Des obstacles entravent l'implantation des voitures électriques dans le Monde Arabe... Mais l’espoir reste

L'Arabie Saoudite et le Maroc s'orientent fortement vers la fabrication des véhicules du futur
L'Arabie saoudite prendra des mesures plus rapides concernant la localisation des voitures électriques.

* Le Maroc a commencé à produire 40 000 voitures électriques, et le nombre va doubler dans les mois à venir.

* L'émirat de Dubaï a également lancé sa première voiture électrique (Al-Damani) portant le titre «Made in Émirats», produite par la société émiratie «M Glory».

* Le marché égyptien souffre d'une pénurie de voitures importées jusqu'aux prochains mois de novembre et décembre. Les voitures représentent un bien secondaire, et ne sont pas essentielles pour les priorités d'ouverture des crédits.

* Le marché saoudien peut prendre des mesures plus rapides concernant la localisation des voitures électriques au niveau de l'usage et de la fabrication, mais il serait également confronté à un défi lié au ralentissement mondial.

 

Le Caire: Les pays arabes sont actuellement en compétition pour diffuser la culture d’une automobile moins polluante pour l'environnement, et ainsi se frayer un chemin vers la production de véhicules électriques, dans le cadre de plans de localisation de l'industrie, et d'orientation vers l'exportation. Ainsi que l'exploitation de l'intérêt global local à faire face au changement climatique et à réduire les émissions polluantes de l'environnement.

Parmi les pays qui ont parcouru un long chemin, à ce niveau, figure le Royaume d'Arabie Saoudite, qu’y figurent grâce au Fond d'investissement public, qui détient actuellement environ 67% des actions de la société américaine «Lucid», et a également créé une entreprise locale pour fabriquer des voitures électriques.

Le Maroc, qui occupe une position plus qu’importante dans l'industrie automobile mondiale, a également pris un excellent départ après que Riyad Mazour, ministre de l'Industrie et du Commerce, a annoncé que son pays a commencé à produire 40.000 voitures électriques, et que ce nombre doublera dans les mois à venir. Soulignant que le Maroc dispose d'une plateforme capable de produire 700.000 voitures par an, toutes ces voitures peuvent être converties à l'électrique.

L'émirat de Dubaï a également lancé sa première voiture électrique (Al-Damani) portant le titre «Made in Émirats», produite par la société émiratie «M Glory», dispose d’une autonomie de 405 kilomètres, pour une seule charge, avec un prix de 127.500 dirhams. L'Égypte a également développé une stratégie de fabrication de voitures électriques et d'incitations de son usage. La société publique «Al-Nasr Automotive Company» a accompli beaucoup de chemin, grâce à des accords de partenariat avec une usine chinoise en vue de faire démarrer la production.

Le concurrent Lucid de Tesla, qui commencera à fabriquer ses voitures électriques en Arabie Saoudite en 2024 (Reuters).

 

Des efforts qui dépendent de la situation internationale

Reste qu’Alaa Al-Saba, membre du conseil d'administration de la division automobile de la Fédération des chambres de commerce et chef de la société automobile Al-Saba, affirme que les efforts des pays arabes pour localiser l'industrie de la voiture électrique et l’implanter localement, fait face à des défis liés aux conditions de l'industrie à l'échelle mondiale.

Il ajoute que le timing constitue le premier obstacle, à savoir la crise des puces et la pénurie de semi-conducteurs, en plus des complications dans les opérations d'expédition, ainsi que les coûts élevés. D’où un ralentissement des activités des sociétés-mères avec lesquelles les Arabes cherchent à coopérer.

Il a ajouté que la stratégie de développement de l'industrie automobile, est un sujet qu’on traite depuis un moment, et que l’objectif est de localiser l'industrie par une stimulation progressive selon plusieurs axes ciblés, à savoir le nombre de voitures produites, la proportion de la composante locale dans celles-ci, et le volume des investissements totaux, en plus des incitations spéciales pour les voitures électriques, respectueuses de l'environnement.

