Gabon : Tensions autour des listes électorales

Au Gabon, les premières escarmouches ont commencé entre pouvoir et opposition dans la perspective des élections de 2023.

Le ministre de l’Intérieur a écrit aux gouverneurs du pays pour annoncer le lancement imminent du processus de révision des listes électorales. Un message qui a fait bondir l’opposition qui accuse le gouvernement de ne pas l’avoir consulté. «Le ministre de l’Intérieur lui-même avait pris l’engagement de ne rien démarrer avant d’avoir saisi les partis politiques pour que nous regardions ensemble ce qu’il ne fallait plus faire pour éviter les déboires d’hier», s’est indigné Théophile Makita Niembo, porte-parole de la plateforme PG41, qui regroupe 32 partis d’opposition.

L'opposition accuse le gouvernement de ne pas l’avoir consultée alors que depuis des mois, elle demande des discussions avec le pouvoir afin de réformer le système électoral. «Nous découvrons un matin que les choses ont démarré, ça ne doit pas se passer comme ça ! Ça cache quelque chose cette façon de faire. On craint pour l’avenir ! Nous avons été écartés de ce qui se prépare, notre devoir est d’appeler l’attention de la communauté internationale sur ce qui se fait maintenant parce que nous ne devons pas être complices de ce qui pourra arriver demain», ajoute M. Niembo.

De son côté, le gouvernement récuse ces accusations et estime que les autorités «appliquent la loi en vigueur» et qu’il n’y a «aucune perfidie». «Personne au Gabon ne veut revivre de scrutins qui fassent l’objet encore une fois de grosses contestations, dans la rue et en-dehors. Le gouvernement a regardé de quelle manière une discussion peut avoir lieu, mais en attendant l’éventualité de cette discussion, le gouvernement applique la loi. Donc, il n’y a pas de rejet, il y a simplement que l’opposition doit réunir elle-même les conditions d’une discussion apaisée avec le gouvernement et le pouvoir», ajoute le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze.