Ouganda.. Dans la lutte contre Ebola, des essais de vaccins prometteurs

Il aura fallu moins de quatre mois pour contenir l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE) qui avait éclaté en Ouganda le 20 septembre 2022. Déclarée officiellement terminée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 11 janvier au bout de quarante-deux jours sans aucun nouveau cas déclaré, cette flambée épidémique rejoint la liste de la quarantaine d’épidémies ayant affecté le continent africain depuis 1976.

Avec 142 cas confirmés (et une vingtaine de cas probables) et 55 morts déclarés, le taux de létalité de 39 à 47 % figure parmi les moins importants des dernières années – sans prendre en compte les personnes sans ou avec très peu de symptômes qui, selon les études, peuvent représenter 10 à 12 % des personnes contaminées par le virus.

Une victoire certaine pour les autorités sanitaires ougandaises qui laisse toutefois un goût d’inachevé pour la recherche, puisque la fin de l’épidémie marque le coup d’arrêt d’un essai clinique d’envergure incluant trois vaccins ciblés contre la souche dite « Soudan » de la MVE. L’OMS avait en effet accompli un tour de force en permettant d’élaborer, soumettre et valider un protocole de test ainsi que l’envoi de plus de 5 000 doses de trois types de vaccins différents en Ouganda… Le tout en seulement soixante-dix-neuf jours. Une mobilisation inédite des autorités sanitaires mondiales et des acteurs de terrain en Ouganda. « Comme l’épidémie a été vite jugulée, nous allons avoir des informations sur la tolérance du vaccin et sur la durée de vie des anticorps, qui sont des éléments importants en matière de stratégie vaccinale, mais les résultats ne permettront pas de dire si les vaccins sont efficaces face à la maladie », explique Eric Delaporte, professeur spécialisé en maladies infectieuses de l’université de Montpellier.

(Le Monde)