Cynthia Khalifeh dans une interview à «Majalla» :

«En tant qu'Arabes nous disposons de charisme, et d’un passé glorieux».
* Les Noirs jadis opprimés, ont pu accéder grâce au cinéma à l’universalité et la réussite… Les Arabes, actuellement marginalisés, vont accéder grâce à leur voix et leur culture à l’universalité….
* Cette révolution était bien utile, elle devait avoir lieu. Les Libanais sont très fatigués. Je suis retourné au pays pour y participer.
* Bien sûr, je devais y participer, surtout que cette révolution était inévitable. C’est un cri de douleur ; l’économie s’effondre, les gens ont faim. Je suis fière de cette révolution et j’ai un grand espoir en ce Liban et je suis heureuse du soulèvement et de l’unité qui caractérise le peuple libanais.
 

Beyrouth: Son nom a brillé au cours des dix dernières années au Liban et dans le Monde Arabe, et elle s'est taillé une place de choix dans le domaine de la présentation de programmes en Égypte, à Abu Dhabi et au Liban. Elle a réussi à attirer le public de tous les pays arabes, et a présenté les programmes les plus réussis, notamment «Coke studio» sur la chaîne «MBC», «Riche si vous le pouvez» sur la chaîne égyptienne «Life» et «MTV» libanaise. Non seulement elle a présenté les programmes, mais elle a participé à de nombreux programmes locaux et occidentaux, avec une remarquable présence au programme «Duo célèbres», pour participer l'année dernière à un programme en français sur une chaîne française «Les princes et les princesses d'amour», et pour y être l’unique personnalité arabe. Mais aussi, à être victime de tellement d’intimidation, car elle était Arabe et Libanaise. Tout ce parcours dénote d’un succès certain.
Cynthia Khalifeh, cette Star de 27 ans, explique à «Majalla» les causes de son absence de la scène arabe mais aussi concernant sa présence sur la scène française, la préparation de son plus important programme, dans un futur proche, et ses plus importants projets, au niveau arabe ou international.
Une interview à la fois intéressante et variée :


 
* Après avoir joué dans la série «Moment», vous avez disparu. Quelles sont les raisons ?
- Franchement, après «Moment», j’ai ressenti le besoin de me reposer, car la série était longue et a demandé du temps et de l’effort. Ce premier rôle intervient après huit années de présentation de programmes et quelques expériences en tant qu’actrice. J’ai senti que je faisais du «sur place», surtout que j’ai pu concrétiser mon principal objectif, sans oublier que toutes les offres se ressemblaient. Pour ceci, j’ai décidé de tenter une nouvelle expérience et une aventure différente, et de développer une feuille de route autre que celle que j'avais auparavant. J'ai quitté le Liban pour Abou Dhabi pour une nouvelle émission à travers laquelle j'ai visité de nombreux pays et ce fut pour moi une expérience différente, distinctive et merveilleuse. Ensuite, je suis partie en France, où j’ai tenté d’autres expériences, toutes aussi belles.
 
* Après une absence de trois ans, sans présenter une émission ou participer à un feuilleton, êtes-vous en train de préparer quelque chose de nouveau ?
- Franchement, j’ai à ma disposition trois offres de feuilletons, et suite à cette absence et mon expérience certaine, je suis en quête de mon rêve, pour lequel j’œuvre actuellement. Je suis plus que satisfaite, j’ai tout réussi, aussi bien en tant que présentatrice ou en tant qu’actrice. Tant j’ai présenté un grand nombre de rôles à la télévision. Actuellement, je vise le cinéma, le rêve pour lequel j’ai bataillé, étudié et beaucoup appris. Je dispose de tant d’expérience pour passer à la concrétisation. Actuellement, je me prépare à travailler sur le sujet, au niveau mondial, me basant sur mes expériences et mes connaissances acquises récemment. Je me donne deux ans pour réussir et réaliser mon rêve. Si je ne réussis pas, je reviendrai à mes occupations antérieures. J’aurai tenté au moins, et je me contenterai de ma longue et profonde expérience.
 
* Votre ambition vise toujours Hollywood ?
- Bien sûr, c’est sur quoi, je travaille et me concentre actuellement. Après cinq ans, je me rendrai à New York pour préparer et tourner un film, avec la participation de nombreuses stars du monde Arabe. Un très beau film qui marquera un changement qualitatif dans ma carrière. J’œuvre dès maintenant pour la réussite de ce projet.
 
