Mali - France : D’un amour «infini» à une guerre «à outrance» !

L’Armée malienne, peut-elle assurer et assumer le rôle de la force Barkhane ?
Le président français Emmanuel Macron et le président de transition malienne, le colonel Assimi Goïta.

* L’Armée malienne parie et même annonce sa capacité d’assurer, et d’assumer le rôle que jouait l’Armée française.

* Paris voit l’équation plus large que le sol malien. Plutôt dans le G5 du Sahel, à savoir une surface (de loin) plus large que le territoire qu’elle vient de quitter.

* La France, depuis la vague des indépendances de ses anciennes colonies, a tout fait pour garder une «indépendance dans l’interdépendance».

* Bamako, sans opposer un démenti catégorique, admet la présence «d’instructeurs russes», présents sur son sol, au gré d’un accord conclu, entre États indépendants.

Qu’importe les intentions, réelles ou/et apparentes de la junte au pouvoir au Mali, on ne peut clore une relation qui remonte à plusieurs décennies, suite à un craquement de doigts, comme si rien n’y était.

Qu’importe la froideur des communiqués français, aussi bien émanant de la direction politique, que de l’Armée, la France ne peut oublier le Mali, du jour au lendemain, et mettre toutes ces décennies de présence au placard.

L’intransigeance et la fermeté, sont de mise : Bamako a exigé le départ des forces françaises. Paris n’a pas voulu y insister. Quitter fût sa décision.

Un défi latent s’est installé : L’Armée malienne parie et même annonce sa capacité d’assurer, et d’assumer le rôle que jouait l’Armée française. Par contre, l’Armée de l’ex-puissance, même si elle ne l’annonce pas clairement, assure – à demi-mots – qu’aucune solution à la question terroriste, ne peut voir le jour, sans la coopération entre les pays de la région. Avec l’aide, le soutien, et surtout la coordination qu’a assumée la France. Dénigrant de facto, l’orientation de Bamako, a assumé en solo sa sécurité.

En conclusion :

Paris voit l’équation plus large (géographiquement) que le sol malien. Plutôt dans le G5 du Sahel, à savoir une surface (de loin) plus large que le territoire qu’elle vient de quitter.

Les autorités maliennes promettent plus de succès dans la lutte contre le terrorisme.

 

Questions :

L’Armée malienne, peut-elle assurer et assumer le rôle de la force Barkane ?

Comment la France, va-t-elle, et surtout peut-elle, assurer le rôle qu’elle s’est attribué, sans passer (comme au Monopoly) par la «case» du Mali ?

Les réponses, ou plutôt des périples de réponses commencent (tel un puzzle) à remplir le vide.

Une recrudescence de l’activité terroriste, avec un nombre conséquent de morts et de blessés. Un détail, et de taille : Les groupes terroristes ont annoncé à maintes reprises, avoir tué des «soldats blancs», comprendre des «mercenaires» du groupes Wagner.

Le poids du passé… Le choc du présent :

La France, depuis la vague des indépendances de ses anciennes colonies, a tout fait pour garder une «indépendance dans l’interdépendance», à savoir instaurer des relations, aussi bien politiques, qu’économiques, et même culturelles, privilégiées….

Cette forme de «relations plus qu’étroites» a été sentie, et surtout considérée, par une frange non négligeable de l’élite africaine (dans les ex-colonies) comme «une forme de colonialisme». Ce sentiment est accentué par la faillite (à des degrés différents) de ceux qui ont guidé ces «ex-colonies» à tenir une partie des promesses émises, à savoir : Prospérité économique, et justice sociale, sans oublier une «démocratie» que tout le monde prétend défendre, sans y arriver vraiment.

La France, par contre, tout en insistant sur les relations (historiques) privilégiées, avec ses ex-colonies, assure qu’elle n’interfère nullement dans leurs «affaires internes».

L’option russe….

En quittant le sol malien, la France n’a cessé de crier au scandale, la junte au pouvoir à Bamako, n’a fait en chassant son armée, qu’ouvrir la porte aux Russes, et plus particulièrement au très tristement célèbre (en Occident) groupe mercenaire «Wagner», qui traine derrière une image, elle aussi tristement lugubre (selon les médias occidentaux), aussi bien en Centrafrique, et en Libye, sans oublier l’Ukraine (selon toujours des sources occidentales).

Bamako, sans opposer un démenti catégorique, admet la présence «d’instructeurs russes», présents sur son sol, au gré d’un accord conclu, entre États indépendants. Chose qui ne contredit en rien (selon les mêmes sources) les conventions internationales.

