Les Africains en Coupe du monde 2022

Une réussite marocaine qui a haussé la barre !
Une image qu’on a souvent vue.

Jamais une participation africaine en Coupe du monde, n’a été aussi percutante, tant les sélections du continent noir, oscillaient entre «bonne prestation», et (pourquoi pas) une «surprise»… Mais jamais une «rage de vaincre» pour aller très loin…

Certes, la Tunisie a été la première sélection à concrétiser une victoire en Coupe du monde ; contre le Mexique (Argentine 1972), l’Algérie a convaincu et surtout vaincu l’Allemagne (Espagne 1982), et autres prouesses, mais reste une impression, qu’une telle ou telle sélection africaine, est en Coupe du monde, pour créer «une surprise» pas plus.

En 2022, le Maroc, a réellement créé cette «surprise», mais s’est imposé en équipe «ayant droit» et non celle qui vient «déranger» pour se faire classer, et ne pas dépasser le premier tour.

Il faut noter que «Les Lions de l’Atlas» n’ont pas été gâtés par le tirage au sort de la Coupe du monde, qui a eu lieu le vendredi 1er avril 2022 au Centre des expositions à Doha.

Le groupe F les a mis avec le Canada, la Belgique et la Croatie.

Les différents sélectionneurs réagissent à ce tirage au sort. Selon le sélectionneur des Canadiens John Herdman : «Ce groupe est génial. On voulait ce genre de matchs. Quand on se présente à la Coupe du monde, il n’y a pas de match facile», pour ajouter : «On ne sera pas naïfs, mais on n'aura pas peur». Pour le sélectionneur de la Belgique, Roberto Martínez, c’est «un tirage difficile, mais ce sont des matchs fantastiques à attendre». Le sélectionneur croate Zlatko Dalić : «Ce n’est pas un groupe simple pour nous. Nous connaissons notre objectif, sortir du groupe et battre la Belgique. Mais nous devons faire attention au Canada et au Maroc». Pour le sélectionneur du Maroc Vahid Halilhodžić : «C’est un tirage très difficile avec les vice-champions du monde, la meilleure équipe d’Amérique du Nord et une grosse équipe comme la Belgique».

Autre bémol et de taille : Le 31 août 2022, Walid Regragui est présenté en tant que sélectionneur de l'équipe du Maroc par Fouzi Lekjaa lors d'une conférence de presse au Complexe Mohammed VI. Il prend ainsi les rênes de la sélection en succédant à Vahid Halilhodžić à moins de trois mois de la Coupe du monde de football.

Un bon choix, ou un acte suicidaire : Changer de sélectionneur à moins de trois mois de la Coupe du monde.

Encore plus : Remplacer le grand et fameux Vahid Halilhodžić, par Walid Regragui un jeune entraîneur «autochtone», sans aucune expérience avec une sélection.

 

Quel espoir dans un désespoir ?

Un suicide, a déclaré plus d’un observateur marocain, et même étranger.

Une vraie et réelle «Mission Impossible», de pouvoir «sauver l’honneur» avec le «rêve» de créer une «petite surprise» pas plus. Rares ceux qui ont porté une totale confiance en cette équipe.

Unique mission : Sauver la face pas plus….

Le premier match face à la Croatie a montré une équipe solide, un jeu fluide, et surtout des joueurs qui s’activent sans aucun complexe, devant une équipe qui a joué la finale, et la perdre devant la France, en Russie, en 2018…

Le nul de l’avis des observateurs a sauvé les Belges, plus que les Marocains.

En second match, les Lions de l’Atlas, ont confronté la Belgique, sur la pelouse du stade Al Thumama au Qatar, comme si elle jouait à Casablanca ou Ribat, ce dimanche 27 novembre. Les «Diables Rouges» n’ont pas pu résister aux assauts des joueurs Marocains. Deux buts ont concrétisé une victoire bien méritée…

Pour le troisième match contre le Canada, Walid Regragui a pris la décision d'aligner son équipe type. Seul Selim Amallah, gêné au genou laissait sa place à Abdelhamid Sabiri. Pour le reste, du classique avec le trio Sofiane Boufal, Youssef En Nesyri et Hakim Ziyech devant. Du côté du Canada, l'équipe étant déjà éliminée, John Herdman décidait de faire tourner un peu, mais laissait tout de même sa star Alphonso Davies sur le terrain.

