Une constellation de stars illumine le ciel de Hammamet

Zied Rahbani, Saber Rebaï et Marwan Khoury

Zied Rahbani,filsaîné de l'iconique Fairouz et d’Assi Rahbani, a interprété, le 02 aout dernierau théâtre de plein air de Hammamet, « Chou Hal Ayyam » un cocktail détonnant des morceaux qui ont fait sa célébrité et sa particularité depuis des années. 
*Saber Rebai, qui revient au Festival International de Hammamet après cinq ans d'absence, a exprimé à  «Majalla » sa joie de se produire de nouveau devant son public tunisien, soulignant que le théâtre de Hammamet a un charme particulier qui enivre tout artiste qui monte sur sa scène.
*Dès la montée sur scène de Marwan Khoury, une véritable émotion s'est emparée du public qui a ovationné l’artiste et commencé à l'accompagner dans l'interprétation des plus fameux de ses singles qui caracolent en haut des hit-parades de la chanson arabe. 

Tunis :La 55 ème édition du Festival international de Hammamet brille de mille feux. En effet, une constellation de stars a meublé ses dernières soirées, volant ainsi la vedette à plusieurs autres évènements culturels en Tunisie. Et pour cause la qualité des artistes qui s’y produisent attire de plus en plus de fans. La « Majalla » a assisté aux trois derniers concerts. 


 
Zied Rahbani, le magicien
Devant des fans adeptes de cette école artistique basée sur la parole profonde, le renouvellement musical et la voix mélodieuse, Zied Rahbani,filsaîné de l'iconique Fairouz et d’Assi Rahbani, a interprété, le 02 aout dernierau théâtre de plein air de Hammamet, « Chou Hal Ayyam » un cocktail détonnant des morceaux qui ont fait sa célébrité et sa particularité depuis des années.
 
C'est avec une immense joie que cette grande figure de la scène musicale arabe, formé aux rigueurs de la dynastie des frères Rahbani,et qui se produisait pour la première fois en Tunisie, a retrouvé ses fans tunisiens dansle concert donné dans le cadre de la programmation de la 55 ème édition du Festival international de Hammamet,et dans lequel il a gratifié l’assistance d’une revue de ses plus belles compositions qui ont jalonné le parcours de l’artiste.
C’était une soirée où l’on retrouve sa marque de fabrique : vigueur de la critique sociale alliée à un humour dévastateur.   Comme à l'accoutumée, la prestation de Zied Rahbani a fonctionné comme une belle toile agrémentée de la profondeur du verbe et de la mélodie. 
Dès l’entame du concert, accompagné d'un orchestre multinational avec des musiciens en provenance de l'Égypte, de la Syrie, de l'Arménie et des Pays-Bas, l’artiste a présenté une collection de ses plus belles créations musicales, mettant du coup un public debout, sous le charme de la veine artistique de ce chanteur libanais considéré comme l'un des rares artistes de la scène arabe dont les choix musicaux engagés font l'unanimité tant au sein des élites que des couches populaires. 
La force musicale imprimée par des accompagnateurs chevronnés qui combinent parfaitement bien instruments traditionnels et modernes, expressions rythmiques classiques et contemporaines, a ponctué la suite du concert.
 
