Lesotho : Législatives sur fond de grogne sociale

Au Lesotho les électeurs sont attendus au urnes vendredi à la faveur des élections législatives qui permettront la désignation de leur nouveau Premier ministre.

Le scrutin se déroulera sur fond de de divers maux qui gangrènent la vie des 2, 2 millions d’habitants de ce pays d’Afrique australe. Parmi ces défis, le chômage des jeunes.

Plus de 30% de la population, majoritairement rurale, vit avec moins de 1,90 dollar par jour. Dans la capitale Maseru, des électeurs ont déjà décidé de boycotter le scrutin faute de réponses à leurs préoccupations quotidiennes.

«Pour moi, c'est une perte de temps, parce que ce temps-là, je pourrais le pourrais le consacrer à autre chose, plutôt que d'aller voter et d'aider les gens à obtenir des postes, et ensuite, ils ne font rien pour nous dans notre pays. Quand vous regardez autour de vous, beaucoup de gens sont au chômage, mais ils sont là, à courir pour la politique, sans arrêt, pour vous dire la vérité, je n'ai jamais voté, et je ne le ferai pas et je ne veux pas voter», explique Dineo Moketsie, résidente locale de Maseru.

Teboho Sekese, habitant de Maseru, abonde dans le même sens. «Notre économie est malade. Nous espérons donc que le nouveau gouvernement qui va arriver va s'assurer que notre économie s'améliore afin que beaucoup de jeunes sans emploi puissent trouver du travail, qu'ils soient capables de créer des emplois par eux-mêmes... tout ce qui peut apporter de l'espoir aux jeunes».

En 2017, seuls 47% des plus de 1,2 million d'électeurs s'étaient rendus aux urnes.

L'Assemblée compte 120 sièges dont 80 députés élus au scrutin majoritaire et 40 désignés à la proportionnelle. La Convention de tous les Basotho (ABC) et l'Alliance démocratique (DC) sont les principaux partis du pays.

Mais un nouveau venu sur la scène politique du pays pourrait créer la surprise :  la «Révolution pour la prospérité», de Sam Matekane, homme d'affaires distingué par le magazine Forbes et considéré comme la personnalité la plus riche du pays

Le Premier ministre sortant, Moeketsi Majoro, en poste seulement depuis 2020, ne brigue pas de mandat.

Il avait succédé à Thomas Thabane vainqueur en 2017 mais poussé à la démission, accusé d'avoir commandité le meurtre de sa première femme avec qui il était en procédure de divorce. Sa seconde femme a également été inculpée. Toutes les charges ont finalement été abandonnées en juillet.