Le leader druze libanais Walid Joumblatt: Icône de son parti, et incontournable en temps de guerre comme en paix

Dessin : Ali Mendalaoui
 
1- Une fête unie pour mère et fils
Le hasard a fait de sorte que la naissance de Walid, fils de Kamal Joumblatt, coïncide avec le vingt-unième anniversaire de sa mère, May Chakib Arslan. Elle est née le 07 août 1928 à Genève en Suisse, tandis que son fils est né le même jour du même mois, mais en 1949 (A Moukhtara) district du Chouf au Liban.
 
2 - Mère, grand-père et père
La mère de Walid, May, est une femme instruite qui a fait ses études au lycée et a poursuivi ses études en France. Elle s'est mariée à 20 ans (1948) avec Kamal Joumblatt. May Joumblatt était passionnée de musique, d'art et de patrimoine.
Le grand-père de Walid (du côté de sa mère) est l'écrivain réformiste et combattant pour l’indépendance de son pays le Liban, Emir al-Bayan [Prince de l’éloquence], Chakib Arslan.
Le père de Walid est : Kamal Joumblatt, écrivain, leader et fondateur du Parti socialiste progressiste, qu’il a présidé. Un homme incontournable jusqu’à son assassinat dans la tourmente de la guerre du Liban, le 16 mars 1977.
 
3- Deux mariages et trois fils
En 1981, Walid épouse la circassienne jordanienne Jervat Joumblatt, et ont eu trois enfants : Taymour (1982), Aslan (1983) et Dalia (1986).
Son épouse actuelle, Noura al-Sharabati (fille de l'ancien ministre syrien de la Défense, Ahmad al-Sharabati), est devenue Nora Joumblatt.
 
4. Étude et politique
Walid a étudié au Collège français séculier de Beyrouth jusqu'en 1961. En 1969, il termine ses études secondaires au Collège international de Beyrouth, et décroche en 1973, une licence en sciences politiques de l'Université américaine de Beyrouth.
 
5. Histoire et presse partisane
Walid a enseigné l'histoire à l'Université nationale d'Aley.
Il a travaillé pour le supplément du quotidien «An-Nahar» pendant moins d'un an, et a écrit de nombreux articles économiques et politiques. Entre 1979 et 1980, il assume la rédaction de l’éditorial de «Al-Anbaa» (Organe du parti socialiste progressiste).
 
6. Le parti de père en fils
Le 29 avril 1977, Walid a été élu président du Parti socialiste progressiste, succédant à son père, Kamal assassiné, et dirige le parti depuis lors (il y a 42 ans).
 
7 – Déclenchement la Révolution du cèdre et levée de la tutelle syrienne
Walid Joumblatt a lancé ce qui est devenu la Révolution du cèdre, suite à l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Il est l'un des dirigeants les plus éminents du mouvement du 14 mars, qui a appelé à la souveraineté et à l'indépendance du Liban et à la levée de la tutelle syrienne.
 
8- La montée d'une étoile druze
Cependant, Walid, ne fut plus l’unique dirigeant druze, devant la montée d'un jeune dirigeant, le député Talal Arslan, chef du parti démocrate libanais, devenu une figure qui ne peut être ignoré, de l’échiquier politique druze.
La nature des conflits, mène à la recherche de réconciliations au plus haut niveau au Liban, sur la base des intérêts communs, complexes, et circonstanciels découlant d'alliances libanaises et arabes, qui ne peuvent être comprises ou traitées, que sous un angle purement politique, et sur la base du «lexique politique du Liban».
 
9- L'incident de Qabr Chamoun
Le 30 juin 2019, un incident a fait deux victimes et plusieurs blessés, et est maintenant du ressort de la justice militaire, avec des répercussions qui ont perturbé le travail du gouvernement. Chose qui a abouti à une rencontre de réconciliation au palais présidentiel entre Walid Joumblatt et Talal Arslan, sur la base d’une paix de braves.
 
10. Un homme de paix maîtrisant le sens de la guerre
Walid Joumblatt, l’homme de soixante-dix ans, est une émanation de ce Liban politique, avec ses différentes composantes, ses conflits et ses alliances, qui regorgent d’intérêts, d’oubli, de pardon, de délaissement, de souplesse, de dialogue difficile, de concessions, de désir de consensus pacifiques et de dialogue. Il connaît le sens de la paix, tout comme le coût de la guerre.