Outre son charisme naturel marqué par une nervosité permanente et une effervescence spirituelle et poétique, la particularité de Zied Rahbani est d'avoir réussi, hier, à trouver la bonne combinaison entre le classique et l'échelle pentatonique de la musique arabe, refusant de s'inscrire dans la nouvelle vague de show-biz qui fait fi de toutes les valeurs musicales et culturelles.
L'artiste égyptien Hazem Shaheen, qui accompagnait Ziad Rahbani, rappelle à son retour Sayed Darwish et Sheikh Imam et a participé à l'interprétation de chansons qui attendaient le public et résonnaient avec tout le plaisir et l'extase.
Avec un art consommé alliant les plaisirs de la reconnaissance et les joies de la découverte, Ziad Rahbani avait préparé un programme de plusieurs titres ; « Chou Hal Ayyam », « Al Charq Al Awssat », « Houdou Nessbi », « Amrek Ya Sidna », « Talfen Ayyech », « Ana mouch kafer » et bien d’autres chansons qui ont fait le bonheur du public.
Entre les figures convoquées (Riadh Sakr, son compagnon de route) et celle omniprésente de sa mère Faïrouz, Ziad Rahbani tissait des liens qui, sans lui, seraient restés insoupçonnables ; le monde prenait soudain une échelle plus humaine, les distances s’effaçaient et le temps devenait malléable. On était loin des concerts galvaudés, des effusions de nostalgie et des phénomènes de mode. Sérieux et taciturne, tantôt au piano, tantôt aux claviers électroniques, Ziad Rahbani était tout à sa musique et les spectateurs, nombreux, lui en étaient gré.
Une fois de plus, l'artiste et légende Ziad Rahbani a souligné qu'il s'agissait d'une exception dans le monde de la musique et du plaisir, et a convaincu un public désireux de goûter à la bonne musique.
Saber Rebaï, en maître du Tarab
Plein comme un œuf, le théâtre international de Hammamet a été pris d’assaut, deux heures avant le concert, par les fans du chanteur tunisien et prince du Tarab, Saber Rebai.
Saber Rebai, qui revient au Festival International de Hammamet après cinq ans d'absence, a exprimé à  «Majalla » sa joie de se produire de nouveau devant son public tunisien, soulignant que le théâtre de Hammamet a un charme particulier qui enivre tout artiste qui monte sur sa scène. En effet, la magie des lieux a vite opéré amenant l’artiste à s’adonner à quelques pas de danses élégantes et à interagir avec les musiciens de son groupe et le public.
Star tunisienne à dimension arabe et même internationale, Saber Rebai, depuis ses débuts, était un label de qualité et de sérieux. Il a su avec sa sensibilité, son labeur et ses choix artistiques  rendre le public arabe complètement acquis. 
De ce fait, Saber, a gratifié son public, par un concert inédit. L’interprétation des chansons telles que "Tamnit", "Dalloulah", "Al bint Al Arabaia », "Ajmal Nisaa El alem" et « Athadda El alem ", a envouté le public par le cheminement sinueux des harmonies, les éclats rythmiques ou les syncopes qui ponctuellement surgissent du luth, du piano ou de la contrebasse. Il a fait chavirer un public frappé par la fraîcheur d’un répertoire où tout paraît se dérouler dans une liberté renouvelée. Saber a en effet fait dérouler les modes musicaux de la Tunisie sur des harmoniques du Tarab arabe.
Le concert fut une mélancolie méditative composée à partir de lignes ondoyantes, du silence bruissant de volupté et de poésie secrète. Les chansons de Saber, infiniment nuancées, toujours très sages, où la douceur des mélodies, l’empire exercé par les instrumentistes, et la sensuelle beauté du timbre jailli du luth, cachent un monde d’emportements, de libertés conquises, et d’abandon aux forces de l’instant.
Ses chansons issues de son répertoire s’épousent avec celles de Hédi Jouini et Ali Riahi en des noces où le public convié, s’aventure hors de la tonalité pour plonger dans les espaces ouverts d’une musique qui laboure sa propre histoire avec audace et fidélité, recréant constamment les recommencements jusqu’à en faire des jours neufs. Qu’elles soient lentes et rythmiques, ou au contraire tendues de tempo rapide, le public s’est délecté de ses chansons, dans leur  essence la plus intime et leurs ressorts secrets et connivents.
Bien que pour ce concert, l’artiste n’a pas présenté de nouvelles œuvres, le public était aux anges et les chroniqueurs au paradis. C'était un concert qui a démontré encore une fois que Saber règne toujours en maitre et qu’il a gagné en maturité et en gloire et a fait preuve d’une prestation à la hauteur des attentes d’un un public toujours au rendez-vous.


 
Le prince de la romance, Marwan Khoury 

L’attente aura été longue pour les fans de Marwan Khoury qui attendaient son concert à Hammamet. Et elle aura été payante pour eux. En effet, l’artiste qui a joué hier, à guichets fermés,dans le cadre de la 55ème édition du Festival international de Hammamet, a conquis l'assistance par sa voix douce et ses chansons les plus romantiques, dont "Khedni Maâk", "Kil Al Qassayed", "Ena We Ellil" et "Law". 
Dès sa montée sur scène, une véritable émotion s'est emparée du public qui a ovationné l’artiste et commencé à l'accompagner dans l'interprétation des plus fameux de ses singles qui caracolent en haut des hit-parades de la chanson arabe. 

Pendant plus d’une heure, Marwan Khoury a envoûté ses fans par des chansons de différents styles entre romantiques et folkloriques du pays du cèdre ponctué par la "Dabka libanaise". 
Dans une ambiance purement romantique, il a ébloui par sa voix originale, authentique empreinte d’une gaieté manifeste.
Grand pianiste qu'il est, Marwan Khoury a interprété une grande partie de ses chansons en jouant au piano, pour le grand plaisir de son public. Il a enchanté le public avec sa musique arabe classique modernisée fusionnant un instrument occidental, le piano, avec des instruments arabes alliant harmonieusement la beauté de deux mondes.
Marwan Khoury, de ses mélodies tantôt entraînantes et fraîches tantôt romantiques et douces, a envoûté comme jamais ses fans à Hammamet.
Comme d'habitude, Marwan Khoury, dans un élan de générosité sans pareil, il a cédé à maintes reprises aux demandes des festivaliers, les gratifiant également de certaines des chansons qu'il a composées pour d'autres stars de la chanson arabe, notamment «Maâkol» de Fadl Chakir, "Btmoune" d'Elissa et "Hobbi Al Anani", titre de la feuilleton "Cello". 
 

Un public nombreux assiste aux concerts du Festival international de Hammamet


C’était une soirée unique au rythme des chansons et mélodies cultes, le tout sur une musique et un refrain entraînants, très pop, qui contrastent clairement avec le registre classique et plus sérieux qu’il s’était approprié depuis déjà quelques années. Ce retour aux sources, au style qui avait fait le succès de Marwan Khoury avec des singles notoires en tête des hits, a instantanément imposé une ambiance festive et mélodique, offrant un concert profondément ancré dans son univers musical. 
Le pari est en tout cas réussi pour « le prince de la romance ». S’il a toujours placé la barre très haut, Marwan khoury, s’est surtout au niveau des chansons en dialecte libanais qu’il s’épanoui le plus.
A l'issue du concert, Marwan Khoury a exprimé à « Majalla » sa joie de se produire sur la prestigieuse scène de Hammamet qui l’a impressionné par sa beauté et par la qualité d’un public au goût raffiné.
Il a ajouté que le Festival International de Hammamet, malgré sa capacité relativement limitée, est différent des autres festivals et a quelque chose d’intime et de magique à offrir et a déclaré que l’honneur qui échoit aux artistes qui s’y produisent doit être mérité.