L’Afrique face à la pauvreté : L’Internet, «une planche de salut» ?

* Dans tout pays, qu’importe le niveau socioéconomique, existent ceux qui réussissent et ceux qui ne peuvent, ou parfois, ne veulent se hisser à un niveau supérieur.

* Dans les faubourgs de Kidal au Mali, et tout environnement semblable en Afrique, existent des familles, pour qui la misère est une fatalité : les moyens manquent…. La volonté de décoller aussi….

* «Eisenia fetida» qui peut garantir ces miracles, n’est nullement une «sainte » mais un ver de terre, ou une larve pour plus d’exactitude, qui en se multipliant, transforme les déchets organiques, en composte de la meilleure des qualités.

* Des milliers de familles, ont bien compris l’opportunité de passer à un stade productif, qui peut leur garantir un revenu assez respectable.

 

Presque partout, en Afrique, surtout dans les zones arides et déshéritées, la région du Sahel par exemple, existent des milliers de familles, pour qui, «se nourrir» constitue un combat quotidien, pas gagné d’avance.

La malnutrition, pour ne pas dire la famine, commence, en Somalie par exemple, à menacer l’existence de millions de personnes.

Cette image lugubre, certes, pas exagérée, cache bien une réalité, tout au moins paradoxal: Malgré la pauvreté, et notamment le besoin incessant de produits de première nécessité, tous les jeunes, ou du moins une majorité non-négligeable, si on veut se tenir à une évaluation pseudo-scientifique, tiennent à leurs téléphones portables, mais aussi à la disponibilité d’une connexion internet, plus qu’à du pain, et même à l’eau qui commence à se faire de plus en plus rare.

Comment ces jeunes exploitent internet, ou du moins comment cette connexion «magique» peut-elle les aider à améliorer un ordinaire, qui ne peut satisfaire personne ?

Assurément, l’image du net entre les mains des enfants, ou des moins jeunes, les adolescents, sans oublier les jeunes, n’est pas luisante : tout père dans ces régions, et même ailleurs, est habité par la peur que sa progéniture ne passe la durée de sa connexion entre les sites moralement prohibés, sans oublier les sites des jeux, ou même (le comble) les sites qui s’adonnent à une apologie, plus ou moins discrète du «terrorisme», surtout que ces régions. Le Sahel, ainsi que toutes les zones de la misère, constituent un bourbier très fertile, pour quiconque, ou toute organisation terroriste, en manque de recrutement.

Marchander et discuter les prix.

La sacro-sainte «Eisenia fetida»…

Les sociologues sont unanimes: la pauvreté n’est jamais une fatalité : Dans tout pays, qu’importe le niveau socioéconomique, existent ceux qui réussissent et ceux qui ne peuvent, ou parfois, ne veulent se hisser à un niveau supérieur.

D’un pays à un autre, les moyens changent, mais reste la résignation encore plus dangereuse. Elle est plus forte dans les pays pauvres qu’ailleurs.

Dans les faubourgs de Kidal au Mali, et tout environnement semblable en Afrique, existent des familles, pour qui la misère est une fatalitée: les moyens manquent... La volonté de décoller aussi…

Pour certains jeunes, et même moins jeunes, Internet, ou plutôt grâce à cette connexion magique, cette fatalité peut être vaincue. Avec très peu de moyens, et même sans moyens du tout.

Exemple : Améliorer une ration alimentaire, déjà pauvre, et garantir un apport en calories, respectable, constitue une réelle victoire, et vraie réussite. Sans oublier une amélioration nette de la qualité de la terre d’un petit jardin, qui jadis garantissait quelques légumes...

«Eisenia fetida» qui peut garantir ces miracles, n’est nullement une «sainte » mais un ver de terre, ou une larve pour plus d’exactitude, qui en se multipliant, transforme les déchets organiques, aussi bien verts (reste de légumes et autres plantes), que secs (feuilles mortes, branches sèches, et même du papier et du carton) en composte de la meilleure des qualités, tout en garantissant un apport en protéine à des poules locales, qui seront plus généreuses en œufs, surtout.

 

Le «ver de farine» garantit le pain de ses maîtres !

Les vers de la farine, qui se développent dans la farine ainsi que dans diverses denrées alimentaires riches en amidon. Les plus connues sont les larves du ténébrion meunier qui font l'objet d'élevage (entomoculture), pour l'alimentation des volailles, ainsi que les poissons d’élevage, ne nécessitent aucun financement. Quelques vieux seaux par ici, un coin dans la maison par-là, sans oublier quelques poignées de son avarié, qu’on jetait d’habitudes, sans oublier un peu de pain sec, et la boucle est bouclée, pour s’insérer dans une toile de production, qui commence certainement chez ce genre de familles, qui habite les faubourgs de Kidal au Mali, et finir devant les multinationales de l’agroalimentaire.

Les moindres détails comptent.Exposer sa marchandise.

Ce bizness, car il faut nommer les choses par leurs noms, a garanti à des centaines de milliers en Afrique, d’améliorer à la fois la qualité de leur alimentation, directement en garantissant plus d’œufs et d’une meilleure qualité, qu’un rendement de loin plus important de ce petit jardin de quelques mètres carrés dans la maison.

