Boko Haram : Triste anniversaire

Triste anniversaire que vit le Nigéria, avec son lot de larmes et de désolation. Une date qui ne peut omettre des milliers de victimes, et dix fois plus de blessés, et encore plus de déplacés et de déracinés. Certes, le mal est fait, dans ce pays, surtout le nord, mais la contagion a depuis, gagné toute l’Afrique de l’Ouest presque, et surtout les pays riverains du lac du Tchad.
Regarder le passé, fait très mal, mais jeter un coup d’œil fait encore plus mal, surtout avec cette forme de lassitude qui commence à s’installer, surtout que Boko Haram, organisation à la fois criminelle et terroriste, a pu s’engouffrer dans les brèches résultants, de crises ancestrales entre les population. Surtout une crise économique aggravée par un réchauffement climatique, qui n’est malheureusement qu’à ses débuts.
Concernant Boko Haram, et les groupuscules similaires dans la région : Autant une armée forte et une police bien équipée, constituent le moyen efficace pour enrayer ce fléau, autant la crise touche toute la structure tribale, sociale et même économique et culturelle.
Se contenter uniquement de combattre le terrorisme par les armes, revient à vivre une guerre d’usure, qui ne s’occupe que des «fruits» sans oser s’attaquer aux «racines» du mal.
Aussi, défendre les populations, et surtout éviter le dépeuplement de régions entières, nécessite une armée forte, et surtout bien disciplinée. Sans oublier une concertation, et une coordination avec les pays concernés, car le terrorisme est le dernier à penser à l’existence des frontières.
Rappel des faits : Fin juillet 2009, les tensions entre cette secte radicale et les autorités nigérianes dans le nord-est atteignent un point de non retour, lorsque Boko Haram lance une série d'attaques lourdement réprimées par l'armée. L'épicentre des violences, se situe dans Maiduguri capitale de l'Etat du Borno, est le domicile du fondateur de Boko Haram, Mohamed Yusuf.
Combats intenses de quelques jours, qui finissent par la mort de Yusuf et des centaines de membres du groupe islamiste sont tués : C'est le début d'un conflit qui va dévaster la région du lac Tchad.
Dix années après, les ruines sont toujours présentes, en témoignage de la barbarie du terrorisme, mais surtout de l’incapacité de l’Etat à reconstruire et bâtir de nouveau. Impuissance, qui joue le jeu des terroristes, tant la capacité de nuire, dépasse les capacités de rebâtir. 
Là où se dressaient la mosquée et la maison du prédicateur qui enflammait les foules, il ne reste qu'un tas de ruines - tel un monument anonyme, témoin des 10 années de souffrances endurées par les habitants du Borno. «Boko Haram  agissait au nom de la religion mais ils avaient un agenda caché», selon un habitant sur place.
En une décennie, le mal englobe déjà les pays voisins aussi, faisant évoluer Boko Haram, d’une logique nigériane interne, vers un mal régional, tant il touche les pays voisins, à savoir le Niger, Tchad, Cameroun. Plus de 27.000 personnes ont été tuées et près de deux millions ont dû fuir leur foyer. Sachant que la majorité écrasante des victimes est constituée de civils, tant le groupe s'en prenant massivement à eux…
Des zones peuplées, où vivaient des centaines de milliers, se sont transformées en des «no man's land». Boko Haram est devenu synonyme du terrorisme depuis surtout l’enlèvement de centaines de jeunes écolières - comme les 276 lycéennes de Chibok en 2014.
Certes, l’armée nigériane a enregistré des victoires, tant elle a pu dégager les grandes villes. Le groupe initial s'est scindé en factions. Mais sa nouvelle branche affiliée au groupe Etat islamique (EI) n'a cessé de monter en puissance ces dernières années.