Mozambique : du gaz à l’horizon…

A lire les rapports des instances des Nations-Unies, concernant tous les indices de développent, on remarque que le Mozambique brille par ses positions en bas de l’échelle. Et soudain vient l’espoir d’un gisement de gaz. L’image d’un SDF qui gagne la plus importante des cagnottes du Loto !!!
Le président mozambicain sortant Filipe Nyusi, le dit autrement : «Avec ce projet, les enfants de paysans seront docteurs et les enfants de mineurs avocats». Il le répète à qui veut l’entendre, à chaque étape de sa campagne pour les élections générales : le gaz va changer l'avenir de son pays.
 
Songe dans un pays de misère…
Le pays tout entier en rêve, le président, les dirigeants, et surtout les citoyens. De vastes réserves sous-marines au large de ses côtes nord, ont été découvertes en 2010.
5.000 milliards de m3. De quoi donner le vertige. Ce trésor doit assurer un saut dans le temps, et surtout dans la richesse. Un des pays les plus pauvres de la planète va entrer dans le club des pays exportateurs de gaz naturel liquéfié (GNL), pour y tenir une place de tout premier plan.
À partir de la prochaine décennie, l’exportation de cette richesse, avec les 3 milliards de dollars de gains annuels, va «doubler les revenus actuels» du pays, selon les consultants de la firme Wood McKenzie. Tout en sachant que ce vaste projet gazier a longtemps été retardé mais, il vient opportunément de commencer à se concrétiser.
En juin, le géant américain Anadarko, puis le français Total qui vient de racheter les activités africaines de ce dernier, ont confirmé un investissement de 22 milliards d'euros. L'an prochain, l'Américain ExxonMobil devrait à son tour confirmer un projet de 27 milliards d'euros.  
Le président Nyusi, candidat à sa propre réélection, et son parti le Front de libération du Mozambique (Frelimo), au pouvoir depuis 1975, fragilisés par une grave crise financière et l'usure du pouvoir, ont saisi à pleines mains cette perche électorale providentielle.
Dans la province du Cabo Delgado en face des champs gaziers, en posant en août la première pierre d'une usine de liquéfaction du gaz à Palma, le chef de l'Etat a promis : «Le Mozambique va changer».
 
A qui profite la manne ???
Promettant que ces «gazodollars» seraient bien utilisés, le président du Mozambique, en campagne, a chiffré à 5.000 emplois directs et à 45.000 indirects l'impact des projets des compagnies internationales, avant d’ajouter que les 880 millions de dollars de taxes perçus par l'Etat dans le cadre du projet Total serviraient à reconstruire les zones sinistrées par les cyclones Idai et Kenneth plus tôt cette année, à rembourser une partie de sa dette et combler son déficit budgétaire.
De tels propos ne peuvent laisser personne indifférant, dans un pays où, selon la Banque mondiale, près de la moitié (46%) des 31 millions d'habitants vit sous le seuil de pauvreté. Les critiques du régime, ne partagent pas cet enthousiasme, eux qui n'ont pas cessé de dénoncer sa corruption.
Simon Macuiani, député sortant de l'opposition, regrette qu'une partie des revenus du gaz soit destinée à couvrir une partie de la dette, qui ajoute que «le régime a dit que les revenus du gaz va servir à  payer la «dette cachée»», avant de conclure : «Nous ne le voulons pas (...). Il faut que ces revenus servent d'abord au développement économique du pays».
Le Mozambique est plongé dans une grave crise financière depuis la révélation, en 2016, il avait secrètement emprunté 2 milliards de dollars. Cette opération a couvert une vaste entreprise de corruption au profit de proches du pouvoir.
Agences.