Guinée-Bissau …Enfin un (nouveau) président !

Les Bissau-guinéens doivent retourner aux urnes dimanche prochain, au deuxième de tour des élections présidentielles, dans le but de départager, et choisir par conséquence un président. Le résultat de ce vote, est tant attendu, dans l'espoir de lever un blocage dans lequel s'est empêtré le pays, depuis des années, avec une classe politique réputée corrompue, et incapable de répondre aux besoins élémentaires d'une population parmi les plus pauvres au monde.
 
Situation catastrophique 
Les électeurs, au nombre de 700 milles auront à choisir entre deux candidats, deux anciens Premiers ministres : Le chef du principal parti de cette ancienne colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest, face à un dissident de cette formation. Les deux promettent de redresser l'économie.
La situation économique est jugée de catastrophique, avec une grande pauvreté, une corruption qui gangrène toute la classe politique, sans oublier le trafic de cocaïne. Cette condition constitue l’un des plus importants enjeux après des décennies de crise politique permanente.
La population de ce pays compte 1,8 millions d’habitants, dont 70% vivent avec moins de 2 dollars par jour. Ce minuscule pays, vit depuis son indépendance en 1974, au rythme de coups d'Etat. Sans oublier ces quatre dernières années, de querelles entre le président José Mario Vaz et la principale formation du pays, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). Tout en sachant que le président sortant n'a terminé qu'à la quatrième place lors du premier tour fin novembre.
La première place est revenue à son principal rival, le chef du PAIGC, Domingos Simoes Pereira, 56 ans, avec 40,1% des suffrages. L’autre concurrent est Umaro Sissoco Embalo, 47 ans, figure de proue du Madem, une dissidence du PAIGC, qui espère rattraper son retard de 12 points grâce au soutien que lui ont apporté les principaux candidats déçus du premier tour.
Dans un pays, qui a connu plusieurs coups d’Etat, certains ont toujours un œil dirigé vers les militaires. «L’Armée restera «républicain» et n'interviendra pas dans le processus électoral», telle a été la réponse du chef d'état-major de l'armée, le général Biague Na Ntam. Ceci, sans oublier la force de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), l'Ecomib, qui  est présente dans le pays, depuis le dernier putsch en 2012.
La question économique, avec ses conséquences sociales, intrigue les habitants de ce pays, surtout ceux qui comptent voter, comme le précise Moutar Diallo, pêcheur : «Je n'ai pas peur d'une irruption des soldats dans le vote. Ils sont calmes et je pense qu'ils vont le rester», appelant le futur président à «régler le problème des hôpitaux où des femmes enceintes meurent sans être assistées, faute de matériel», à «construire des routes» et à «diminuer le prix du riz». Quant à Abdoulaye Diallo, un vendeur de vêtements père de deux enfants, il espère que : «Le prochain président doit nous donner du travail. Rien ne marche à Bissau».

 




M. Pereira


 
Deux hommes… Deux styles…
Même si les deux candidats au second tour, ont grandi au sein du régime, chacun a fait son parcours à part : 
M. Pereira est un ingénieur en génie civil au large sourire, invariablement coiffé d'un Trilby couleur paille. Après avoir mené son parti à la victoire aux législatives de mars, il promet d'accélérer le développement du pays.
Umaro Sissoco Embalo, un général de brigade de réserve, ancien du PAIGC qui a fait campagne avec un keffieh rouge et blanc noué autour de la tête, se pose en rassembleur. Appelant tous les Bissau-guinéens qui en ont la capacité, y compris au sein de la diaspora, à «contribuer au développement de ce pays martyrisé, pour le mettre au travail».