Un vent de fraîcheur

L’enthousiasme de la jeunesse marocaine fait vraiment plaisir à voir. Sa mobilisation lors des différents festivals n’est pas que festive. Elle dégage aussi, et peut-être surtout, un attachement au vivre ensemble, au Maroc dans la fraîcheur qui caractérise les jeunes. L’engouement pour l’équipe nationale de football relève du même phénomène. Les Marocains vivant à l’étranger y participent largement.
Dans le cas du sport-roi, ils le font doublement, sur le terrain et dans les gradins. La majorité des joueurs sont issus des centres de formation européens et des centaines de nos concitoyens émigrés ont fait le voyage en Egypte pour encourager l’équipe nationale.
Cet apport de la jeunesse, des Marocains résidant à l’étranger en général, est fort appréciable et pourrait l’être encore plus. La perception strictement financière de cet apport, les transferts étant un réel levier économique, est trop restrictive. Ils apportent aussi de la modernité et les acquis de leur expérience à l’étranger.
En politique ils n’ont pas droit au chapitre. Ils ne sont plus représentés au parlement depuis un quart de siècle après une courte expérience jugée non concluante pour diverses raisons.
Aujourd’hui, de grandes capitales européennes sont dirigées par des Marocains, qui sont aussi présents dans les exécutifs. Rares sont nos partis qui ont des sections à l’étranger et ces sections sont concentrées en France et héritées du temps où l’Union nationale Le conseil des étudiants marocains (UNEM) entretenait des liens avec la diaspora dans son ensemble. des MRE doit Les partis trouveraient dans ce réservoir une vraie source de vitalité. Vivant dans des démocraties matures, dans un environnement où le débat public est riche et structurant, ils peuvent insuffler à nos structures partisanes, une autre manière de faire la politique.
On pourrait aussi par leur biais assister à la création de liens avec des partis dans les pays d’accueil partageant les mêmes valeurs, ce qui faciliterait la diplomatie parallèle en faveur des causes nationales. Une telle projection dans l’avenir est
possible, parce que cette jeunesse très attachée au pays, démontre sur le net qu’elle suit de manière assidue l’actualité politique. Elle
est d’ailleurs souvent critique sur le fonctionnement des partis.
Pour ouvrir la voie vers ce projet il faut rétablir la représentation des MRE au sein du Parlement. Le conseil des MRE doit plaider en
ce sens.
Pour l’instant, savourons ces moments où à l’occasion d’événements culturels, comme Mawazine, ou sportifs, la symbiose de la jeunesse, dans toutes ses composantes autour du drapeau, avec une ferveur inégalée, nous apportent un grand bonheur.