Les « terres rares » objet de conflit entre Pékin-Washington en Afrique du Sud

*  Un round de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine dans le continent africain, et plus précisément en Afrique du Sud
 
*«Terre rare» concerne 17 métaux essentiels aux technologies de pointe, et que l'on retrouve dans les Smartphones, les écrans plasma, les véhicules électriques, mais aussi dans l'armement
 
* Qu’environ 14% de (la) roche est composée de terres rares.

 

Outre les taxes douanières qu’instaure l’un envers l’autre, un round de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, se joue sur le continent africain, et plus précisément en Afrique du Sud. Car chacun des deux sait et même est convaincu, que plus il disposerait de matières premières, surtout rares, plus il va améliorer ses capacités de production, et surtout priver l’adversaire de faire de même.
 
Dans une région aride de l'ouest sud-africain, une mine renfermant des réserves en terres rares aux concentrations parmi les plus élevées au monde veut peser sur un marché archi-dominé par la Chine, mais dans un contexte de guerre commerciale rebattant les cartes mondiales.
La carte de la domination et l’exploitation des mines, présence une image à la fois, des puissances, mais peut laisser présager les actions politiques à venir, tant chaque puissance dans le monde, à savoir Pékin et Washington, pour ce cas, ne recule devant rien pour défendre son «espace vital» mais aussi pour l’élargir. 
La mine de Steenkampskraal, découverte en 1949, à 350 kilomètres au nord du Cap, n’est connue à travers le monde que des connaisseurs et autres experts miniers. Elle a été exploitée de 1952 à 1964 pour extraire du thorium, utilisé comme combustible nucléaire. Mais connaît actuellement un renouveau, tant elle est très riche en monazite, une terre rare, à une concentration extrêmement élevée, ainsi que de néodyme et de praséodyme. Des ressources qui intéressent les grandes puissances… 
Il faut rappeler que le mot «terre rare» concerne 17 métaux essentiels aux technologies de pointe, et que l'on retrouve dans les Smartphones, les écrans plasma, les véhicules électriques, mais aussi dans l'armement. Cette «rareté» réelle fait l'objet de nombreuses convoitises dans le monde.

Cette découverte est une aubaine pour l'Afrique du Sud, au moment où la Chine, qui produit plus de 90% des terres rares de la planète, menace de manière à peine voilée les Etats-Unis de couper ses livraisons en pleine guerre commerciale, alors que Washington en importe massivement. Car selon l'US Geological Survey (USGS), Pékin en a produit 120.000 tonnes en 2018, soit six fois plus que les Etats-Unis.
Comme toute guerre engage l’armée, le président américain Donald Trump a signé le 22 juillet une ordonnance intimant au Pentagone de trouver d'autres sources d'approvisionnement à ces métaux précieux.
Autre indicateur d’une importance stratégique, et qui va augmenter la valeur de cette mine et son importance pour l’économie de l'Afrique du Sud. A savoir que la Chine est devenue l'an dernier pour la première fois importatrice nette de terres rares. Car la consommation de ce pays a explosé pour raison d’augmentation massive de la production de véhicules électriques. Selon l'Agence Internationale de l'Energie : les ventes mondiales de ces véhicules ont bondi de 68% l'an dernier à 5,12 millions, plus d'un million de ventes ayant eu lieu en Chine.
Trevor Blench, président de la mine de Steenkampskraal considère que «la Chine pourrait, en raison de ses propres besoins, exporter de moins en moins (de terres rares). Il est donc vital que d'autres fournisseurs se présentent pour les Etats-Unis, l'Europe et le Japon», avant de rappeler «qu’aucune mine sud-africaine n'extrait de terres rares à l'heure actuelle».

Il ajoute «qu’environ 14% de (la) roche est composée de terres rares. C'est un niveau de teneur extraordinaire, nous n'avons jamais connu un niveau équivalent sur la planète», sachant qu’à l’échelle mondiale la moyenne est de 6%.
Trevor Blench conclue par dire que selon les prévisions, la production de Steenkampskraal serait de 2.700 tonnes par an. Et que le projet dispose de toutes les autorisations pour commencer à extraire la monazite.