« Il faut hisser la jeunesse algérienne à la place qui lui sied »

Abdelkader Bengrina, président du Parti El Bina El Watani (La construction nationale)
 
* toutes les couches de la société auront leur place et leurs droits, particulièrement les femmes
 
* j’ai un programme réformateur qui permettra au pays de sortir de la crise dans laquelle il se trouve et de se diriger vers une stabilité économique et un développement durable

« Ensemble construisons la nouvelle Algérie », tel est le slogan choisi par Abdelkader Bengrina, l’un des cinq candidats à l’élection présidentielle du 12 décembre, pour aborder la campagne électorale. Un slogan signifiant le passage du témoin de la génération de la Révolution à celle de l’Indépendance. Dans cet entretien accordé à la Majalla, le candidat Abdelkader Bengrina explique ses motivations et les grandes lignes de son programme d’action.
 
 
 
La Majalla : Tout d’abord permettez-nous de vous féliciter pour avoir passé avec succès le premier test de popularité en présentant votre dossier de candidature avec un nombre de signatures plus élevé que celui exigé par la règlementation. Ensuite, nous vous remercions pour avoir accepté de répondre à nos questions afin d’éclairer nos lecteurs sur votre personne et sur votre programme. Faites-nous connaitre un peu plus M. Abdelkader Bengrina, qui sera peut-être notre président.
 
Abdelkader Bengrina :Je suis un citoyen algérien, issu d’une famille novembriste révolutionnaire de la wilaya d’Ouargla dans le Sud algérien, l’une des plus importantes wilayas du point de vue économique. Mes études ont été diverses puisque j’ai  commencé par les sciences physiques puis la charia avant d’opter pour la diplomatie et les relations internationales. Abdelkader Bengrina a vécu comme étudiant au milieu des souffrances du peuple algérien du fait des séquelles de la colonisation française, ce qui l’a poussé à rechercher sans discontinuer, en compagnie de l’élite du peuple, les solutions à même de mener l’Algérie vers des issues assurées et à se tourner vers l’activité syndicale qu’il n’a abandonnée ni étudiant ni fonctionnaire. Il a aussi, et dans le même sillage, été partie prenante à la lutte politique contre le parti unique puis, avec l’avènement du multipartisme, il a continué son action politique en participant à la création du parti Hamas présidé par feu Mahfoud Nahnah (fondateur et président historique du MSP) avant d’être membre du Conseil national de transition, dans le but de contribuer au retour de l’Etat aux institutions après la crise de l’arrêt du processus électoral et le début du terrorisme. En 1997, Abdelkader Bengrina est élu député de la wilaya d’Ouargla avant d’être nommé ministre du Tourisme sous le gouvernement de Liamine Zeroual. Il sera réélu à l’APN pour la wilaya d’Alger en 2002 puis participera à la création du parti El Bina El Watani dont il sera le président en 2018 et sous la bannière duquel il est candidat à la présidence de la République après que le Hirakengagé par le peuple algérien eut poussé le système Bouteflika vers la sortie. Le programme d’Abdelkader Bengrina s’intitule « l’Algérie nouvelle, un Etat fort sous contrôle populaire » grâce à une économie rénovatrice et à un rééquilibrage des institutions républicaines par un nouveau mode de réforme politique profonde.


 
La Majalla :Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?
 
Abdelkader Bengrina :Notre programme, qui est un contrat entre nous et le peuple algérien, se concentre sur les axes de réforme politique, économique, sociale et de politique étrangère, axes tendant à asseoir un Etat fort qui se base sur une légitimité populaire sous le contrôle du peuple et, ainsi, j’organiserai des élections législatives et locales propres débarrassées des incidences de la fraude. En somme, mon programme électoral est basé sur des visions politiques, économiques, sociales et sécuritaires visant l'édification d'une Algérie nouvelle, qui répond aux revendications du Hirakpopulaire. Je m'engage ainsi à œuvrer à l'édification d'une Algérie nouvelle qui répond aux aspirations du peuple à la liberté, à la dignité et à la justice à travers une réforme politique qui éradique la corruption et le despotisme et jette les fondements d'un Etat fort et stable. je procéderais également à l'amendement de la Constitution, la limitation des pouvoirs du Président, la réforme de la pratique politique, la préservation de la sécurité nationale, le renforcement des libertés individuelles et collectives outre l'appui à l'opposition pour lui permettre de jouer son rôle, ainsi que pour une justice indépendante, la sauvegarde de la souveraineté nationale, la réforme du régime de gouvernance et des institutions de l'Etat et la diversification du partenariat à travers une diplomatie forte. Au volet socio-économique, il faut réaliser un développement global à travers l'instauration d'une économie libérale fondée sur la concurrence et hissant l'Algérie au rang des pays émergents et ce, à travers l'exploitation optimale des ressources tout en veillant à la préservation de l'avenir des générations futures conformément aux orientations et aux choix de la société. Je m'engage également à faire augmenter le taux de la croissance économique à 4% au moins, durant les cinq prochaines années et de baisser le taux de chômage.
 
