Vague de chaleur... l’Afrique : Canicule sur canicules

L’Afrique et l’Europe… Du pareil au même !
Les vagues de chaleur en Afrique

* Une révision des annales de la météorologie, nous révèle, chiffres à l’appui, que la Bretagne en France, considérait déjà en plein été, une 35°C comme une (petite) «ouverture sur l’enfer».

* Les faibles précipitations et la chaleur prolongée ont provoqué une sécheresse qui a touché plusieurs pays européens.

* La chaleur a fait également baisser les eaux d'un certain nombre de rivières et met à jour un sinistre avertissement de nos ancêtres concernant les périodes de misère.

*«Celui qui m'a vu une fois, a pleuré. Celui qui me voit maintenant va pleurer».

* La baisse qui a touché les plus importants cours d’eau en Europe, les a rendus impraticables pour la navigation.

Si on doit trouver un dominateur commun entre Dunkerque en France, et même plus au nord en Angleterre, d’une part, et Tamanrasset en Algérie, et même plus au sud, à Bamako au Mali, il y a de quoi traverser la Méditerranée et outrepasser les frontières, on ne peut trouver qu’une météorologie pas clémente du tout, à savoir un soleil plus brulant, de quoi ouvrir tout cet espace, et même ailleurs, devant une canicule de plus en plus forte.

Certes, la température n’y pas la même partout : une 67°C sous le soleil à Ouargla (Sud-est algérien) n’a rien à avoir avec une 40°C dans l’Aquitaine en France. Mais reste que ces deux régions, comprendre leurs habitants, ne connaissaient pas (chacune à sa manière) de telles hausses.

Une révision des annales de la météorologie dans cet espace, nous révèle, chiffres à l’appui, que la Bretagne en France, considérait déjà en plein été, une 35°C comme une (petite) «ouverture sur l’enfer». Tout le contraire du Sud algérien, où cette même température est synonyme d’une ouverture sur «le paradis» tant rêvé, dans cette région, en mal de précipitation, et où toute verdure est synonyme d’un Eden, que seules quelques oasis concrétisent dans cette mer infinie d’un sable très fin.

La canicule en Europe.

De l’eau…. Toujours de l’eau…

En plus de la canicule, à savoir une hausse notoire de la température, à des niveaux encore inconnus, une raréfaction des sources d’eaux. Aussi bien pour la consommation domestique, dans certaines régions d’une manière chronique, et dans d’autres des fleuves et autres cours d'eau. Certains cas frôlent l’imaginaire, à savoir des histoires sorties directement des légendes, qui meublent depuis des décennies, et même des siècles, l’imaginaire populaire.

Si tu me vois, pleure !

Les faibles précipitations et la chaleur prolongée ont provoqué une sécheresse qui a touché plusieurs pays européens. Elle fait également baisser les eaux d'un certain nombre de rivières et met à jour un sinistre avertissement de nos ancêtres concernant les périodes de misère.

Les «pierres de la faim» sont des roches du lit des rivières, qui ne sont visibles que lorsque le niveau des eaux est extrêmement bas.

En périodes de sécheresses, et aux moments où les cours d’eau baissaient à un niveau très bas, les habitants qui occupaient les abords de ces fleuves, ont pris l’habitude de graver sur les pierres des fonds, les dates de ces «catastrophes»

De ce fait, les climatologues disposent actuellement d’une vraie mine d’informations, non seulement concernant les années des sécheresses, mais aussi et surtout le niveau de la baisse pour chaque année concernée.

La plus ancienne inscription trouvée dans le bassin de l'Elbe date de 1616 et est écrite en allemand, où on peut y lire, dans un humour glacial et même noir : «si tu me vois, pleure».

Selon une étude réalisée en 2013 par une équipe tchèque d'archéologues, on peut lire sur la pierre les années 1417, 1616, 1707, 1746, 1790, 1800, 1811, 1830, 1842, 1868, 1892 et 1893.

«La vie refleurira une fois que cette pierre aura disparu», peut-on lire sur une autre des pierres sculptées.

«Celui qui m'a vu une fois, a pleuré. Celui qui me voit maintenant va pleurer», prédit une autre.

«Si tu revois cette pierre, tu vas pleurer. Voici à quel point l'eau était peu profonde en l'an 1417», lit-on dans une autre.

 

Les «pierres de la faim».

Les sécheresses ont ruiné les récoltes mais ont également coupé les voies d'eau par lesquelles la nourriture et les fournitures de toutes sortes étaient transportées. La famine s'en est suivie.

Dans le passé, l'Europe centrale, qui comprend certaines parties de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Hongrie, de la Pologne, de la Suisse et de la République tchèque, comptait sur les terres fertiles situées le long des rivières pour produire de la nourriture.

