Les manifestations en Iran marquent un nouveau tournant

* La foule hurlait à Saqqez, la ville de Mahsa Amini, ainsi que dans tout le pays: «Nous nous battons et nous récupérons l’Iran», «Battons-nous», «Nous ne rentrerons pas chez nous jusqu’à ce que la révolution soit faite », et « Ce n’est plus une manifestation, c’est une révolution».

Les manifestations se poursuivent en Iran depuis un mois et demi et les manifestants s’affrontent avec les forces de sécurité lourdement armées.

Selon plusieurs observateurs, les grandes manifestations iraniennes ont connu un tournant le 26 octobre quand des manifestations contre le pouvoir ont eu lieu dans plusieurs villes malgré la répression sévère des jours précédents.

Au moins deux cent villes iraniennes dans 31 provinces ont connu des révolutions, des grèves et des manifestations d’étudiants. Ces manifestations ont créé une autre onde de chocdans le monde entier, et le courage des iraniens face à un régime cruel a laissé les observateurs dans un état d’angoisse.

Depuis son déclenchement, l’insurrection nationale a préservé sa tendance à la hausse malgré les tentatives des autorités de la réprimer.

Selon plusieurs experts, la persistance des manifestations en Iran, où un système sécuritaire a été mis en place pour faire taire toutes les voix dissidentes, montre que cette révolution est organisée et non pas «sans dirigeant». Les responsables ont appelé à détenir les commandants qui dirigent ces manifestations vers une demande nationale de changer le régime.

Un témoignage indiscutable

Avec la multiplication des manifestations opposant au régime dans tout le pays et leur répression brutale, les responsables du régime des mollahs et les imams de la prière du vendredi nommés par Khamenei ont lancé une vaste campagne contre l’Organisation des Moudjahidines du peuple iranien. Elle a été accompagnée par des accusations mensongères reconnaissant la planification des manifestations et le rôle de l’organisation à cet égard. L’objectif de cette campagne est de préparer le terrain pour plus de répression du peuple. La chaine de télévision IRIB TV3 a illustré dans son annonce le 21 septembre 2022 la prolifération de ces confessions : « Bien que les grèves soient limitées aujourd'hui et hier dans certaines régions du pays, certains rassemblements se sont formés à l'invitation de l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran ou de ces opposants. Leur apparition dès le début était des manifestations contre le décès de Mme Mahsa Amini ou la question de la patrouille d'orientation, mais ces affaires se sont rapidement transformées en chaos, en atteinte à l'ordre public, en destruction du trésor public de l'État, et encoups et insultes des citoyens...etc. C’est normal que le chef du groupe d'opposition ou l’Organisation des Moudjahidines du peuple iranien soutien ces rassemblements hier et aujourd'hui également, et il a publié également une déclaration. J’ai même lu sur Twitter qu’il a remercié les émeutiers et a même déterminé le temps de s’engager dans les manifestations. Il leur a même précisé ce qu’ils doivent faire et ils lui ont répondu. Les médias d'opposition ont fait de même, et nous avons vu quelques mouvements…»

Le commandement du soulèvement

Cependant, la société iranienne instable déborde des jeunes et des femmes qui peuvent diriger ce soulèvement. De plus, il y avait une résistance organisée contre le régime des mollahs et qui, d’après un réseau étendu et proactif de militants, publie régulièrement le message de la « résistance » dans tout l’Iran.

Les responsables du régime des Mollahs ont mis en garde dans leurs déclarations officielles ou leurs directives secrètes contre le groupe d’opposition en Iran, les Moudjahidines du peuple, et leur vaste réseau « des unités de résistance».

La résistance iranienne a révélé le 27 octobre une déclaration « strictement confidentielle » concernant Hossein Salami, le chef des gardes.

Cette question, ainsi que les déclarations persistantes des autorités contrel'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran, ont montré les préoccupations du système concernant les unités de résistance appartenant à l’Organisation.

