Quelle Afrique sur l’échiquier de la BM et du FMI ?

Malgré quelques réussites économiques et des acquis, ici et là, sur le plan des libertés et des Droit de l’Homme, l’Afrique tarde, et même régresse parfois, à convertir ces acquis en «biens partagés» par toute la population.
Pour ces raisons, sur la carte de la pauvreté dans ses différentes valeurs, l’Afrique, est malheureusement en «bonne position». Pires encore, ce problème risque de s'accentuer à mesure que la population va s'accroître au cours des prochaines décennies.
Situation qui pousse les observateurs économiques à se poser des questions concernant les rôles joués par les «intervenants étrangers», essentiellement le Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), pour combattre, essentiellement la pauvreté, et surtout offrir des alternatives réelles à tout un continent. 
Les défis sont multiples en Afrique, et personne ne peut dresser avec exactitude et d’une manière tranchante le secteur à promouvoir en premier. Certes, l’investissement fait défaut presque toujours, mais au regard du passé, on doit se demander quant aux rendements des investissements passés ???
Aujourd'hui, les institutions de Bretton Woods sont confrontées simultanément au besoin d'investissements massifs dans les infrastructures de ces pays, de créations d'emplois pour faire face à l'explosion démographique ainsi qu'à la menace que fait peser le changement climatique dans une région incapable d'en supporter les coûts.
Selon David Malpass, président de la Banque mondiale : «En Afrique, les problèmes sont particulièrement visibles».
L’extrême pauvreté, définie par les personnes vivant avec tout au plus 1,90 dollar par jour, a selon les dernières données de l'institution, nettement diminué à l'échelle planétaire tombant à 10% en 2015 contre environ 30% en 1990. Contrairement à l’Afrique sub-saharienne, où ce taux continue d'augmenter. A savoir que cette région comptait déjà il y a quatre ans, plus de la moitié des gens extrêmement pauvres.

Pires encore, les projections montrent que d'ici 2030, près de 9 personnes sur 10, vivant dans l'extrême pauvreté seraient originaires de cette région du monde, alors que la population du continent va s'accroître dans le même temps de 1,3 milliard, soit plus de la moitié de la croissance de la population mondiale.
Pour 2019, le FMI table sur une croissance de 3,5% du PIB pour cette partie du monde, contre 3% en 2018. Mais l'expansion enregistrée en moyenne ces dernières années reste insuffisante pour créer les 20 millions d'emplois qui seraient nécessaires chaque année pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail, a averti le Fonds en avril.
La population africaine en âge de travailler devrait passer de 705 millions de personnes en 2018 à près d'un milliard d'ici 2030, selon la Banque africaine de développement (BAD).
Dès son arrivée en avril, David Malpass a souligné l'urgence de s'attaquer à la pauvreté. Et c'est symboliquement à Madagascar, en Ethiopie et au Mozambique qu'il s'était alors rendu.
Il y a toujours 700 millions de personnes vivant dans l'extrême pauvreté : «700 millions de trop», a-t-il déploré.
L'ancien sous-secrétaire au Trésor américain, qui a ouvertement critiqué la Banque mondiale alors qu'il œuvrait encore sous l'administration Trump, s'est donné pour objectif d'améliorer l'efficacité de l'institution.
Pour les pays africains accusant une lourde dette héritée des erreurs du passé, il entend encourager «les bonnes politiques», «un élément clé» pour attirer les investissements privés.
Pour Masood Ahmed, qui a longtemps travaillé au FMI et à la Banque mondiale, le développement de l'Afrique est d'autant plus difficile que le continent est fragilisé par le changement climatique.
David Malpass prône une approche ciblée pays par pays pour mieux répondre aux problématiques spécifiques de chaque économie. Il recommande en particulier d'éliminer les monopoles d'Etat et la mise en place d'un solide cadre juridique permettant le lancement d'entreprises et l'acquisition des compétences nécessaires pour occuper les emplois créés.