En plus du manque de l’eau, aussi bien pour usage humain, qu’à arroser les plantations, la baisse qui a touché les plus importants cours d’eau en Europe, les a rendus impraticables pour la navigation, sachant que depuis la nuit des temps, une partie non-négligeable des marchandises transitaient par ces fleuves. Des grosses pertes, au regard de la baisse du niveau de l’eau.

Les alertes à la sécheresse ont actuellement un impact sur plus de 60% du territoire européen, selon l'Observatoire européen de la sécheresse (OED). De grands fleuves en Allemagne, en Angleterre et en Italie ont vu leurs eaux dim

Canicule et fortes chaleurs : une conséquence du changement climatique en Afrique.

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Afrique : Canicule sur canicules…

Les vagues d'extrême chaleur qui frappent l'Afrique subsaharienne ne font pas l'objet de statistiques exhaustives, rendant difficile leur étude et la mise en œuvre de systèmes d'alerte précoce, selon une étude publiée lundi dans la revue Nature Climate Change.

Alors que les épisodes de canicule et leurs conséquences sont systématiquement étudiés dans les zones plus riches du monde, les conséquences de ces canicules [en Afrique] ne sont pas enregistrées, souligne l'auteur principal de l'étude, Luke Harrington, de l'Institut du changement de l'environnement à l'université britannique d'Oxford.

Pourtant, les observations de terrain comme les modélisations climatiques montrent que l'Afrique subsaharienne est particulièrement exposée aux canicules, souligne le chercheur.

Ainsi, seuls deux épisodes caniculaires dans la région figurent, sur les 120 dernières années, dans la principale base de données mondiale sur les catastrophes naturelles, l’Emergency Events Database (EM-DAT). Les données concernant d'autres types d'événements, sécheresses ou inondations par exemple, sont tout aussi lacunaires.

En revanche, 83 épisodes caniculaires ayant entraîné plus de 140 000 décès et pour 12 milliards de dollars de dommages sont enregistrés pour le seul continent européen sur les 40 dernières années.

Il est urgent de s'attaquer à cette contradiction, déclare Luke Harrington alors que, selon d'autres études, les épisodes de températures extrêmes, dont certains potentiellement au-delà de limites supportables pour l'être humain, devraient se multiplier dans les prochaines décennies, notamment dans les régions tropicales.

Le principal problème n'est pas l'absence des données météo elles-mêmes, mais de données sur les conséquences [de ces phénomènes], comme la mortalité ou des conséquences sur le secteur de l'énergie ou les infrastructures, souligne Friederike Otto, directrice de l'institut du changement de l'environnement.

Les populations africaines sont très conscientes de l'augmentation des canicules. Mais si elles ne sont pas enregistrées par les scientifiques, les voix africaines porteront plus difficilement dans le débat sur le climat, commente pour sa part Mohamed Adow, directeur de l'ONG Power Shift Africa, à propos des résultats de l'étude.

Vague de chaleur en Afrique.

L’urgence climatique mondiale

Face à leurs multiples défis, les pays africains comptent demander à l’ONU de déclarer l’urgence climatique mondiale.

Pour limiter une fois pour toutes le réchauffement climatique, les pays africains souhaitent que les plans d’action en matière environnementale de chaque pays soient rendus juridiquement contraignants afin de garantir la réalisation des objectifs de l'Accord de Paris de 2015.

Les gouvernements africains comptent également demander une aide financière internationale pour mettre en œuvre leurs propres plans visant à freiner les émissions de gaz à effet de serre. Ils espèrent ainsi aider leurs populations à s'adapter à des conditions climatiques extrêmes comme la montée du niveau des océans.

À la tête du Comité des chefs d'État et de gouvernements africains sur les changements climatiques, le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, a été désigné pour donner suite à ces demandes prises durant une réunion préparatoire tenue en Éthiopie.

En fait, les gouvernements africains cherchent à tout prix des moyens de collecter des fonds pour à la fois améliorer les prévisions météorologiques et la surveillance des phénomènes climatiques saisonniers. Des régions entières du continent essuient régulièrement des inondations, des tempêtes ou des périodes de sécheresse extrême.

En 2018, les faibles précipitations ont poussé le ministère de l'Agriculture du Kenya à déclarer une crise alimentaire due à une chute vertigineuse des récoltes de maïs. De plus, le Mozambique a subi au début de l’année les impacts ravageurs des cyclones Idai et Kenneth qui ont causé la mort de plus de 600 personnes.

Selon l’organisme humanitaire World Vision, les inondations créées par les deux cyclones ont eu des conséquences catastrophiques sur le quotidien de 2 millions de personnes au pays, mais aussi au Zimbabwe et au Malawi voisins

Les scientifiques s’entendent pour dire que les sécheresses et les inondations sont susceptibles de se produire plus fréquemment. Les tempêtes alimentées par des mers plus chaudes pourraient aussi monter en intensité. Il faudra donc s’attendre à une baisse des rendements agricoles sur plusieurs régions de l’Afrique, préviennent les experts.