Une révolution éducative sans précédent en Égypte

Un enseignement alliant les diplômés au marché du travail
Les anciens programmes ne sont plus à jour

* Le nouveau cadre général pour le développement des programmes d'études en Égypte dépend du développement des compétences et des talents, de la mise en place de nouvelles orientations scientifiques, de la créativité, et de la capacité de penser de manière critique.

* Le processus de développement à l'époque de l'ancien ministre Tariq Shawky s'est heurté à de grands obstacles de la part des parents, qui ont considéré que cette approche n'était pas appropriée à l'âge de leurs enfants.

* Selon les experts, les plans d’enseignement doivent inclure les détails des possibilités d'emploi que le développement offre aux élèves à l'avenir. Les parents ne peuvent accepter aucune mesure de développement sans en comprendre les dimensions, les objectifs et l'importance pour leurs enfants.

Le Caire: Le gouvernement égyptien a adopté un plan sans précédent pour développer les programmes de l'enseignement préuniversitaire, à la fois généraux et techniques, afin d'améliorer la qualité, intégrer les compétences de niveaux supérieurs de réflexion, ainsi que la résolution de problèmes de l'entrepreneuriat, et l'innovation dans les programmes de l'enseignement.

Le gouvernement vise à passer de l'enseignement à l'apprentissage grâce à un système moderne qui suit les dernières normes internationales, et à garantir que les étudiants obtiennent de véritables résultats d'apprentissage, tout en tirant le meilleur parti de la technologie moderne, dans le but d’améliorer la qualité du processus éducatif.

Le nouveau cadre général pour le développement des programmes d'études en Égypte dépend du développement des compétences et des talents, de la mise en place de nouvelles orientations scientifiques, de la créativité, et de la capacité de penser de manière critique. Dans ce sens, ont été développés des programmes de la quatrième année de l'école primaire, et il est prévu de poursuivre le développement des programmes du reste des années du primaire en général.

École égypto-japonaise

Une formation continue

Le Dr Issam Hejazy, directeur du Centre de mesure et d'évaluation de l'éducation à l'École supérieure d'éducation de l'Université du Caire, considère que le ministère travaille à l'élaboration de programmes d'études allant du primaire au lycée selon un calendrier prédéterminé, visant à suivre le rythme des développements au niveau mondial dans le but de porter l’enseignement en Égypte à des niveaux avancés, dans les classifications internationales de l'éducation, et élever le niveau du diplômé pour pouvoir rivaliser au niveau mondial.

Malgré les grands efforts déployés dans ce domaine, l'accent est toujours mis sur l'aspect cognitif à ses niveaux bien connus (mémorisation, compréhension, application, analyse, synthèse et évaluation), qui ne sont pas liés à des résultats d'apprentissage émotionnels, des habiletés spécifiques, et des méthodes d'évaluation appropriées, n'ont pas été déterminées pour vérifier l'apprentissage des étudiants de ces aspects, qui ne sont bien sûr pas quantifiés par des tests de rendement, selon Hegazy.

Depuis des années, les experts en éducation exigent que les programmes ne soient pas uniquement éducatifs, ce qui signifie que les programmes cherchent à construire une personnalité intégrée pour l’étudiant, sur le plan cognitif, émotionnel, et de l’habilité, selon des résultats d'apprentissage spécifiques dans les trois aspects, ainsi que des activités et des outils d'évaluation appropriés.

Le processus de développement à l'époque de l'ancien ministre Tariq Shawky s'est heurté à de grands obstacles de la part des parents, qui ont considéré que cette approche n'était pas appropriée à l'âge de leurs enfants.

Hejazy a appelé les parents à s’impliquer dans le processus de développement, non pas dans le sens d'établir des plans de développement, mais être à l’écoute du ministère, qui leur explique en détail sa philosophie, ses objectifs, et l’importance de cette approche, aussi bien pour l'élève que la société, avec la participation des organismes religieux, culturels, sportifs, des institutions artistiques et médiatiques, et les universités.

Selon les experts, les plans d’enseignement doivent inclure les détails des possibilités d'emploi que le développement offre aux élèves à l'avenir. Les parents ne peuvent accepter aucune mesure de développement sans en comprendre les dimensions, les objectifs et l'importance pour leurs enfants, en plus du danger de l’adoption des systèmes traditionnels d'éducation pour la société.