La Majalla : Pouvez-vous nous dire, Monsieur Bengrina, qu’est-ce qui a motivé votre volonté de vous présenter à l’élection présidentielle ?
 
Abdelkader Bengrina : Je pense que se présenter à l’élection présidentielle est un devoir national dans les circonstances actuelles de l’Algérie afin de contribuer à la continuité de l’Etat devant les tentatives d’arrêt du processus institutionnel que nous enregistrons et, de là, le mener vers des périodes de transition dont nous ignorons l’issue.
D’un autre côté, j’ai un programme réformateur qui permettra au pays de sortir de la crise dans laquelle il se trouve et de se diriger vers une stabilité économique et un développement durable. Aussi, je suis persuadé qu’il est temps de débarrasser mon pays des effets de l’unicité de pensée et de la gouvernance unique pour donner l’occasion aux capacités des jeunes et à l’élite scientifique de participer au développement.
 
La Majalla : Le premier écueil concernant les signatures des électeurs à recueillir à travers au moins 25 wilayas avec au moins
1200 signatures par wilaya et que vous venez de passer avec succès, témoigne de votre popularité et de votre capacité à rassembler un nombre important de citoyens. Pouvez-vous nous dire comment vous vous y êtes pris ?
 
Abdelkader Bengrina : Vous savez, je n’ai pas commencé lemilitantisme seulement aujourd’huiet puis je fais partie du parti El BinaEl Watani qui constitue une forcepolitique possédant une organisationnationale et qui est aux côtés dupeuple dans toutes les circonstanceset non au moment des électionsseulement. Grâce à cela, nous n’avonsrencontré aucune difficulté pourla collecte des signatures, même sinous avons subi quelques gênes dela part de certaines administrationslocales qui ne se sont pas encoredébarrassées des anciennes pratiques,malheureusement.
 

La Majalla : Lors de vos différentes sorties durant la période de pré-campagne, les jeunes ont été très nombreux à vos côtés, beaucoup plus nombreux que les citoyens plus âgés, est-ce là un signe que vous comptez sur cette frange de la population, qui vous soutient d’ailleurs très visiblement, pour être élu à la magistrature suprême ?
 
Abdelkader Bengrina :Les jeunes constituent plus de 75% de la population algérienne et, pour cela, ce sont l’avenir du pays et le programme qui ne s’intéresse pas aux jeunes sera voué à l’échec. Malheureusement, la jeunesse algérienne a beaucoup souffert de la marginalisation et de la Hogra (rélégation) et le moment est venu pour de retrouver sa place naturelle au sein du système national.
 
La Majalla : Dans ce cadre, que comptez-vous faire pour les jeunes ? Et pour les autres franges marginalisées de la population ?
 
Abdelkader Bengrina :Je m’efforcerai, pour ma part, de réaliser la promotion sociale de l’Etat car cela est une partie du programme de novembre et des aquis de l’indépendance mais sans toucher à la valeur du travail et à la créativité. Ainsi, toutes les couches de la société auront leur place et leurs droits, particulièrement les femmes pour lesquelles nous allons réviser la durée du congé de maternité, qui va passer à 6 mois au lieu de trois mois actuellement, ainsi que la retraite, nous instituerons aussi une prime pour la femme au foyer car elle travaille aussi chez elle.
 
La Majalla : A combien estimez-vous vos chances de remporter cette élection ?
 
Abdelkader Bengrina : Jepense que le peuple élira un présidentissu du Hirak, dont le programme sera celuidu Hiraket moi, personnellement, jesuis intéressé par les aspirations duHirak, et pour cela, je pense que meschances sont les plus grandes pourque je remporte l’élection. Je vous rappelle également que, j’ai déjà investi beaucoup de travail pour hisser l’Algérie à la place qui lui sied, en portant haut et fort ses aspirations à une vie meilleure et à une sécurisation dans tous les domaines.