L’équipe marocaine par contre n’avait besoin que d’un nul, au moins pour d'assurer une qualification pour les 8es de finale de la Coupe du monde. Une première depuis 1986. Pour cette finale avant l'heure,

Le Cameroun : Un passage à vide.

Une hirondelle qui annonce tout un printemps…

«On pense que c’est une tendance qui va se généraliser», selon l’avis de l’entraîneur-adjoint du Sénégal Régis Bogaert, avant d’ajouter : «En 2018 on avait entendu tous les griefs parce qu’il n’y avait pas d’équipe africaine en huitièmes de finale, là il y en a deux et il aurait pu y en avoir plus. Tout le monde jusqu’au dernier moment a joué pour se qualifier. Il y a une vraie évolution. […] Les équipes africaines ont selon moi développé une vraie identité africaine. Je reste convaincu et persuadé que d’ici peu de temps, les équipes africaines auront un rôle vraiment important à jouer sur la scène mondiale».

Le football africain, a-t-il quitté sa zone de turbulence, où il a toujours joué pour exister et non pas pour s’approprier une place parmi les grands ?

L’équipe marocaine, a répondu pleinement à cette question. Passer au second tour première de son groupe, avec deux victoires et un nul.

Mieux encore, l’équipe que dirige ce jeune et combien talentueux Walid Regragui, s’est convertie en vrai et réel «rouleau compresseur» et de taille, car éliminer l’Espagne et ensuite le Portugal, ne peut être le fruit d’un quelconque hasard, ou de buts marqués à contrejeu.

Les passes courtes, et la manière de monter les attaques, ont dévoilé aux spectateurs du monde entier, une équipe qui joue sans aucun complexe contre les grands et surtout les bat.

Même l’élimination contre la France, elle n’a pas été très facile pour les Bleus. A plus d’une reprise, les attaquants Marocains ont menacé le camp adverse.

Les trois autres équipes (la Tunisie, le Cameroun, le Ghana et le Sénégal) sans présenter un jeu constant à l’image des Lions de l’Atlas, ont pu offrir par moments, un jeu assez respectable.

La Tunisie, avec un match nul devant le Danemark, s'est inclinée ensuite devant l’Australie, pour battre enfin la France.

Cette équipe, a oscillé entre des moments de jeu digne d’une équipe de haut niveau, pour tomber ensuite dans un flottement assez difficile à comprendre. Une sortie du premier tour, qui aurait pu être évitée, si la Sélection tunisienne avait fait un nul devant une équipe australienne, vraiment moins forte que le Danemark ou surtout la France.

Une question de concentration et aussi d’assimilation, qu’on rencontre généralement chez les équipes du continent noir. À savoir, un instinct de jouer pour soi, et montrer ses prouesses pour se distinguer au niveau personnel, mieux qu’adhérer à une tactique de jeu, dans laquelle s’efface cette vision personnelle.

Le Sénégal, malgré un grand nombre de joueurs blessés, s’est incliné devant le Pays-Bas, pour l’emporter devant le Qatar et l’Équateur. Une seconde place qui lui a accordé l’accès au tour suivant, sans pour autant convaincre par son jeu, et se faire éliminer par l’équipe anglaise trois buts à zéro.

La Ghana forte d’une «armée» de Stars, avait tout pour aller loin, en tout cas mieux d’une quatrième et dernière place de son groupe. Sauf ce jeu individuel poussé à l’extrême. Comme si l’équipe n’avait jamais disposé d’un entraîneur, ou ses joueurs ne pensaient, ou plutôt ne voulaient nullement jouer ensemble…

Le Maroc hausse la barre…

La prouesse marocaine, a déjà poussé la barre très haut. Toutes les équipes africaines essayeront d’égaler cet exploit. Mais le plus important : Les supporters n’accepteront jamais ce «jeu pour marquer la présence».