RDC : Une campagne sur la masculinité positive

Dans la région de Beni en proie aux milices et aux groupes armés, les habitants sont victimes depuis près de 30 ans de violences. Les femmes, notamment, sont souvent brutalisées ou violées. Alors pour agir à la racine et pour lutter contre les violences basées sur le genre, la ville de Beni mise sur la masculinité positive.

Depuis le 12 septembre et pendant deux mois, les hommes, mais aussi les femmes de la ville de Beni vont entendre parler d’égalité entre les genres, de prises de décisions collectives et d’implication des femmes dans l’espace public. Dans les quartiers, les églises, les radios, des marches, des activités, des débats seront organisés. «La masculinité positive sera partout», promet Ruth Sabani l’une des organisatrices.

Ce qu'aimeraient insuffler les organisateurs de cette campagne, c'est que les hommes ne soient plus les seuls à décider, dans la vie publique, mais aussi dans le foyer. En bref, poursuit Ruth Sabani, «l’homme ne doit plus se considérer comme un roi». À Beni, une ville de taille moyenne, ou plus largement dans les zones rurales de l’est de la République démocratique du Congo, la place des femmes dans l’administration, par exemple, est dérisoire.

Le deuxième objectif de cette campagne, peut-être le plus important : que les viols et les atrocités commis à l’égard des femmes diminuent. Les organisateurs font le pari suivant : si les femmes sont impliquées dans les décisions, le regard sur elles changera, elles seront davantage respectées et donc les violences basées sur le genre diminueront.