Italie : Un été très politisé

Un peu plus de deux semaines après la démission du président du Conseil, Mario Draghi, lâché par trois partis de sa majorité gouvernementale, l’Italie est plongée, en plein été, dans la campagne électorale pour les élections anticipées. Elles sont prévues le 25 septembre.

Les Italiens sont habitués à l'instabilité politique puisque l'on compte 64 gouvernements depuis la proclamation de la République en 1946. Mais une campagne électorale sous la canicule, c'est inédit. Les élections législatives se sont en effet toujours tenues au printemps. Donc le climat, dans tous les sens du terme, est très différent. En raison de la chaleur extrême, la télévision joue un rôle crucial. Au point que de grosses pointures des talk-shows sont privées de vacances. Et il y a peu de meetings dans les villes et banlieues.

Pour rencontrer des leaders politiques, c'est plutôt en bord de mer qu'il faut être, en ce moment. Le chef de la Ligue, Matteo Salvini, a d'ailleurs rejoint, depuis le 4 août, l'île sicilienne de Lampedusa où 2 000 migrants ont débarqué ces derniers jours. Son alliance avec un autre parti très droitier, Frères d'Italie dirigé par Giorgia Meloni, et Forza Italia de Silvio Berlusconi est donnée favorite par les sondages. Et il a repris son vieux refrain anti-clandestins.

Il a toutefois évité de se donner en spectacle, d'autant qu'il n'a pas été accueilli en fanfare par les Lampédusiens. Après sa visite dans le centre d'accueil, il a déclaré que si les électeurs choisissent le centre droit et la Ligue, le poste de ministre de l'Intérieur reviendrait à une femme ou un homme de son parti et que le gouvernement défendra avec fermeté les frontières de l'Italie. Un thème au cœur des principaux projets des souverainistes que l'on peut résumer en ces termes : patrie, sécurité, famille, impôt à taux unique, suppression du revenu de citoyenneté.