Zimbabwe ...Une augmentation des salaires des fonctionnaires

Les fonctionnaires du Zimbabwe ont accepté mercredi, après de longs mois de négociations avec le gouvernement, une première hausse importante et immédiate de leurs salaires, qui éloigne la perspective d'une grève contre la vie chère.
L'inflation galopante qui sévit depuis plusieurs mois dans le pays a considérablement érodé le pouvoir d'achat des agents de la fonction publique, dans un pays englué dans une crise économique et financière catastrophique.
 
Sur le juste fil…
«L'accord provisoire» passé avec l'Etat prévoit un «ajustement du traitement fondé sur le coût de la vie à compter du 1er janvier 2020», a annoncé mercredi Cecilia Alexander, cheffe de la confédération syndicale des agents publics (Apex).
«Nous nous sommes mis d'accord (avec le gouvernement) pour continuer les négociations», a poursuivi Mme Alexander. Selon le quotidien gouvernemental The Herald, la hausse acceptée par son syndicat s'élève à 140%.
Ces derniers mois, les fonctionnaires ont rejeté plusieurs offres de hausses salariales du gouvernement. Ils exigent que leur traitement soit indexé sur la valeur du dollar américain, afin de compenser les effets de l'hyperinflation et de la chute de la devise locale, le dollar zimbabwéen.
La crise de l'économie zimbabwéenne, récurrente depuis deux décennies, s'est aggravée récemment avec le retour des pénuries de produit de base, les pannes d'électricité et la sécheresse. L'ONU estime que la moitié des 16 millions de Zimbabwéens est aujourd'hui menacée par la famine.
Depuis sa mise en place fin 2017, le régime du président Emmerson Mnangagwa, qui a succédé à Robert Mugabe, n'est pas parvenu à relancer l'économie. Il a violemment réprimé depuis plusieurs manifestations sociales.
 
Heureusement pour les médecins…
Il y a quelques mois, alors que le pays subit sa plus grave crise économique, le milliardaire zimbabwéen Strive Masiyiwa a mis fin à une grève qui paralyse depuis quatre mois le secteur hospitalier, déjà en difficulté.
L’homme d’affaires dans le secteur des télécommunications et des médias a décidé de rémunérer de sa poche les salaires des médecins dans le pays pendant six mois.
Ces professionnels de santé exigent des augmentations et l’indexation de leur salaire sur l’inflation, en hausse constante. Jusqu’ici, ils gagnaient moins de 100 dollars par mois, un montant insuffisant pour se nourrir et vivre décemment. Strive Masiyiwa versera à chacun une indemnité de 300 dollars et leur fournira un moyen de transport pour se rendre au travail.
La grève des médecins a été la plus longue de l’histoire du pays et a causé la mort de plusieurs personnes. Aucun chiffre officiel n’a été communiqué. Mais les observateurs ont qualifié la mobilisation de «génocide silencieux».
Les médecins préfèrent parler d’une «incapacité», assurant ne pas avoir les moyens de travailler.
Le système de santé au Zimbabwe est à genoux. Les produits de base connaissent des pénuries, le matériel est obsolète.
Les personnels de santé sont d’autant plus remontés contre le gouvernement que ses membres se font souvent soigner à l’étranger. Le vice-président Constantino Chiwenga, revient de Chine où il a suivi un traitement médical pendant quatre mois. À son retour, il a vivement critiqué la mobilisation.
Depuis le début du mouvement, 448 grévistes ont été licenciés, 150 doivent faire l’objet d’audiences disciplinaires.
D’un autre coté, dix millions d'euros, c'est ce que recevra le Zimbabwe pour améliorer le commerce avec l'Union européenne. Le Zimbabwe est un pays considéré par Bruxelles comme un bon élève de la coopération commerciale puisqu'il a signé dès 2009 les APE, les Accords de partenariats économiques avec l'Europe.
Cet accord intérimaire doit être suivi d'ici 2022 par un accord définitif qui inclura une libéralisation mutuelle des services ou encore de la finance.