Côte d’Ivoire - Ghana : À la rescousse des planteurs de cacao

La tension monte entre les multinationales et les deux plus grands producteurs mondiaux de cacao. La Côte d’Ivoire et le Ghana reprochent aux industriels de l’or brun de ne pas respecter le montant des primes destinées aux planteurs, contraints de suivre de nouvelles normes. Les deux pays ont fixé un ultimatum aux entreprises du secteur, qui ont jusqu’au 20 novembre pour verser cette subvention sous peine de mesures de rétorsion.

Le président du Conseil Café-Cacao (CCC), Yves Brahima Koné, est confiant. Depuis le lancement de l'ultimatum et le boycott de la réunion de Bruxelles réunissant les acteurs principaux de la filière fin octobre, les négociations sur le respect des engagements des multinationales envers les producteurs semblent aller dans le bon sens. «Nous avons senti qu’il y a un changement sur le marché. Il y a deux jours, nous avons eu une vidéoconférence avec les multinationales sur les questions qui nous concernent. Donc nous continuons de nous parler parce qu’on veut aller vers des solutions qui arrangent tout le monde. Je pense qu’ils ont compris qu’il y a un problème et qu’il y a nécessité de trouver une solution à ce problème», assure-t-il.

Le nœud de l’affaire reste le versement de la prime destinée aux planteurs. Instaurée en 2019 par le CCC, Côte d’Ivoire, et le Cocoa Board, Ghana, cette prime de 400 dollars par tonne de cacao, qu’on appelle aussi DRD (Différentiel de Revenu Décent), n’a jamais été payée par aucune multinationale, alors que le secteur s'y était engagé. Les géants de l’industrie du chocolat justifient ce refus par la baisse de la demande mondiale suite au Covid-19. Ils s’appuient également sur la non-application des critères de durabilité du cacao (déforestation, travail des enfants) par les pays producteurs pour ne pas payer la prime.