Tanzanie : Un lourd bilan dans l'explosion d'un camion-citerne.

La maladresse est difficile à corriger, la négligence aussi. Plus dangereux encore, ce fatalisme qui outrepasse les règles les plus élémentaires de la sécurité. Des principes, qui sauvent des vies. Les négliger peut conduire à des catastrophes. Ou même y conduisent certainement.
Comme a été le cas, en Tanzanie, avec l’explosion d’un camion-citerne, qui a fait environ 75 victimes. Un chiffre encore provisoire malheureusement, tant la situation de certains blessés, reste précaire. 
Aminiel Aligaesha, porte-parole de l'hôpital national de Dar Es-Salaam, qui a annoncé ce chiffre lundi, a ajouté : «Nous déplorons quatre nouveaux décès. Les corps sont entreposés à la morgue, dans l'attente d'une identification par les familles».
Au-delà de la dimension tragique, aussi bien le nombre de morts, que l’atrocité qui a caractérisé l’accident, les autorités politiques et religieuses appelant à tirer les leçons de la tragédie qui a endeuillé le pays. Sachant que la plupart des victimes de l'accident de samedi ont été inhumées dans le recueillement dimanche.
Dans ce sens, le Premier ministre Kassim Majaliwa avait par ailleurs annoncé la mise en place d'une commission d'enquête pour établir si une ou des institutions avaient manqué à leurs responsabilités dans la gestion de cette catastrophe, avant d’ajouter que 43 des 59 personnes soignées après l'explosion avaient été transférées à Dar es Salaam, les autres restant hospitalisées à Morogoro. 
L’explosion a eu lieu sur la commune de Msamvu, dans l'immédiate périphérie de Morogoro, un ville située à quelque 200 km à l'ouest de la capitale Dar Es-Salaam, sur l'un des principaux axes routiers du pays.
Un poids lourd s’est renversé en cherchant à éviter une moto. Selon des témoins des conducteurs de moto-taxis et des badauds, ont accouru dans le but de siphonner le carburant qui s'écoulait de la citerne du camion. Une étincelle est partie, lorsque quelqu’un a voulu arracher la batterie. Un embrasement total a suivi, mettant le feu au camion et brûlant tout ce monde qui a accouru en quête de quelques litres de carburant. 
En fin de matinée, après que la police ait annoncé avoir réussi à éteindre l'incendie, les passants pouvaient voir sur les lieux, des épaves de taxis-moto calcinées, dispersées au milieu d'arbres marqués eux aussi, par l'explosion.
Le président John Magufuli s'était dit samedi «très choqué que les gens se ruent sur des véhicules accidentés pour piller leur cargaison», avant de demander : «Arrêtons cette habitude, je vous en prie», a-t-il demandé.
Il faut rappeler que ce genre d’accident, qui finit toujours en tragédie douloureuse, n'est pas rare sur le continent africain. A titre d’exemple, dans le centre du Nigeria, début juillet dernier. Au moins 45 personnes ont trouvé la mort et plus de 100 blessées lors du pillage par la population d'un camion-citerne accidenté qui avait explosé.
Le pot d'échappement d’un autocar chargé de passagers, raclant à même le sol, a fait jaillir des étincelles, au moment de dépasser le lieu de l’accident. La citerne avait pris feu en ce moment.
Le pétrole est certes une richesse pour plusieurs pays africains, mais maudite pour certains. Le siphonnage est une vraie «industrie». Activité à plein temps pour des milliers de misérables. Qu’il soit de la citerne d’un camion accidenté en Tanzanie par exemple, ou des oléoducs au Nigéria. Une vraie crise et un réel problème à gérer. Pour combattre ces «vols» toutes les tentations sont bonnes. Les autorités ne considèrent l’équation que sous un angle purement sécuritaire. Et ne veulent y appliquer que des solutions du même genre.
Pour combattre ce fléau, à savoir le siphonnage qui le prive de millions de dollars chaque année, le pays ambitionne de s'équiper de drones pour surveiller ses installations pétrolières