Al-Saba a déclaré que la zone industrielle de l'Est de Port Saïd bénéficie d'avantages exceptionnels, dont le premier est sa position géographique dans le canal de Suez, qui la rend proche des zones logistiques et des ports, facilitant l'implantation d'usines dans la région, et la circulation des marchandises et les exigences de production vers et depuis celui-ci. Particulièrement idéal pour les entreprises ayant une longue expérience dans la fabrication.

Trois constructeurs automobiles internationaux ont participé à la préparation de la stratégie nationale pour l'industrie automobile en Égypte, qui a pris 6 mois, et ont exprimé leur intérêt à passer du stade des études à une participation sérieuse au projet qui se déroule actuellement dans le canal de Suez région, qui est l'établissement d'un complexe industriel pour l'automobile qui comprend plus d'une entreprise.

Al-Saba affirme que les conditions nécessaires au succès, que nous espérons atteindre pour l'Égypte et les pays arabes, comprennent une mise en œuvre rapide sur le terrain sans bureaucratie, la suppression de tous les obstacles qui empêchent la mise en œuvre des incitations et la résolution des défis auxquels est confronté le monde l'industrie automobile, notamment la disponibilité des puces et les frais d'expédition, et la disponibilité des composants automobiles.

De la cérémonie de signature officielle d'un ensemble d'accords pour lancer la construction de l'usine AMP-2 pour fabriquer des véhicules électriques de classe mondiale «Lucid» à l'intérieur du Royaume.

Les défis de l'industrie automobile

Les pays du monde souffrent actuellement des influences extérieures de l'industrie automobile, à commencer par le Coronavirus, l’absence des puces, et enfin la guerre russo-ukrainienne, mais en Égypte, quelques défis s'y ajoutent, à savoir l'ouverture de crédits dans le secteur bancaire.

Al-Saba s'attend à ce que le marché égyptien souffre d'une pénurie de voitures importées jusqu'aux prochains mois de novembre et décembre. Les voitures représentent un bien secondaire, et ne sont pas essentielles pour les priorités d'ouverture des crédits, nécessaires jusqu'à la stabilité de l'industrie automobile au niveau mondial.

Depuis la sortie d'un secteur d'investisseurs étrangers ou de ce que l'on appelle l'argent spéculatif du marché des instruments de la dette publique (bons du Trésor et obligations), qui s'élevait à 20 milliards de dollars, la réserve de liquidités de l'Égypte s'est exposée à une nette baisse, et l'État a commencé à réduire les importations et à les limiter aux produits alimentaires, aux matières premières et aux biens intermédiaires, et par conséquent au volume des importations, ce qui a affecté la disponibilité des voitures importées sur le marché.

Quant à la situation dans le Golfe, Al-Saba considère que la situation dans chaque pays dépend de la rapidité des mesures prises localement pour faire avancer l'industrialisation. Reste que le problème est dans le cas d'un ralentissement de la fabrication se situe à l'échelle mondiale au niveau des sociétés mères. La taille des défis varie en fonction de la situation sur le terrain, ce qui signifie que chaque fois que le pays part de zéro pour fournir des infrastructures, les défis sont plus grands.

La société égyptienne «Mansour» Automotive Company a annoncé la conclusion d'un accord avec la société américaine «General Motors» sur l'étude de la fabrication en commun de voitures électriques en Égypte (Reuters).

Le marché saoudien

Al-Saba s'attendait à ce que le marché saoudien prenne des mesures plus rapides concernant la localisation des voitures électriques au niveau de l'usage et de la fabrication, mais il serait également confronté à un défi lié au ralentissement mondial, ajoutant que les pays arabes cherchent à localiser l'énergie électrique maintenant parce que l'hydrogène vert est encore une technologie nouvelle en ce qui concerne sa production et son utilisation dans les voitures, et que l'Égypte, par exemple, a signé des protocoles d'accord sur des projets à cet égard, et qu'il faut du temps pour juger la rapidité de conversion de ces protocoles en des contrats comprenant un calendrier de mise en œuvre, des procédures, des contrats et une inauguration sur le terrain.

