OPEP... Biden... Et le Royaume d’Arabie Saoudite

* Ce qui est étrange, c'est que l'administration Biden - et avant elle l'administration Obama - s'attend à ce que les alliés agissent quand ils en ont besoin sur la base qu'ils sont des alliés, et elle s'attend à ce qu'ils mettent de côté leurs intérêts économiques, et répondent à leurs demandes, sans en tirer aucun prix en échange de leur sacrifice.

 

«OPEC +» a pris la décision, suite à sa réunion la semaine dernière, de réduire la production d'environ deux millions de barils, sans tenir compte de la requête des États-Unis d'Amérique, de maintenir un niveau de production élevé, dans le but de garder les prix au plus bas, avec toutes les répercussions qui en découlent.

L’Administration de Biden est entrée dans un interminable branle-bas, à l’annonce de cette décision. Avec un discours, aussi bien des membres du Congrès, des analystes, de la presse ou des membres de l'administration elle-même, superficiel. En-tout-cas, en adéquation avec le discours habituel de la Maison Blanche, à savoir les discours fallacieux du Président, ses balbutiements incompréhensibles, sans oublier sa manière de se contredire d’un jour au lendemain.

Vraisemblablement, ce comportement, constitue une des raisons principales, qui placerait le Parti républicain en position de faiblesse, lors des prochaines élections américaines de mi-mandat en novembre prochain.

À cet égard, on peut dire que la réaction de l'administration américaine de la décision d’«OPEC +» de réduire brutalement la production est surprenante. Le Royaume d'Arabie Saoudite avait exprimé à plusieurs reprises au fil des ans, à travers les déclarations de plusieurs de ses responsables, sa volonté de maintenir le prix du baril de pétrole autour de 100 dollars. Si ignorance de la part de l'administration de cette orientation saoudienne, les détendeurs du dossier de l’énergie, en assument pleinement la responsabilité. À l’inverse, si nous sommes devant une position assumée et un acte délibéré, qui cherchent à envenimer les relations avec le Royaume à des fins politiques, y compris pour justifier un rapprochement avec l'Iran comme source alternative de pétrole. Ce choix serait dangereux.

Dès son entrée à la Maison Blanche, le président Biden a pris des décisions de politique étrangère sans tenir compte de leur impact direct sur ses alliés. L'une de ces décisions, par exemple, extraire les Houthis de la liste des terroristes, et puis entamer des négociations avec le régime iranien afin de le persuader de rétablir l'accord nucléaire, sans circonscrire sa politique hostile envers ses voisins, notamment l'Arabie Saoudite. Cette négociation, avec laquelle les alliés de l'Amérique ne sont pas d'accord, se poursuit malgré la découverte par le FBI d'un complot iranien visant à assassiner d'anciens hauts responsables de l'administration Trump, comme l'ancien secrétaire d'État Pompeo ou l'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

Pour revenir aux décisions de l’«OPEC+». Du côté saoudien, le choix est purement économique. Le Royaume a entamé des projets gigantesques, qui nécessitent un financement conséquent. Tout résonnement logique chercherait à maintenir les prix au plus haut niveau, dans le but d’assurer la réalisation des projets en cours, selon le planning établi.

La question est la suite : Le Royaume d'Arabie Saoudite, peut-il en assumer à lui seul, les répercussions politiques sur le monde et sur l'administration Biden, qui fait face à une forte baisse de sa popularité, sachant que l'OPEC+, comprend les 13 pays membres de l'OPEC, et dix pays autres ?

Sans aucun doute. Reste que le président Biden avec ses politiques, porte la responsabilité de ces répercussions sur l'intérieur américain, à savoir la chute de sa popularité au plus bas, après deux ans de pouvoir.

Le président Biden, en adoptant des politiques respectueuses de l'environnement et sa décision de faire face au changement climatique, comme il l'avait promis dans sa campagne, a pris des décisions contre les intérêts des grandes compagnies pétrolières américaines, comme l'annulation du pipeline Keystone du Canada, puis la restriction de nombreux permis d'exploration. Situation qui a poussé à dire que les prix élevés du pétrole aux États-Unis, ne sont pas une conséquence de la guerre d'Ukraine, mais plutôt de la politique du président Biden.

Lorsque Biden a décidé de soustraire les Houthis, de la liste du terrorisme, et avant cela de cesser de fournir un soutien militaire à la coalition arabe, sans que personne ne peut comprendre les raisons de cette décision hâtive de cette administration, sauf la mettre dans la case du rapprochement avec l'Iran. Sans tenir compte de ses répercussions. En effet, après cette décision, les Houthis ont intensifié leurs attaques contre des civils, Maârib, et des cibles en Arabie Saoudite, ce qui a conduit à davantage de destructions et de morts, et a aidé l’Iran à renforcer sa position dans la région.

Le problème de cette administration - le même que celui de l'administration Obama - est qu'avoir fait passer les intérêts des ennemis et des adversaires, au détriment des intérêts des alliés, sur un fond idéologique, qui rend les États-Unis d'Amérique et leurs alliés responsables des problèmes de la région, du fait de leurs politiques. Pour ces raisons, l'administration Biden comprend, comme l'administration Obama l'a fait auparavant, l'approche des ennemis ou des opposants.

Ce qui est étrange, c'est que l'administration Biden - et avant elle l'administration Obama - s'attend à ce que les alliés agissent quand ils en ont besoin sur la base qu'ils sont des alliés, et elle s'attend à ce qu'ils mettent de côté leurs intérêts économiques, et répondent à leurs demandes, sans en tirer aucun prix en échange de leur sacrifice. Le contraire n'est jamais vrai.

Bien sûr, cela est devenu inacceptable pour les dirigeants de la région, qui estiment que l'administration Biden devrait traiter les alliés comme des alliés, contre vents et marées.