Des milliers de familles, ont bien compris l’opportunité de passer à un stade productif, qui peut leur garantir un revenu assez respectable. Quelques milliers sont devenus de vrais entrepreneurs, soit en passant à un stade réellement industriel, soit en devenant de vrais «comptoirs» qui achètent les productions des petits producteurs. Ils passent au séchage de ces larves, pour les broyer, et les réduire en farine… Une farine très riche en protéine animale, dont le prix ne cesse de monter. Un sachet de ce produit de 70 grammes, finit entre les mains du consommateur européen à 4 euros, à savoir le kilogramme à 57 euros… Une vraie fortune pour ces dizaines de milliers de familles, qui ont décidé de s’adonner à cette production, pour s’assurer un revenu supplémentaire.

Certes, ces 57 euros (pour un kilogramme) ne vont pas tous dans les poches de ces déshérités Africains. La logique du marché, a été toujours ainsi : La part dans le prix de vente, du producteur africain est généralement de 20%. À savoir 11,5 euros.

Une famille qui en produit cinq kilogrammes par mois peut en gagner une soixantaine d’euros, dans des pays ou le smig est habituellement inférieur à cette somme !

 

Les vers qui pondent de l’or !

L’histoire du jeune Badreddine Hajrsi, constitut déjà un scénario bien ficelé, qui n’attend que le clap d’un réalisateur qui veuille bien mettre en boite cette «success-story».

Ce jeune Algérien, qui vient de dépasser la quarantaine, a débuté dans l’élevage des oiseaux, canaris et semblables, mais fait faillite. La grande déprime, et le risque de sombrer dans une dépression chronique.

Heureusement, un ami lui offre une «insecte», et lui propose de l’élever. Le choc est multiple, à savoir comment passer des canaris aux insectes. Et surtout, à quoi peut servir, et surtout que peut rapporter l’élevage de cette «insecte», et des insectes, plus généralement ?

Il s’agit des «vers de la farine», qui sont plutôt les larves de plusieurs espèces d'insectes coléoptères de la famille des Tenebrionidae, qui se développent dans la farine ainsi que dans diverses denrées alimentaires riches en amidon. Les plus connues sont les larves du ténébrion meunier qui font l'objet d'élevage (entomoculture) pour les marchés des appâts de pêche et de l'alimentation animale, voire de l'alimentation humaine.

 

L’université de Maastricht (Pays-Bas) a publié une étude sur les bénéfices nutritionnels des vers de farine dans la revue scientifique The American Journal Of Clinical Nutrition. Résultats ? Les protéines issues de ces insectes posséderaient autant de bénéfices nutritionnels que les protéines du lait. Ces dernières sont souvent utilisées comme compléments alimentaires à destination des sportifs, car elles sont considérées comme hautement qualitatives. L’étude menée par l’université néerlandaise a montré que les protéines de scarabées Buffalo avaient la même action sur la digestion, l’absorption et la capacité à stimuler la croissance musculaire. Cette étude a également montré que ces protéines contiennent neuf acides aminés essentiels. En comparaison, les protéines végétales ont un profil d’acides aminés incomplet, avec notamment de faibles niveaux d’acides aminés essentiels.

Trois choses ont retenu l’attention de Badreddine qui s’est mis devant son ordinateur, à naviguer à travers les moteurs de recherche, en quête de toute information, concernant cet «insecte»:

 

  1. Cet insecte se reproduit à une vitesse assez rapide…. Commencer avec une dizaine de larves pour finir l’année avec plusieurs millions.
  2. Un coût initial d’exploitation assez réduit ou nul pour commencer…. Quelques veilles bassines, du son, du pain sec, et des rondelles de carottes ou concombre.
  3. Un rendement exceptionnel en protéine : Protéines (% ms) : 62,6. Lipides (% ms) : 24,9. Une matière dont le prix ne connaît que des hausses. Essentiellement, suite au constat plus qu’amère que l’exploitation plus qu’intensive des ressources maritimes, à travers une pêche qui vide les océans, ne fait qu’augmenter les prix. Aussi, plus d’un pays s’apprête à interdire les protéines d’origine maritime, ou du moins le taxi d’une manière excessive.

 

Tel un chercheur d’or dans l’Ouest américain, qui vient de découvrir la plus grande pépite d’or, Badreddine a décidé de s’investir totalement, afin de passer à un stade «industriel» de l’exploitation de cet «or».

Le coin improvisé dans un coin de la maison, ne peut plus suffire, ou plutôt, ne peut contenir ce rêve plus large que les possibilités disponibles. Un seul et unique défi : Être en haut du podium de la production de cette protéine, en Algérie. Aussi, rien n’empêche de viser le monde entier.

À défaut de disposer d’un espace aussi large que son rêve, Badredddine cherche inlassablement à augmenter le rendement : Augmenter la production, améliorer la qualité, et aussi réduire le coût.

Dans ce sens, il a pu, suite à des mois d’expérimentation, il a pu fixer la température idéale, mais aussi l’humidité adéquate.

 

De la «graine d’idée», à «l’arbre du réel» !

L’histoire de Badreddine est réellement une parmi des centaines de milliers d’autres en Afrique. Certes, l’image des jeunes dans ce contient est synonyme d’oisiveté, ou (plus dangereux) de migration clandestine.

L’important est que ces jeunes, peuvent constituer des «influenceurs», qui vont insister leurs semblables, et même les moins jeunes, qu’à la fois, rien n’est facile, mais tout est possible et pensable.