Zimbabwe: l’économie en chute libre

Tout est en panne
  • Le pays occupe la 154e place des pays du monde sur 188 selon le programme des Nations unies pour le développement humain.

Zimbabwe :Si une vérité est réellement partagée, et ne nécessite plus une discussion de principe, au Zimbabwe. Plutôt en discuter, les détails, et surtout les débrouilles qui peuvent aider à survivre pour une très large majorité de la population. 
Tant de promesses, n’ont pas pu à travers les mois, et surtout depuis la mort de l’ex-dictateur Robert Mugabe, apaiser, et surtout convaincre, tant la situation va de mal en pire. Même l’actuel présent Mnangagwa n’arrive plus à convaincre.
Tout manque, même l’argent liquide. Les caisses de l’Etat sont vides, les marchés aussi, mais surtout un climat de temps, et exaspération de la part d’une population qui a tant enduré. Le point de rupture ne serait pas loin, selon plusieurs observateurs sur place. 
Le président Emmerson Mnangagwa n’a trouvé mieux qu’appeler les zimbabwéens à «plus de patience», promettant «relance de l’économie», dans son discours à la nation.
 «Je suis conscient des souffrances des personnes pauvres et marginalisées. Relancer l’économie nécessite du temps, de la patience (….) et de la persévérance…. Le gouvernement est tout à fait conscient des défis rencontrés par le public pour accéder au liquide, ce qui a conduit des commerçants peu scrupuleux à vendre du cash en échange de monnaie électronique», a déclaré le président zimbabwéen, qui a assuré que des mesures étaient prises et que les réformes engagées «commencent à porter leurs fruits».
Un bout de tunnel qui tarde à venir, surtout avec une inflation plus de 300% depuis août, le chômage de masse fort criard, la devise en chute libre, le manque d’argent liquide, d’essence, d‘électricité et d’eau.
La banque centrale du Zimbabwe vient d’interdire avec effet immédiat les services électroniques hors de prix qui permettaient à la population d’obtenir du liquide dans un pays qui en manque cruellement pour cause de grave crise économique. Les habitants ne peuvent retirer que de très faibles sommes à leur banque, faute de réserves suffisantes de «cash».
Moyennant des commissions exorbitantes d’environ 40 %, des opérateurs téléphoniques, proposent à leurs clients des liasses de billets. Ces services ne sont plus disponibles, laissant un vide atroce, que l’Etat ne sait pas comment combler.
Selon un observateur sur place : «Concrètement, les Zimbabwéens sont contraints d’acheter leur propre argent pour avoir le liquide indispensable au paiement de leur ticket de bus ou d’une course en taxi».  Même si dans un communiqué lundi, la banque centrale du Zimbabwe a dénoncé «l’achat et la vente d’argent liquide via des agents (…) à des taux élevés, au-dessus des commissions approuvées», et que ces taux «ont pour effet négatif de fausser le prix des biens et des services», alors que le pays est confronté au retour de l’hyperinflation.
 
Tout, absolument tout, est à vendre…
Tous les moyens sont bons pour renflouer les caisses de l’Etat en devises. Dans ce but, les autorités du Zimbabwe ont même vendu ces six dernières années pour 2,7 millions de dollars plus de 90 à des clients étrangers. . Une démarche qui viserait à alléger la surpopulation toujours croissante de pachydermes sur leur territoire. Même si personne ne conteste que l’argent de la vente est bénéfique pour l’économie du pays.
«Nous avons 84.000 éléphants sur notre territoire, dont la capacité d’accueil ne dépasse pas 50.000», a confié, le porte-parole de l’agence zimbabwéenne des parcs et de la protection de la faune, Tinashe Farawo.
«Nous croyons en la gestion durable des ressources. Alors nous vendons de temps en temps quelques éléments de façon à pouvoir mieux nous occuper des autres», a-t-il ajouté.