Congo-Brazzaville : Ralentissement des activités économiques

Brazzaville est touchée depuis près de deux semaines par une pénurie d’essence qui perturbe les activités économiques. Les chauffeurs de taxis et les autres automobilistes en ont ras-le-bol. Cette pénurie est due selon la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) à la raréfaction et la hausse du prix des produits pétroliers, aux contraintes logistiques liées à leur acheminement ainsi qu'à des travaux qui ont lieu en ce moment.

Dans cette station-service du quatrième arrondissement, située près du boulevard Alfred Raoul, les véhicules qui attendent depuis de longues heures forment un V. Devant les pompes à sec, il n’y a personne. Presqu’à la queue d’une file qui s’étend sur plusieurs dizaines de mètres, Fila attend en écoutant de la musique.

Ce taximan de 38 ans est arrivé sur les lieux depuis 5 heures du matin, mais jusqu’à midi aucune goutte n’a été servie. «On peut rester ici jusqu’au soir on n’aura pas le carburant. On peut revenir demain. Le carburant c’est vraiment difficile à trouver. On ne sait pas si on viendra livrer», se plaint-il.

Florent, adossé au mur du restaurant mitoyen de la station est également chauffeur de taxi. Il ne comprend pas pourquoi Brazzaville subit des pénuries récurrentes d’essence. «On a tout temps été victime de ça, chaque année. Comment nous, les commerçants, nous pouvons nous habituer à la pénurie. Si on s’habitue à la pénurie c’est qu’on est morts. Il faut qu’on régularise cette situation», tempête-t-il.

Cette pénurie est aussi devenue un moyen de se faire plus d'argent dans certaines stations qui arrivent à obtenir quelques mètres cubes du précieux liquide.

Les pompistes exigent un pourboire avant de servir les clients. «Quand nous venons pour faire le plein, ils nous demandent parfois jusqu’à 5.000 FCFA (7,53 dollars). C’est pas bon», dénonce un autre taximan sous couvert d’anonymat. Les Brazzavillois vont devoir attendre encore quelques jours pour une reprise normale de la distribution.