Cette présence russe, ne se présente nullement en «surprise», un jeu «d’échec», dans tous les sens du mot, se joue entre Paris, et Moscou, sur le sol africain. Les Russes ont déjà arraché la «case centrafricaine» fût arrachée aux Français. L’ex-armée rouge, a doublé d’appétit, et s’en prend au Mali ouvertement, et même d’une manière plus délicate avec l’entourage du Mali en général, et le Tchad en particulier.

Les Russes semblent n'avoir pas traîné. Le gouvernement allemand a indiqué disposer d'informations selon lesquelles environ 20 ou 30 personnes, probablement des Russes en uniforme, ont été repérées en train de décharger un avion à l'aéroport de Gao le jour du départ français.

L'armée française quitte le Mali après plus de neuf ans d'intervention.

Le syndrome ukrainien :

Cette guéguerre aurait pu continuer à ce jour sur le sol africain, d’une manière (presque) froide, et même glaciale, à coups de putschs, tantôt réussis, tantôt avortés, sans la guerre en Ukraine, qui a soufflé sur les braises africaines, et même a converti la «guerre des ombres», aussi bien entre les armées que les services secrets, français et russes, sans oublier les américains, les britanniques, et même les puissances régionales, en une «guerre plus flagrante», et surtout sans gants et sans respects des abc du manuel de «l’espion qui se respecte».

Pro et anti-Français :

Il serait vraiment exagéré de prétendre d’avancer que «tout le Mali» en veut aux Français. De même, il serait fallacieux de dire que «tout le Mali ».

Des décennies de présence coloniale française, et idem d’influence directe, a enraciné en premier, la langue française en «langue officielle». Un cordon ombilical que la France a toujours exploité, et va continuer à le faire pour s’assurer une présence dans tout son «espace francophone».

Par contre, une certaine autre élite, sans nier l’importance de la langue française, comme étant un «butin de guerre», veut couper ce cordon ombilical, tant (selon cette élite), il faut bien faire la différence, et surtout clairement distinguer d’une manière claire, nette, et surtout précise, entre «francophonie» et «francophilie».

Même si le camp «francophile» a perdu du terrain (beaucoup même) suite au putsch, néanmoins, il reste présent et même actif, parmi une élite, qui n’a jamais vu le présent et le devenir de son pays, sans des liens «indéfectibles» avec la France.

Il faut préciser que la junte compte beaucoup, et même exploite, pour ne pas dire entretient ce «vent anti-français », et même en fait son «bras politique, à l’instar du Front pour l'émergence et le renouveau au Mali (Fer-Mali), qui fût aux premiers rangs à exiger le retrait de la force française Barkhane.

Aujourd’hui, Sory Ibrahima Traoré, président de Fer-Mali, est donc très satisfait : «Le départ du dernier de Barkhane, aux yeux de tous ceux qui ont réclamé le départ des forces françaises, est pour nous une victoire historique. On était arrivé à un point dans la collaboration et dans la conscience collective des Maliens où la présence de la force Barkhane n'était pas bien perçue. Ce départ, pour nous, est un nouveau départ pour notre génération. Le Mali et les Maliens vont se faire le devoir d'occuper le vide que cela va créer ».

Le Mali demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur les «actes d'agression» français.

Qui est derrière les «terroristes» ?

Après des insinuations à demi-mots, que le«terrorisme» a multiplié ses actions suite au désengagement des forces françaises, le Mali est passé d’une manière directe, et surtout officielle, à des accusations que Bamako, atteste se baser sur des «preuves solides», que «la France arme les combattants islamistes».

Plus même : Le Mali a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'organiser une réunion d'urgence pour faire cesser ce qu'il présente comme «des actes d'agression» de la France. Bamako accuse Paris de violer sa souveraineté territoriale et de soutenir militairement des combattants djihadistes.

Avec ces accusations, le gouvernement malien, pousse un cran plus loin ses incriminations contre la France.

La lettre, adressée par le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, à la présidence en exercice chinoise du Conseil de sécurité de l'ONU, dénonce les violations répétitives et fréquentes de l'espace aérien national par les forces françaises au cours des derniers mois. Elle décrit des appareils français se livrant à des activités considérées comme de l'espionnage et des tentatives d'intimidation.

Les autorités maliennes disent disposer de plusieurs éléments de preuve que ces violations flagrantes de l'espace aérien malien ont servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes opérant dans le Sahel et pour leur larguer des armes et des munitions, ajoute M. Diop. Il laisse entendre que les Français pourraient avoir transporté par hélicoptère deux membres d'un groupe djihadiste, début août, dans la région de Tombouctou.