* Malgré votre très jeune âge, vous avez tant concrétisé. Que voulez-vous réussir encore ?
- Beaucoup de choses cohabitent dans le plan de ma carrière. A savoir prévoir et tracer un plan d’action propre, afin de le concrétiser. Je suis très fière de ce que j’ai pu faire. Avec beaucoup de réussites et tant d’échec. A savoir, que sans ces échecs je n’aurai pu arriver à ces réussites. Mon unique but actuellement, se focalise sur le cinéma à l’échelle mondiale surtout.  Chose pour laquelle je manœuvre. Je persiste à ce niveau, car je dispose d’un apprentissage, mais aussi d’une expérience confirmée. A savoir, que j’ai commencé très jeune dans tous ces domaines. Je maitrise mon vouloir, et je n’ai pas rejoint ces activités en quête de célébrité, plutôt pour me perfectionner et avancer. Je ne veux faire l’actrice pour en vivre, plutôt présenter un bel art, et offrir de la sorte une belle image de mon pays. J’espère y réussir.


 
* En tant qu’actrice libanaise et arabe, pensez-vous accéder à l’universalité grâce à votre don ?
- Certainement, toute personne veut accéder à l’universalité. L’acteur doit choisir l’œuvre adéquate à ce propos, et y travailler d’une manière professionnelle, afin de perfectionner l’œuvre, et la porter à terme. Me concernant, je dois savoir quel travail, je dois choisir, où le présenter, et dans quel festival ? En tant que femme arabe, je peux accéder à l’universalité. J’insiste bien à ce sujet, et j’y arriverai à force de travail et de persévérance. Nous ne devons pas nous sous-estimer. Nous disposons de charisme en tant qu'Arabes, et d’un passé glorieux. Les Noirs, jadis opprimés, ont pu accéder grâce au cinéma à l’universalité et la réussite. Les Arabes, actuellement marginalisés, vont accéder grâce à leur voix et leur culture à l’universalité…. En tant que Libanais, nous maitrisons trois langues. Chose qui sera d’un grand apport à ce niveau. Plus que jamais, nous pouvons aller très loin.
 
* Votre participation à des programmes télévisés fait-elle partie de votre plan pour prouver votre présence dans plusieurs domaines?
- Oui, bien sûr, j'ai eu la proposition pendant le tournage de la série «Moment» mais je n'y ai pas réfléchi. J'ai été surpris de constater la même proposition la deuxième saison, j'ai accepté, et l’expérience fut belle et riche. J’ai participé cette année à un programme différent en France. L’aventure fut très belle. Je sentais le besoin de quitter le Liban par tous les moyens. Ce programme a constitué le pont pour accéder au monde. Je n’avais nullement le choix. Des portes se sont ouvertes devant moi.
 
* Dans des déclarations précédentes, vous avez déclaré avoir été victime d'intimidation de la part des participants au programme parce que vous êtes Arabe.
- Certes, j’ai été fortement victime de brimades et j’ai été clairement témoin de racisme de la part des participants au programme, et j’ai été combattue. Certains participants ne disposaient pas d’un niveau respectable, malheureusement. Ceci fut ma malchance, car le programme disposait d’une bonne audience en France, et était plein d’aventures. J'ai été harcelée parce que je suis une Arabe qui a réussi, et j'ai été ouvertement choquée. Mais au cinéma, bien sûr, vous avez affaire à des personnes techniquement et professionnellement, évoluées, et à des personnes qui disposent d’une vision artistique, et non raciale.
 
* Pourquoi avez-vous participé à ce genre de programme en France?
- Franchement, parce qu’on ne nous offre rien au Liban. Je voulais quitter un pays qui ne présente rien. Même, ne peut planifier. Sans pouvoir rien savoir de l’avenir. L’économie est en ruine, et personne ne peuvent rien y faire. Les artistes ne peuvent rien y concrétiser. Tout Libanais à qui s’offre une opportunité ailleurs, ne va pas la rater. Aucun rêve n’est permis au Liban.
 
* Vous, Cynthia Khalifeh, figure bien connue, disposant d’une carrière et de succès, dites ceci. Qui dirait un jeune en chômage ?
- Je parle au nom de cette jeunesse, et ma mission consiste à porter leur voix, car je suis autant blessée qu’eux, et je ne peux rien concrétiser dans mon pays. Malheureusement, je ne peux pas dessiner mon avenir comme chacun peut le faire. En résumé, à chacun sa douleur.
 
* Que pensez-vous de la révolution que vit le Liban, surtout que vous y avez pris part ?
- Bien sûr, je devais y participer, surtout que cette révolution était inévitable et se serait produite tôt ou tard. Très fatiguée, j’ai regagné le Liban pour y participer. Nulle échappatoire à la révolution, c’est un cri de douleur, l’économie s’effondre, les gens ont faim, je suis fière de cette révolution et j’ai un grand espoir en ce Liban et je suis heureuse du soulèvement et de l’unité qui caractérise le peuple libanais.