Paris..  Pas de retrait du Sahel…

Florence Parly, ministre française des Armées, a trouvé toute la peine du monde, à minimiser les répercussions des récentes attaques terroristes contre l’armée malienne, et même contre les soldats de son pays, stationnés dans ce pays. Elle s'est même efforcée de vanter les progrès réalisés sur le terrain, en dépit de la multiplication des attaques djihadistes au Burkina Faso et au Mali.
 
Toute la bonne volonté de la France…
Selon un haut gradé de l'opération anti-djihadistes Barkhane, qui mobilise 4.500 militaires français au Sahel, sur une étendue vaste comme l'Europe : «Nous sommes engagés dans un match de volontés. Nous devons montrer notre détermination».
Six ans après l'intervention française au Mali pour barrer la route aux djihadistes, l'horizon est de plus en plus plombé, tant l'alarmant contexte sécuritaire régional se prête pourtant peu à l'optimisme.
Une embuscade contre le convoi d'une société minière canadienne dans l'est du Burkina Faso a fait 38 morts, l'attaque la plus meurtrière enregistrée dans ce pays voisin du Mali depuis le début des violences djihadistes il y a près de cinq ans.
Un soldat français de l'opération Barkhane a été tué par un engin explosif au nord-est du Mali, au lendemain de l'assaut dans la même région contre un camp militaire malien qui a fait 49 morts. Deux attaques revendiquées par l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).
Selon la ministre française «La situation sécuritaire est évidemment difficile», avant de prévenir que «le combat contre le terrorisme est un combat de longue haleine», et de conclure que «nous sommes armés de patience, de volonté et d'idées nouvelles». 
 
De l’espoir, encore et toujours,
Le général Pascal Facon, qui a pris la tête de Barkhane l'été dernier, considère qu’ «Il faut avoir de la patience stratégique, de la persévérance, c'est fondamental».
La ministre française, pendant sa tournée sahélienne a par ailleurs insisté concernant les «progrès» accomplis par les soldats de Barkhane et leurs partenaires locaux, qu'ils s'efforcent de faire monter en puissance pour pouvoir à terme réduire leur présence, et a ajouté : «On ne peut pas dégrafer Barkhane du jour au lendemain, bien sûr, mais les forces nationales participent de façon beaucoup plus décisive aux différentes opérations», a assuré que «l'armée malienne a récemment subi des coups très durs, mais cela ne change pas notre sentiment que le niveau et les capacités des FAMa (Forces armées maliennes) continuent de progresser». Tout en sachant que dans le but d’aider les Français à accompagner les Maliens au combat, des forces spéciales européennes seront déployées au Sahel courant 2020, a promis Mme Parly.
Paris compte enfin remettre sur selle la force militaire régionale du G5 Sahel, tombée en désuétude sous la houlette d'un précédent commandant mauritanien. «Avec lui, on a perdu un an», soupire un militaire français. La France mise sur le nouveau commandant nigérien de la force, le général Oumarou Namata Gazama, pour donner un nouveau souffle à cette entité destinée à lutter contre les jihadistes dans les zones transfrontalières.
Mais malgré les efforts de formation déployés par l'Union européenne, la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) et Barkhane, les armées nationales des pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables d'enrayer la progression des attaques.
«Quand les FAMa sont avec Barkhane, ça se passe bien. Dès qu'ils sont seuls, ça ne suit plus», lâche un officier français basé au Mali. «Au niveau de la communication, dès qu'on réalise une action en faveur des populations, on met nos partenaires maliens systématiquement en avant, mais derrière, ils ne prennent pas leurs responsabilités», renchérit un soldat de Barkhane dans le Gourma malien.