Le gouvernement égyptien a adopté un plan sans précédent pour développer les programmes de l'enseignement préuniversitaire.

Un cadre saint

Hegazy a expliqué que les plans de développement de l'enseignement technique au stade actuel, évoluent dans le bon contexte, car un véritable lien a été établi entre l’enseignement, et le marché du travail à travers un véritable partenariat avec les hommes d'affaires, et la formation des étudiants dans des environnements réels et sur les équipements les plus récents. Action qui contribue à leur fournir les compétences réelles dont ils ont besoin après l'obtention du diplôme, en plus de l’adoption de nouvelles attitudes positives envers les professions qu'ils étudient. Et ceci, en plus, des chances plus élevées qu'auparavant, de bénéficier d’opportunités d'emploi dans leur domaine de spécialisation. Aussi, en plus de leur fournir des passerelles pour obtenir des diplômes scientifiques et professionnels supérieurs en augmentant le nombre de collèges technologiques que les diplômés de l'enseignement technique peuvent rejoindre pour compléter leurs études universitaires et au-delà.

Le gouvernement a conclu des partenariats avec des hommes d'affaires pour créer des écoles de technologie spécialisées dans les domaines de l'électricité, de l'électronique et de la joaillerie, dans le but d'offrir des opportunités de formation, spécialisées dans le domaine de la technologie qui qualifient les étudiants égyptiens et leur donnent les compétences et l'expérience nécessaires pour des emplois, liés au domaine de la technologie.

Ces écoles s'inspirent des expériences industrielles européennes, qui disposent de diplômés hautement qualifiés et surtout une très solide formation, permettant l’intégration du marché du travail, en disposant de tous les outils nécessaires.

Multiplicité des modèles

Hijazi considère qu’il n'y a pas toujours de meilleur modèle, car chaque système éducatif dispose de ses propres distinctions. De ce fait, le choix des points d'excellence doit s’opérer en conformité avec nos capacités et au stade de développement dans lequel nous vivons. Les avantages de certains systèmes éducatifs, qui ont traversé des stades avancés de développement ont été contraints pour faire partie des outils d’amélioration de notre système d’enseignement. Le ministère égyptien de l'Éducation a déjà lancé 48 écoles égypto-japonaises, réparties à travers 25 Départements, avec pas moins 11 milles étudiants.

Hegazy considère que l'expérience japonaise est éducative et culturelle, et doit être prise dans toutes ses dimensions, et que l'une des raisons les plus importantes de son affaiblissement en Égypte est l’abandon de l'aspect culturel et la concentration sur l'aspect éducatif uniquement.

Hijazi souligne qu'il existe une lacune importante dans la formation et le développement professionnel des enseignants, et qu'il est nécessaire de prêter attention au contenu des cours de formation qui leur sont proposés pour inclure des sujets différents et diversifiés, y compris les méthodes d'enseignement modernes et la présentation des enseignements nuancés, qui tiennent compte des différences individuelles entre les élèves, en plus des méthodes modernes de diagnostic et d'évaluation, et développement académique et culturel. Sans oublier de fournir aux enseignants des compétences modernes propres à notre époque, à savoir le développement des modes du savoir, ainsi que l’usage de la numérisation.

Naji El-Shihabi, expert en éducation et ancien directeur des écoles nationales, affirme que le secteur de l’enseignement en Égypte est en train de vivre une évolution, qu’il n’a pas connu depuis les années quatre-vingt-dix du siècle écoulé, qu'il s'agisse de l'école, des élèves ou des programmes d'études.

Il considère aussi, que la tentative de l'ancien ministre Tariq Shawqi, de développer l'enseignement à l'époque, n’a pas connu le succès, car l’examen se déroulait d’une manière classique, à savoir l’usage de documents qu’on présentait à l’étudiant. L’actuelle expérience, par contre, opte pour un examen classique mais aussi préconise un autre examen, électronique. Aussi, procéder à une évaluation des activités scolaires et à la consécration d’une journée aux activités sportives. Sans oublier l’allégement des manuels scolaires, de tous superflus, dans le but d’améliorer l’assimilation des étudiants.