Salami souligne que «Compte tenu de la tendance à l’augmentation des activités des unités de la résistance Moudjahidine du peuple contre les endroitssecrets» les gardes doivent lancer de «patrouilles de renseignement cohérentes, ciblées et planifiées, confidentielles et publiques, ainsi que tendre des embuscades pour assurer la sécurité et la protection de ces sites».

Mohammad Bagheri, le général de division et le chef d'état-major de l'armée iranienne, a exprimé le 10 octobre, la peur ultime du régime de l'Organisation des Moudjahidine du peuple, en s’ajoutant à la longue liste des responsables qui reconnaissent le rôle prépondérant de l'Organisation dans le dernier soulèvement.

Les quelques scènes de chaos dans certaines parties du pays, et l’attention de l’ennemi sur la minorité ethnique et religieuse, indiquent que l’ennemi a mené une guerre totale contre [le régime]. Dans cette guerre, le groupe maléfique des Moudjahidine du peuple et d’autres groupes terroristes agissent comme des pions pour l’ennemi, selon le site «Election» du gouvernement.

Les slogans populaires

Un autre facteur intéressant concernant le soulèvement actuel est l’évolution des slogans populaires. Les manifestations ont d’abord été déclenchées par la mort tragique de Mahsa Amini en détention policière et les slogans ont rapidement émergé rejetant l’ensemble du régime des mollahs au pouvoir.

Les manifestants ont rapidement scandé des slogans tels que «Mort au dictateur», «Je tuerai celui qui a tué ma sœur», «Cette année est l’année du sang, Khamenei va tomber», et «Mort à l’oppresseur qu’il soit le shah ou le guide». Dans sa deuxième semaine, le soulèvement national iranien et ses slogans ont mis en évidence un objectif : le renversement du régime des mollahs au pouvoir.

Mercredi marque le 40ème jour de la mort de Mahsa. Les gens à Saqqez, la ville natale de Mahsa, ainsi que dans tout l’Iran, ont scandé des slogans tels que «Nous nous battons et nous récupérons l’Iran», «Battons-nous», «Nous ne rentrerons pas chez nous jusqu’à ce que la révolution soit faite», et «Ce n’est plus une manifestation, c’est une révolution».

«Celui qui a la main paralysée (Khamenei) est l’assassin de Shah Cheragh», ont crié les citoyens après le crime de Shah Cheragh à Chiraz, en particulier dans les universités.

De nombreux observateurs et responsables ont déjà reconnu ces slogans comme étant une révolution en cours. Contrairement à ce que les défenseurs du régime tentent de promouvoir en Occident, les Iraniens ne protestent pas contre leurs injustices économiques, qui ont également été causées par la corruption et l’impuissance du régime.

Ils veulent de la liberté et de la démocratie

Les gens souffrent de nombreux problèmes économiques. Mohamed Nabwani, membre du Conseil iranien de la Shura, a déclaré le 27 septembre : «Mais nous avons constaté que les récentes émeutes ne sont pas liées aux questions économiques».

En fait, les Iraniens de tous les horizons risquent leur vie pour atteindre la liberté et la démocratie. Alors que les manifestations se poursuivaient, la façon dont les gens affrontaient les forces de sécurité a changé. Ils se sont affrontés sans peur avec les forces de sécurité.

Une vidéo de Téhéran, le 27 octobre, montrait un jeune non armé qui affrontait un agent entièrement armé et des gens incendiaient quotidiennement des symboles et des signes du système. De plus, Les étudiants universitaires continuent sans relâche leurs démonstrations et leurs contacts et sont rejoints par des lycéens.

Ils sont déterminés à payer le prix de la liberté. Ainsi, la communauté internationale - en particulier les États de la région - doit reconnaître la demande de changement de régime du peuple iranien et son droit à l’autodéfense.

C’est la seule façon de rompre le cercle de violence du régime. Puisque les actions sont plus importantes que les mots, les déclarations des démocraties occidentales condamnant la violence du régime sont importantes mais pas suffisantes.