L’immigration en discussion entre Dakar et Paris…

La France et le Sénégal ont annoncé, dimanche, à l'occasion de la visite du Premier ministre français, Edouard Philippe à Dakar, le renouvèlement de leur coopération concernant la lutte contre les migrations irrégulières.
Cet engagement à «poursuivie une coopération efficace contre les migrations irrégulières», intervient sept semaines après un débat au Parlement français sur l'immigration voulu par Emmanuel Macron. 
 
Une non, mais…
Accueilli à Dakar, et devant le président Macky Sall, a affirmé : «Une politique migratoire ce n'est pas qu'une addition de contraintes, c'est aussi l'expression de choix affirmés».
Edouard Philippe a résumé le 17 novembre la situation devant la communauté française vivant à Dakar : «La délivrance des titres de séjour doit répondre à des principes clairs et ne pas être le fruit d'une forme de passivité».
La France compte plutôt sur d’autres leviers dont elle dispose. En premier l'aide publique au développement, dont le budget total doit atteindre 0,55 % du PIB en 2022. Environ 2 milliards d'euros ont été distribués au Sénégal depuis 2007 : des «efforts» qui doivent «produire des résultats sur l'immigration irrégulière», selon Matignon. 
Pour bien préciser, le Premier ministre français a ajouté que «la France soutiendra ainsi la modernisation de l'état-civil sénégalais ainsi que certains services de police et gendarmerie dédiés aux contrôles des frontières et à la lutte contre le trafic des migrants».
Néanmoins, concernant l'immigration légale, Matignon salue la «vraie dynamique», «de l'ordre de 7 %», d'admission d'étudiants sénégalais (12 500 en 2019) dans l'enseignement supérieur français.
Tout en s’engageant à «réduire de moitié, dès début 2020, les délais de traitement des demandes de visa», Edouard Philippe souhaite «augmenter le nombre de passeports talents», réservés aux étrangers disposant de certaines qualifications, «et de visas de circulation de longue durée».
Quatre feuilles de route ont été paraphées à l'issue du 4e séminaire intergouvernemental entre les deux pays : elles portent sur les enjeux de sécurité et de défense ; l'éducation, la jeunesse et la formation ; l'émergence du Sénégal ; la mobilité et la migration.
 
Selon Matignon, «la pression venant du Sénégal», pays à la fois de départ et de transit, «reste élevée» sur l'immigration irrégulière, alors que le pays est jugé «sûr».
Il faut rappeler que «le Sénégal est au 15e rang des nationalités interpellées pour les 9 premiers mois de l'année 2019», assure-t-on encore de même source, tout en notant que les demandes d'asile ont augmenté de «plus de 50%» l'an passé.
 
La sécurité en premier et dernier lieu…
Selon Seydou Guèye, chef du service de communication de la présidence sénégalaise «le gouvernement français devrait donc chercher à accroître la coopération dans ce domaine [l’immigration], sachant que «la volonté du président Macky Sall est de tout faire pour que les Sénégalais restent et réussissent au Sénégal».
Dans un contexte sécuritaire très dégradé au Sahel marqué par plusieurs attaques djihadistes, les questions militaires ont rebondi, lundi lors de l'ouverture du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.
Selon Matignon, le Sénégal, qui partage des frontières avec la Mauritanie et le Mali, «joue un rôle très important de cœur de réseau». Alors que les attaques menacent de se propager, le Sénégal, membre de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), fait office de «pôle de stabilité».
Dakar, qui doit porter l'effectif de son armée de terre de 20.000 à 30.000 hommes d'ici à 2025 «a vocation à faire partie du partenariat pour la sécurité et la stabilité (au Sahel) annoncé lors du G7 de Biarritz» en août, dont «les modalités sont en cours d'élaboration», ajoute-t-on de même source. A ce titre, le Sénégal pourra apporter un soutien aux forces du G5 Sahel (Mali, Niger, Mauritanie, Tchad et Burkina Faso).