Présidentielle au Kenya : Place au long processus de dépouillement

Les Kényans étaient appelés aux urnes mardi dernier pour choisir leur nouveau président, mais aussi leurs élus locaux, députés, gouverneurs ou encore sénateurs. Hormis quelques incidents, l’élection s'est, dans l’ensemble, déroulée de manière pacifique dans le pays. Le scrutin est toutefois marqué par l’abstention qui a progressé en cinq ans.

Il y a eu par endroits des retards dans le déploiement du matériel, des défaillances des kits d’identification, rapporte notre correspondante à Nairobi, Florence Morice. À 22 heures hier soir, on votait donc encore dans certains bureaux, mais «la majorité» d’entre eux avaient fermé, selon la commission électorale kényane. Et dans l’ensemble, la journée s’est déroulée sans heurts.

Au moment d’aller voter, les deux principaux candidats se sont montrés confiants en leur victoire. «Je suis convaincu que le peuple kényan fera un choix d’avenir pour notre pays», a déclaré William Ruto, après avoir voté. «Je suis convaincu que le peuple kényan va s'exprimer en faveur du changement démocratique», a déclaré Raila Odinga, au moment de quitter sa résidence de Karen pour se rendre dans son bureau de vote de Kibera à Nairobi où une marée humaine en liesse l’attendait.

La compilation des résultats est désormais en cours. C’est donc une période d’incertitude qui s’ouvre. La commission électorale a appelé les Kényans à la «patience». Quant au puissant Conseil national des Églises du Kenya, il appelle «tous les candidats à accepter la volonté du peuple». Et encourage ceux qui ne seraient pas «satisfaits des résultats» à recourir à la justice «plutôt qu’à la violence».

Plus de 22 millions d’électeurs étaient appelés à voter mais seulement 56% s’étaient déplacés à 16 heures, d’après la Commission électorale. En 2017, ils étaient près de 80%.