou encore le transporteur CMA CGM. Elle fait son retour, hier lundi, au Sénat.

Alors que beaucoup de Français rencontrent des difficultés de pouvoir d'achat en raison de la hausse des prix de l'énergie, l'initiative d'une contribution exceptionnelle de solidarité des grands groupes est portée par la gauche, mais aussi par les centristes. Il s’agirait de taxer exceptionnellement les bénéfices monstres enregistrés par les grandes entreprises de l'énergie. Seraient visées celles qui ont réalisé en 2021 20% de bénéfices supplémentaires par rapport à la moyenne des trois années précédentes.

Les bénéfices de certains groupes ont explosé ces derniers mois grâce à l'envolée des prix de l'énergie : 18 milliards de dollars pour le pétrolier britannique Shell au deuxième trimestre, 3,8 milliards pour l'italien Eni, 5,7 milliards d'euros pour le français TotalEnergies. L'espagnol Repsol a vu de son côté ses bénéfices croître de 165% depuis janvier.

En juillet, les initiatives de la gauche dans le sens d'une taxe ont suscité des débats incandescents à l'Assemblée, mais elles ont été écartées de justesse. Le gouvernement, qui s'y oppose, est parvenu à ce que la députée macroniste qui avait présenté un amendement similaire, le retire finalement. À l'aune de la décision de Total d'accorder une ristourne allant jusqu'à 20 centimes par litre de carburant.

Le projet de taxe sur les superprofits qui revient sur la table au Sénat est défendu par la sénatrice centriste Nathalie Goulet. Elle y voit une «mesure républicaine». «Le fait de dire : «Le gouvernement va demander, s’il vous plaît, versez-nous une petite obole». Je trouve ça absolument scandaleux et anti-républicain. La loi est là pour rééquilibrer tout ça. Je pense que c’est une mesure de justice sociale et que le Sénat serait quand même bien inspiré de la voter», explique-t-elle.