La Russie et les mines africaines : un amour qui voit le jour…

Depuis une dizaine d’années au moins, la Russie se comporte en «grande puissance», voulant même reprendre les réflexes de la période soviétique, à savoir une présence dans tous les coins du monde, essentiellement les plus stratégiques.
Même avec une économie de la taille de l’Italie, la Russie se comporte en «puissance économique». Le sommet Russie-Afrique, qui a vu la signature d’accords avec trois pays africains, en matière de prospection de matières premières. Au moment où Moscou développe une stratégie pour parer à son déficit de certaines ressources minérales.
Un accord avec le Rwanda et des protocoles d'entente avec le Soudan du Sud et la Guinée équatoriale, ont été signés, avec la société publique russe Rosgeo, spécialisée dans les études géologiques et sismiques, pour faire de la prospection de matières premières.
 
De la prospection
Au Rwanda, la Russie va créer, notamment un laboratoire d'exploration pour chercher des hydrocarbures dans le lac Kivu. Au Soudan du Sud, Rosgeo prévoit «la recherche, l'analyse et le développement de gisements de métaux ferreux, non-ferreux et rares, de terres rares et d'autres minéraux hautement liquides».
Selon Sergueï Gorkov, patron de Rosgeo, cité dans un communiqué, publié à l’occasion «le Soudan du Sud a un potentiel énorme pour le développement de gisements de minéraux solides».
En Guinée équatoriale, où Rosgeo a opéré dans les années 1970, le groupe veut également mener de «l'exploration géologique pour identifier des gisements de minéraux hautement liquides».
Selon Gabriel Mbaga Obiang Lima, ministre des Mines et des Hydrocarbures de Guinée équatoriale, dans une déclaration déclaré aux journalistes : «Nous les invitons, car nous voulons passer à la vitesse supérieure dans le développement de notre pays, le développement de nos ressources»
Fin 2018, la Russie avait établi une stratégie gouvernementale de développement des ressources minérales du pays à l'horizon 2035, identifiant les ressources dont elle manque. Cette stratégie vise à «fournir de manière durable des ressources minérales (pour subvenir) aux besoins de l'économie russe, y compris pour l'exportation», selon le texte du gouvernement.
 
Parmi la vingtaine de ressources minérales identifiées, figure le manganèse, dont le déficit est de 100%, ou le chrome dont le déficit est de 80%, selon les experts.
 
Une vision politique et économique, encore plus large… 
A lire la Déclaration du premier sommet Russie – Afrique, qui s’est tenu à Sotchi, le 23 et 24 octobre 2019, on peut lire que la Russie œuvre pour la création d’un mécanisme de partenariat par dialogue, qui vise deux points : En premier « Établir le Forum du partenariat Russie – Afrique afin de coordonner le développement des relations russo-africaines, déterminer comme son organe suprême le sommet Russie – Afrique qui sera convoqué tous les trois ans ». En deuxième : «Pendant la période entre les sommets, tenir en Fédération de Russie des consultations politiques annuelles entre les ministres des affaires étrangères de la Fédération de Russie et des États africains qui sont présidents, actuel, précédent et prochain de l’Union africaine».
Sur le plan de la Coopération économique et commerciale, le communiqué appelle, entre autres, à «unir les efforts pour faciliter le commerce, les investissements et le développement durable afin de donner un caractère plus social au système économique global. S’opposer à toutes manifestations de l’approche unilatérale, du protectionnisme et de la discrimination, soutenir le régime du commerce mondial basé sur les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Il vise aussi, à soutenir les entrepreneurs russes et africains dans leur exploration des voies de coopération mutuellement avantageuse. Pour finir par demander à «Mener une lutte commune contre le diktat politique et le chantage monétaire dans la coopération commerciale et économique mondiale, réprimer le désir de certains pays de s’approprier le droit exclusif de déterminer la pertinence et les paramètres acceptables de l’interaction légitime entre d’autres pays, éviter la manipulation des exigences du régime mondial de non-prolifération afin d’exercer la pression sur les États indésirables et de provoquer une concurrence déloyale».
 
Agences.