L'économiste Nadi Azzam affirme que les pays les plus proches d'un bon démarrage sur le marché de la voiture électrique sont le Maroc, l'Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis, car ils ont accompli des progrès rapides dans ce domaine, en plus de la disponibilité d'importants excédents financiers à la suite à la hausse des prix du pétrole, ce qui aide notamment le Royaume à accomplir de grands pas vers le lancement des voitures du futur.

Malgré la pandémie du Coronavirus, le Maroc a pu produire plus de 700.000 voitures en 2020 et l'industrie a fourni plus de 180.000 emplois.Mais, comme le reste du monde, il fait face à des défis avec les semi-conducteurs.

Azzam affirme que les rapports internationaux indiquent que l'avenir est prometteur pour les constructeurs de voitures électriques, avec environ un million de véhicules par mois au cours du second semestre 2022, et cela équivaut à environ un véhicule toutes les 3 secondes, alors que le mois de juin dernier, a vu le mouvement de 20 millions de véhicules électriques sur les routes. Dans le monde, il n'y avait que 1 million de véhicules électriques en 2016.

La hausse des prix du pétrole depuis le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne, a contribué à une augmentation de la demande de voitures électriques, et les entreprises internationales se tournent fortement vers cette industrie, d'autant plus que 66% des produits pétroliers sont consommés par le secteur des transports, et près de la moitié par le transport routier, c'est-à-dire les voitures et les véhicules qui circulent sur les routes du monde.

Le général Hussein Mostafa, expert automobile et ancien directeur exécutif de l'Association des constructeurs automobiles, affirme que le gouvernement égyptien soutient les voitures électriques sur le marché local grâce à l'absence de taxes douanières, en plus d'une impositions réduites sur les composants des bornes de recharge qui ne pas dépasser 2%, ainsi que l'annulation de la taxe d'immatriculation sur les voitures électriques avec une incitation verte pour les voitures produites localement.

 

100 milles voitures annuellement

L'Égypte produit environ 100.000 voitures par an, tant il existe environ 18 usines automobiles, 80 usines principales pour les industries d'alimentation et 300 usines subsidiaires pour les industries auxiliaires des industries d'alimentation, et une partie de leurs produits est exportée. Aussi, un protocole d'accord a également été signé concernant la création d'un complexe de fabrication automobile commun dans la zone industrielle de l'Est de Port-Saïd, avec une capacité de fabrication de 75.000 véhicules par an dans un premier temps.

Mostafa ajoute que l'industrie de la voiture électrique devrait démarrer en 2023, que ce soit à Nasr Auto ou dans les usines du secteur privé, d'autant plus que l'importation de voitures hybrides et d'occasion, est également arrêtée depuis longtemps, en attendant les voitures fabriquées localement, avec l’espoir de pouvoir fabriquer une voiture électrique en 2023, et renforcer de la sorte l'infrastructure de ses propres centres de service.

Il a souligné que la récente réunion tenue par le gouvernement égyptien avec des représentants des principales banques et sociétés automobiles en Égypte, a abouti à la création d'un comité permanent au sein du cabinet pour faciliter la libération des voitures dans les ports et la formation de comités similaires dans les ministères concernés, dans le but mettre en œuvre les instructions, ce qui compense la grave pénurie de l'offre de voitures sur le marché et répondre à la demande qui dépasse l'offre et a entraîné une hausse des prix à un degré sans précédent.

Il a déclaré que l'État tient à localiser l'industrie automobile, en particulier celle qui ne pollue pas l'environnement, et à augmenter la proportion de la composante locale dans la fabrication, de manière à réduire les importations de l'étranger et à répondre aux besoins des citoyens et à résoudre les problèmes du secteur automobile, qui a connu de nombreuses difficultés ces dernières années, à commencer par la pandémie du Coronavirus, puis une crise de pénurie de puces électroniques, et enfin la guerre russo-ukrainienne, qui a provoqué une pénurie de la production mondiale de voitures complètes.