RDC …Le président Tshisekedi chez le pape François

Le pape François a reçu vendredi le président de la République démocratique congolaise, Félix Tshisekedi avec lequel il a évoqué le conflit armé et l'épidémie d'Ebola dans l'est de ce pays, indique le Vatican dans un communiqué.
 
Le cadre juridique…
Les deux hommes «ont évoqué la situation actuelle du pays, avec une attention particulière aux souffrances de la population dans les provinces orientales en raison des conflits armés persistants et de la diffusion du virus de l'Ebola», précise le communiqué.
Le pape et le président congolais ont souligné «l'urgence de la coordination et de la coopération, au niveau national et international, visant à protéger la dignité humaine et à promouvoir la cohabitation civile, à partir des nombreux réfugiés et déplacés qui affrontent une grave crise humanitaire», selon la même source.
La RDC lutte contre une épidémie d'Ebola déclarée en août 2018 et qui touche actuellement ses provinces orientales.
Les activités de riposte contre la maladie sont régulièrement perturbées en raison de l'insécurité due à des violences armées dans cette zone où opèrent des groupes armés. 
L'audience accordée par le pape au président congolais a par ailleurs permis de signer un accord «fixant le cadre juridique» des rapports entre la RDC et le Vatican, précise le communiqué.
 
Peur de la balkanisation…
La peur d'une «balkanisation» de la République démocratique du Congo revient en force dans les discours, alimentée par des bruits insistants d'une intervention militaire du Rwanda à l'Est, et les souvenirs d'un réel morcellement du pays il y a 20 ans.
La RDC est déjà «balkanisée à 70%», et l'actuel président Félix Tshisekedi poursuit l'œuvre de son prédécesseur Joseph Kabila, a lancé l'opposant et ex-candidat à la présidentielle Martin Fayulu. Des accusations démenties par les autorités, les Nations unies et le Rwanda.
M. Fayulu a été empêché de marcher contre la «balkanisation» vendredi à Kinshasa, sur interdiction des autorités. La manifestation a été autorisée ailleurs sans incident comme à Kikwit (centre).
Un des proches de M. Fayulu, l'ex-Premier ministre Adolphe Muzito, a même suggéré de «faire la guerre au Rwanda» pour ramener la paix dans l'Est de la RDC.
Originaires de l'ouest, ces deux opposants soufflent sur les braises des conflits à l'Est, où plusieurs événements fin 2019 ont ravivé le souvenir d'une division en trois du pays au début des années 2000.
Au premier rang figurent l'écho d'une présence militaire du Rwanda au côté de l'armée congolaise dans la traque de rebelles hutu, ex-génocidaires autour de Goma.
«Selon plusieurs sources militaires, diplomatiques et de la société civile, des soldats des forces spéciales rwandaises» ont participé à une offensive fin novembre, écrit le «Kivu security tracker» (baromètre sécuritaire) du Groupe des experts du Congo (GEC) et ses partenaires.
«L'armée rwandaise, qui semble régulièrement présente dans ces territoires, aurait également tués trois civils, confondus avec des rebelles hutu rwandais», ajoutent ces experts rattachés à l'Université de New York, et qui travaillent depuis des années sur le Kivu.
L'opération contre les rebelles hutus du FDLR et ses groupes dissidents «est conduite par l'armée congolaise», a cependant assuré le ministre rwandais des Affaires régionales, Olivier Nduhungirehe.
«Mais si jamais ils demandent de l'assistance ou des renseignements, nous sommes heureux de les leur fournir», ajoute le ministre, tout en niant toute présence de soldats rwandais en RDC.
Par ailleurs, le massacre d'un total de 123 civils pour le seul mois de novembre dans le territoire de Beni a nourri la théorie d'un «remplacement» des populations congolaises dans cette zone du Nord Kivu près de l'Ouganda.
De nombreux survivants fuient ces massacres attribués au groupe armé d'origine ougandaise des forces démocratiques alliées (ADF).