Mozambique : Ebola en défi supplémentaire

Telle une goutte d’huile sur un buvard, Ebola continue à couvrir une surface de plus en plus grande, touchant même des zones, où ce virus n’a jamais frappé ?
Le Mozambique est l’un des pays où le virus commence à faire son apparition. Chose qui a conduit le gouvernement, selon un haut responsable du ministère de la Santé, à mettre en place samedi des points de dépistage le long de sa frontière avec le Malawi pour prévenir la propagation de l'épidémie d'Ebola apparue en République Démocratique du Congo.
Dans le même sens, un responsable du ministère de la Santé, a rapporté que les postes de contrôle ont été déployés dans les districts de Milange et Morrumbala (province de Zambézie) et devraient s'étendre aux autres provinces du Mozambique qui partagent une frontière avec le Malawi.
Le directeur provincial des services de santé Hidayate Kassim a déclaré aux journalistes : «La mise en place de checkpoints pour dépister Ebola, obéit à une directive du ministère de la Santé et de l'OMS pour prévenir la propagation de la maladie à d'autres pays», avant d’ajouter que «les postes de contrôle ont pour but de surveiller toutes les personnes qui entrent au Mozambique avec la fièvre ou après avoir été en contact avec quelqu'un passé par la RDC». Et conclure que «ce contrôle va nous permettre de déterminer quel risque encourt notre province».
Il faut rappeler que l'épidémie de fièvre hémorragique, se transmet par contacts humains directs et étroits et dont le taux de létalité est très élevé a fait plus de 1.800 morts, a touché plus de 2.700 personnes dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis le 1er août 2018.

Il est vrai que le Mozambique n'a pas encore signalé des cas d'Ebola. Reste que les pays voisins de la RDC sont déjà en état d'alerte. Même si le Mozambique, et le Malawi n'ont pas de frontière directe avec la République démocratique du Congo. Reste que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a élevé en juillet l'épidémie au rang d'urgence sanitaire mondiale.
Ce dépistage est pour les autorités une mesure de contrôle visant à prévoir, prévenir, détecter et traiter tout cas d'Ebola qui pourrait se déclarer dans le pays.
L'épidémie la plus meurtrière à ce jour s'est déclarée en Afrique de l'Ouest en décembre 2013, et a duré plus de deux ans faisant plus de 11.300 morts sur 29.000 cas recensés.
L'épidémie qui frappe l'est de la RDC (essentiellement les provinces du nord-Kivu et d'Ituri) depuis août 2018 a fait 1.823 morts, selon les derniers chiffres du ministère de la Santé de la RDC. Elle est la plus grave depuis l'épidémie ayant touché l'Afrique de l'Ouest entre fin 2013 et 2016.
Ce suivi par l’OMS et les pays concernés, de la propagation de l’épidémie, ne doit en aucun faire oublier l’attention qui doit être portée au foyer. Une action de réduction ou du moins de limitation du foyer est toujours en application, sept proches d’un décédé mercredi d'Ebola à Goma qui s'étaient rendus dans la province voisine du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), ont été ramenés dans cette ville et placés «sous surveillance», selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Aussi, à Birava, dans la province du Sud-Kivu (est), une femme proche d'un malade et ses six enfants venus de Goma, avaient été mis en quarantaine avec d'autres personnes de leur famille. Tous ont ensuite été vaccinés contre Ebola.
Le Dr Boubacar Diallo, coordonnateur en charge de la surveillance d'Ebola pour l'OMS, dans une déclaration a annoncé que «tous ont été vaccinés et ramenés à Goma. Nous les avons logés dans un hôtel hier soir (jeudi) et aujourd'hui (vendredi) nous les avons installés dans un appartement pour les garder sous surveillance».