Burkina-Faso: couvre feu pour un mois…

La situation sécuritaire dans le nord du Burkina-Faso est de plus en plus inquiétante ces derniers jours et les attaques sont légions. Louroun une localité située dans cette zone a été la cible d’une attaque faisant 12 morts. Plutôt, 4 autres personnes ont été tuées dans une attaque. Ceci a amené les autorités à instaurer un couvre-feu.

 

Urgence dans l’urgence…

Déjà en Etat d’urgence, la province de Louroun est placée sous couvre-feu après les multiples attaques la semaine dernière. Dans un communiqué, le gouverneur de la localité interdit toute circulation des personnes, des véhicules à quatre roues, deux roues et tricycle entre 18h et 6h du matin du 15 octobre au 14 novembre 2019.

Toutefois, sont autorisées à circuler, les ambulances avec un laissez-passer ou un ordre de mission. Précisons que la zone en question est une région frontalière du Mali, un pays où les attaques terroristes sont fréquentes.

Selon des sources sécuritaires, huit civils ont également été tués par des hommes armés le 8 octobre dernier à Bouna, toujours au nord du pays.

Une attaque contre des fidèles qui priaient vendredi 11 octobre dans une mosquée a fait au moins seize morts dans le nord du Burkina Faso, démontrant une fois de plus la faiblesse des forces de défense dans ce pays en proie à une spirale de violences attribuées à des groupes armés djihadistes.

«L’attaque a fait au moins seize morts», a déclaré une source sécuritaire. «Treize personnes sont mortes au cours de l’attaque et trois autres ont succombé quelques heures après», avant d’ajouter que «deux autres blessés sont dans un état critique.»

«Les victimes sont tous des musulmans qui étaient en prière au sein de la grande mosquée», selon un habitant de Gorom-Gorom, joint depuis Ouagadougou. «Depuis, les populations ont commencé à fuir la localité», a-t-il rapporté, évoquant un «climat de panique malgré le renfort militaire qui a été déployé» après l’attaque. Cette tuerie n’a pas encore été revendiquée, mais des mosquées et des imams ont par le passé été la cible d’attaques attribuées aux djihadistes par les autorités.

Terrorisme et pauvreté…

 

Le Burkina Faso, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, est pris depuis quatre ans et demi dans une spirale de violences, attribuées à des groupes armés djihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d’autres au groupe Etat islamique (AI).

Depuis début 2015, les attaques djihadistes, de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le Nord et l’Est, ont fait plus de 600 morts. Les forces de défense et de sécurité burkinabè, mal entraînées, mal équipées et mal encadrées, se sont montrées incapables d’inverser une tendance de plus en plus meurtrière avec quasiment une attaque par jour.

Dans la capitale, Ouagadougou, un millier de personnes se sont rassemblées samedi pour «dénoncer le terrorisme et la présence de bases militaires étrangères en Afrique» à l’appel d’une dizaine d’organisations de la société civile.